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Vieux lucide, donc sans illusions, mais toujours pas encore sans espoir quoi qu'il écrive.

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Billet de blog 28 juillet 2015

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Leçons à tirer du comportement de la troïka face à la Grèce, voici un bilan non exhaustif de la réalité à laquelle nous sommes confrontés et qu'il serait vain de nier.

- l'UE n'unit que ceux qui se soumettent aux diktats de la vision de l'ordolibéralisme allemand,

- comme l'ont imposé les USA depuis leur envahissement de l'Europe en 1944, ne peuvent exister que des gouvernements qui sont les garants du libéralisme mondialisé sous domination US. Tout peuple qui choisirait un gouvernement résolument de gauche, progressiste, social, désirant plus de justice et s'attaquerait aux oligarchies, est condamné à être humilié, ostracisé, méprisé, puni (voir l'éviction des résistants communistes des gouvernements d'après guerre, du contournement des veto lors de referenda sur l'Europe ou de l'arrivée de Syriza en Grèce) ;

- d'où la disparition de facto de la démocratie dans les pays de l'UE, au profit de parlements croupions constitués de gestionnaires ayant le droit d'intervenir dans des domaines restreints ( enseignement, mœurs, justice, sécurité, à condition qu'elle soit renforcée) ;

- la disparité de revenus entre les peuples de l'UE est vivement encouragée, elle permet d'augmenter les profits et de faire pression sur les salaires les plus élevés ;

- l'american way of life sera imposé via le traité TAFTA en cours de négociation afin de permettre aux produits US, comme aux produits européens de circuler librement selon la loi du plus fort ;

- toute entreprise internationale qui se sentirait exclue pour quelque raison que ce soit aura le droit d'attaquer en justice "privée", l'administration nationale, régionale, communale qui aurait osé lui résister ;

- les fondés de pouvoir du capital, que sont désormais les hommes et les femmes politiques, sont priés de vendre cette vue de l'esprit à ce qui leur reste d'électeurs, dans le cadre merveilleux du libéralisme internationalisé qui doit s'imposer partout et entrer en guerre contre les restes du secteur public ;

- la privatisation des bénéfices est de rigueur, tout comme la socialisation des pertes, ce qui permet aux banksters de pouvoir s'épanouir en toute quiétude et de renouveler les crises qui les enrichissent plus qu'elles ne les appauvrissent ;

- l'acceptation de cette dictature "douce" se fait par la croyance en une croissance infinie dans un monde fini, ce qui rend dès à présent la conférence de décembre sur l'avenir de la planète comme étant de la poudre de perlinpinpin, et surtout par le mythe de la réussite individuelle. Tout "loser" n'a que ce qu'il mérite, chacun peut devenir milliardaire s'il s'en donne les moyens (principe de Berlusconi);

- la notion de lutte des classes est une vieille lune à remiser sous trois mètres de terre polluée aux insecticides, chacun doit comprendre qu'il est son propre entrepreneur donc son propre exploiteur,  et que les intérêts des producteurs et des actionnaires sont étroitement liés même si les fruits du travail sont très inégalement répartis, ce qui a pour conséquence logique de considérer les codes du travail comme parfaitement obsolètes, voire néfastes pour le bonheur de cette société qui n'adore qu'un dieu : l'argent ;

- le désespoir, la colère, l'amertume qui pourraient s'emparer des masses seront absorbées par un décervelage médiatique, les Jeux de Hasard, le sport et l'endettement des familles invitées à consommer au-dessus de leurs moyens ;

- diviser pour régner demeure encore un excellent moyen d'écarter les velléités de révolte contre l'ordre établi en mettant tout le monde en concurrence, en entretenant le racisme ordinaire, en favorisant les extrémismes religieux et politiques afin d'entretenir une peur permanente ponctuée d'attentats ce qui conduit à une guerre perpétuelle contre le terrorisme. Cela permet de contrôler tous les citoyens avec leur accord et de valoriser les gouvernements en place, suzerains défenseurs contre des hordes barbares venues autant de l'extérieur que des périphéries des villes ;

- quand on a réussi à convaincre la majorité des pleupleus qu'ils vivent dans le Meilleur des Mondes possibles, alors les pauvres votent pour les riches et tout le monde est content, sauf les aigris, les jaloux, les petits, les mesquins, les ploucs...

- les aides sociales, les indemnités de chômage, les RSA et autres RMI doivent être perçus par "ceux qui travaillent" comme une gabegie offerte à des "salopards de pauvres" qui vivent au-dessus des moyens qu'ils n'ont pas. Rien de tel, pour augmenter les profits de l'élite richissime que de tout mettre en oeuvre pour que ceux qui font leur fortune se battent comme des chiens affamés se disputant les restes des agapes ;

- tout projet économique et politique qui remettrait en question l'ordre établi sera ridiculisé, ostracisé, et vivement déconseillé par les "experts" en cour. Il n'y a pas d'autre politique possible, surtout quand elle s'est révélée particulièrement néfaste ! L'austérité pour le plus grand nombre, l'opulence et la munificence pour la crème de la société ;

- les partis d'extrême droite, réactionnaires, antiparlementaires, anticommunistes, antitout seront toujours mieux tolérés, voire encouragés que des partis qui menaceraient le système libéral en place ;

- le blanchiment de l'argent sale (qui n'a pas d'odeur) sera poursuivi dans les paradis fiscaux et autres ports francs, le marché de l'art peut s'avérer une excellente lessiveuse comme les projets d'infrastructure surdimensionnés et inutiles ;

- la justice est priée d'être pudique quant à son indépendance. Qu'elle soit dure et implacable avec les petits, compréhensive et amnistiante avec les grands et les gros, relève de son devoir de justice "bourgeoise".

Donc pas la peine de se cacher derrière notre petit doigt, regardons les choses en face, c'est comme cela que ça fonctionne. Qui vous dit le contraire vous ment. Et qui le tait se fait le complice de cette réalité.

Sources : différents articles, billets et commentaires parus sur Médiapart, articles de Frédéric Lordon et de quelques autres économistes, dernier numéro du Monde Diplomatique actuellement en kiosque, plus une vie de militant politique et syndical.

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