max angel (avatar)

max angel

Vieux lucide, donc sans illusions, mais toujours pas encore sans espoir quoi qu'il écrive.

Abonné·e de Mediapart

740 Billets

3 Éditions

Billet de blog 26 août 2014

max angel (avatar)

max angel

Vieux lucide, donc sans illusions, mais toujours pas encore sans espoir quoi qu'il écrive.

Abonné·e de Mediapart

Petit et Grand Guignol !

Au spectacle des marionnettes, les spectateurs de tous âges sont subjugués par les poupées animées et les aventures qu'elles vivent devant leurs yeux ébahis.

max angel (avatar)

max angel

Vieux lucide, donc sans illusions, mais toujours pas encore sans espoir quoi qu'il écrive.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Au spectacle des marionnettes, les spectateurs de tous âges sont subjugués par les poupées animées et les aventures qu'elles vivent devant leurs yeux ébahis.

Les adultes, eux, savent et admirent les marionnettistes qui viennent saluer le public, à la fin de la pièce. Parfois, il y a des déceptions. Colombine et Pierrot sont le fait d'un papy et d'une mamie, quant à Pantalon, c'est leur jeune fils qui s'en occupe.

Dans la société du spectacle, il en est de même.

Un homme se présente à ses électeurs et prononce de beaux discours qu'il n'a pas toujours écrits lui-même, il promet des changements, une autre politique, un avenir différent que le présent dans lequel s'enfonce le pays, et les spectateurs, les consommateurs croient un peu à ses boniments et le nomment au pouvoir. Ou ce que l'on croit être le pouvoir.

Et là ! Patatras ! Entre ce qui avait été dit et ce qui est fait, c'est la grande désillusion.

Les marionnettistes de la finance, les agences de notation, les banques, les règles de l'ultra-libéralisme européen, les carcans imposés par les multinationales, dictent leurs lois implacables et ceux que l'on croyait des "décideurs", des "hommes et des femmes politiques", c'est à dire capables d'imposer la mise en place de leurs conceptions de la vie en commun, ne se révèlent que des fondés de pouvoirs des intérêts de ceux qui tiennent les ficelles qui les font bouger pour donner l'illusion qu'ils sont des êtres vivants. Or, ils ne sont que des pupetti, des Pinocchio, des Guignols.

Ajoutons à cela, cette fonction présidentielle, propre à la Ve République, taillée aux mensurations du Général de Gaulle qui avait un penchant certain pour la royauté et qui, avec Michel Debré, nous concocta cette république-monarchique, qui fait que tout émane du "peuple souverain", à commencer par l'élection de son président, qui, de ce fait, devient intouchable.

"Politiquement irresponsable", il nomme son Premier Ministre qui n'est que son secrétaire particulier depuis qu'il n'y a plus de cohabitation, depuis qu'avec M. Sarkhozy, on est passé à une américanisation totale de la fonction.

De même que les rois guérissaient les écrouelles, ou du moins en avaient la réputation, de même, le Président pourrait tout faire : réformer la France, réformer l'UE, être un petit gendarme de la planète, rendre les boursicoteurs et autres financiers moins rapaces, croire que le patronat pourrait agir dans l'intérêt de la majorité des français et non dans leur seul intérêt, rassembler les français dans un projet d'avenir, alors que les marionnettistes n'aiment rien de mieux que la division, la concurrence continuelle, et  la précarité pour tous sauf pour eux-mêmes.

Ce que nous vivons en ce moment, est un tournant de l'Histoire de la Ve République.

L'heure des choix a sonné. D'aucuns croient encore que la gauche puisse se reconstituer. Ils se placent en recours. La seule condition serait une alliance entre les "frondeurs", les écologistes, les restes du Front de Gauche, après la quasi rupture entre le PG et le PC.

Les hollandistes et autres solfériniens passent à genoux sous les fourches caudines de la finance et de l'UE dominée par le merkélisme. Soit !

Ah ! Si seulement, les petits spectateurs que nous sommes avaient le courage de lancer des tomates, non seulement aux marionnettes, devant le triste spectacle qu'elles nous donnent, mais surtout, s'en prenaient aux marionnettistes eux-mêmes...

Mais c'est un rêve. Les lendemains vont être douloureux, d'autant que les illusionnistes de la droite extrême n'ont plus qu'à cueillir le fruit.

Mais qui, parmi le peuple souverain, sait qu'ils sont eux aussi des marionnettes, piégées par des dogmes éculés, qu'ils sont joueurs de flûte, et n'agissent en réalité que pour le profit exclusif de la Maison Le Pen&Filles, dans un créneau du "système" qu'ils dénoncent mais dont ils sont bien l'un des piliers ?

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.