Ma chronique de juillet

Retour de huit jours à travers l'est de la France, en camping-car. Seul. Choses vues et méditées. Totale désintoxication de la télé. Quelques échos de l'actualité.

Ma chronique de Juillet

 

Il y a eu averse de maroquins
le gouvernement Castex est le plus volumineux de la Ve
les contribuables paieront

Les émoluments et autres indemnités des nouveaux élus
territoriaux sont à la hausse
les contribuables paieront

En France, comme ailleurs, des flagrances de banane
l’emportent sur celles du purin que l’on étale sur les chaumes
les cons contribueront

L’argent pourrit tout
moisissure enviée
par ceux qui n’en ont pas pour vivre
mais surtout par ceux qui ne savent même pas
combien ils en ont.

Le fric, le fric, le fric
seule trilogie mondialement comprise
qui relègue Liberté Égalité Fraternité
aux foires à tout et autres
vide-greniers
vide-cerveaux
vide-isoloirs

Les milliardaires possèdent les médias
qui possèdent la magie des mots
le pouvoir sur l’opinion
pratiquent le « faike-niouze »
ne s’excusent jamais pour leurs mensonges
rectifications minuscules après « unes » explosives

Le fric, le fric, le fric
Tout mouvement, parti, association qui remettrait en question
le système ultra-libéral
sera condamné à la risée générale
déclarés populisme
soit la peste rouge et noire
plus dangereuse que la Co vide Ehpad

Gauche et droite unies contre le peuple souverain
et les chefs de parti complices du pourrissement
de la démocratie
Vivre entre soi
Se partager les prébendes
Rouler les pleu-pleus et les plan-plans dans la farine
la raison du plus fort
du plus riche
du plus amoral
du plus ambitieux

Moi, moi, moi
Vae victis
Croire en Mammon
Crois, croâ, croâ
le sabre et le goupillon
toujours en action
Surveiller et punir
Tout citoyen est un suspect qui s’ignore
Tout état policé deviendra policier
Poli scié
Peau lisse si est
appliquée une couche de crème
à vénérer le flouze, le père, la thune, le blé, l’oseille
et le saint foin qui engraisse les capitaliste à l’embouche

Ne faudrait-il pas commencer
par se bronzer sur des serviettes
rouge et noires
histoire de ne pas oublier
que la rentrée
sera sévère avec fracas de haches sur les emplois

Mais on va émasculer les masses
Avec un report du Tour de France
le retour du foute
après celui du foutre entre deux baignades

Ils ont osé nous parler d’un avant
tout en mettant tout en œuvre
pour que l’après soit identique
à ce qui nous a mené
à cette stase coronavirienne

La mort rôde comme d’habitude
utilisons-la pour que la peur
l’emporte sur le désir de changement réel et profond

Que savent vraiment les irresponsables
politiques de la réalité
Parcourent-ils doucement le pays sur lequel
ils croient régner
Empruntent-ils les voies secondaires
Traversent-ils villes et villages
aux rues désertes, aux magasins fermés,
aux ateliers en ruines, aux canaux abandonnés,
aux librairies enfuies,
aux maisons aveugles
quand elles ne s’écroulent pas
désespérées d’être abandonnées
aux champs parfois laissés aux ronces

Bien sûr, il existe encore des tracteurs rutilants
comme des remboursements au Crédit Agricole
des océans de champs dépourvus d’insectes
et de sauvagine
des camps de concentration d’élevage qui
ponctuent les paysages tantôt vallonnés
tantôt plats comme des mers étales
et des monstres à roues géantes bouchent
les routes étroites charriant leur purin
leurs tonnes de céréales à engraisser
bêtes et gens

Nulle voiture officielle d’élu

Cette gente vit hors sol
Loin des contingences
La France pour eux se résume
à des statistiques, des zones urbaines
des concentrations humaines
des lieux de pouvoir
des palais, des centres-laboratoires-bureaux,
des préfectures prestigieuses
leur permettant de faire de la prestidigitation
pour émerveiller les JT et subjuguer
ceux qui les regardent
malades cloués au lit, vieillards, prolos`
craignant le silence
obnubilés de l’info
inconscients de la désinformation qu’ils subissent

Et passent les jours, et passent les semaines
et que le temps des élections revienne

Combien de temps encore
avant que ne s’effondre le décor

Car un jour viendra où les gens se réveilleront
Un jour de grande illumination
Un jour de joyeuse révélation
un jour de glorieuse compréhension
un jour de bel espoir

où l’argent aura perdu de son pouvoir
où la vie le bonheur la joie l’amitié
la fraternité
s’érigeront en gloire…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.