Roms, roms, roms !

 

 

Au moins, tant que l'on parle de ce problème, l'on ne parle pas de la trahison des socio-démocrates envers leur électorat populaire. C'est toujours ça de gagner.

Et puis, il faut bien que le populo ait un ennemi commun, une pétoche unanime, pour pouvoir être protégé par ceux qui les exploitent, les grugent, les aliènent et les entraînent vers la misère. Alors : "Roms, roms, roms !" Vite ! Couper l'herbe sous le pied à la Madone des Pétochards, la ci-devant Marine, présidente de la société Le Pen & Filles. Il n'y a que les ramollis du cerveau pour croire que le FN est un parti politique.

Et pourtant... tout est fait pour que le Parti Solférinien soit seul face à l'épouvantail à démocrates.

Bon ! Je n'ai pas de camp de roms en bordure de mon lotissement, alors je peux faire le généreux, le droit-de-l'hommiste offusqué. Facile.

Le problème, c'est que ces roms qui appartiennent à tout un tas de tribus, d'ethnies, venues du fond des âges, "ceux sont nos parents anciens, les indo-européens..." comme le chantait Léo Ferré, nous tombent sur le râble avec des siècles de préjugés et une manière de vivre, parfois, différente de la nôtre.

D'abord, on les confond souvent avec les tziganes, qui ne sont qu'une partie d'entre eux. On les prend pour des gens du voyage, alors qu'ils voudraient bien se sédentariser.

D'ailleurs, ce que l'on démantèle à CRS que veux-tu, ce sont des camps. Pas des campings de passage, non ! Des camps. Comme les camps de réfugiés, comme les bidonvilles de l'après-guerre où s'entassèrent les mains d'œuvre étrangères que l'on faisait venir d'Italie, d'Espagne, du Portugal ou du Maghreb pour reconstruire une France bombardée, une France de taudis.

Les gens du voyage, eux, perpétuent la tradition nomade. Ils règlent leurs déplacements en fonction des saisons, des chantiers, des cueillettes.

Or, ils se heurtent à cette évolution de la société moderne qui a eu pour conséquence qu'il n'y a plus vraiment de terres communales, ou communes.

Jadis, des espaces communs permettaient à des gens sans terre, (excusez le jeu de mots), de pratiquer un petit élevage, de vivoter, de cueillir, et parfois, aussi, de chaparder. Aujourd'hui, chaque parcelle de terrain est cadastrée avec un propriétaire jaloux de sa propriété. Fini le "droit à l'errance", fini le droit de s'installer pour quelques jours sur un délaissé de la DDE, fini le camping libre que les sédentaires appellent "sauvages". Nom de Dieu, j'en sais quelque chose, puisque je pratique le camping depuis cinquante ans.

Partout où, jadis, au début, je pouvais passer une nuit, voire une semaine, c'est fini. Forbiden, vergissen, vietato, INTERDIT.

Certes, on a multiplié les aires de stationnement pour les camping-caristes. Certains sont sympa, d'autres franchement limites de la provoc (bruits de la circulation, loin du centre, pas toujours bien entretenus et vite saturés). Mais pour les gens qui vivent en caravane ? Que dalle ! Terrains de camping ouverts de Pâques au 30 septembre, certains dans des grandes agglomérations ouverts toute l'année à condition de payer. Et parfois cher !

Quant aux gens du voyage, ils sont parfois interdits de camping !!! Les communes leur ont réservé des aires, plus ou moins bien entretenues, parfois systématiquement démolies par les résidents eux-mêmes.

Eh, oui ! Il y en a qui se comportent en vrais sagoins, chère Mme Duflot, comme dans tous les milieux sociaux.

Il n'y a qu'à voir l'état des fonds marins où les yachts de la bourgeoisie aisée viennent s'ancrer pour constater que la destruction de l'environnement n'est pas qu'une exclusivité des pauvres.

Demeure le problème de cohabitation entre gens de mœurs et de coutumes différentes. Chacun doit y mettre du sien. Et lorsqu'un camp se met en place sans autorisation, tout un processus de régulation doit voir le jour. Cela existe déjà, la législation est claire, même la Commission Européenne aurait des subventions à distribuer.

 Alors ? Où est le problème, sinon dans les têtes ?

J'exagère encore... A peine ! Tenez !

Rouen, tous les ans, accueille l'une des plus grandes fêtes foraines de France, la Saint Romain. Les industriels forains s'installent un peu partout, y compris, pas très loin de chez moi. Tous les ans, il y a, à cette saison, une recrudescence des cambriolages. Bizarre, hein ? Des gens qui sont à la tête de manèges qui valent des millions, qui palpent des centaines, des milliers d'euro et qui joueraient les monte-en-l'air ? Absurde ! Et pourtant, que ce soit la police ou la population, ce sont eux, nécessairement ! Alors, des roms ! Non, mais ce serait l'apocalypse !

Ceux qui ont fermé Petroplus étaient sûrement un peu roms, sur les bords. Quant à Arcelor-Mittal... Non mais ce M. Mittal, hein ? Le rom typique. Même M. Hollande... menteur, truqueur, magicien comme un rom. Et "Valls avec Sarko" ? Entre nous... Bon ! Même s'il est tout catalan par son père, il ne serait pas un chouïa rom par quelque autre ancêtre, comme nous le sommes tous, puisque nous sommes de tradition indo-européenne.

Je ne parle même pas des Woerth et autre Nico la Frime détrousseurs de Mamy Zinzin, que l'on retrouve à faire la manche dans un Sarkothon tontaine et tonton où les riches donnent pour recouvrer leur mac en chef. Car ces gens-là se prostituent à très grande échelle. Bon, pas de la pute d'orée du bois, mais de la call-girl de l'allée du Bois, du Jockey Club ou de Rolland-Garros, bagousée comme un sapin de Noël, fringuée avenue Montaigne, et bien en pogne par leurs maris et leurs amants.

C'est vrai que les "roms" posent un sacré problème, mais ce ne sont pas toujours ceux que l'on croise dans la rue. Il y a bien pire qu'eux ! Mais chut ! N'ont-ils pas réussi à mettre la main sur la presse en général ? Très forts les cailleras du CAC 40 and Cie. Très forts.

Allez, consolons-nous ! Autant écouter de la bonne musique française, bien de chez nous. Un petit coup de Django Reinhardt par exemple ? Accompagné de Stéphane Grappelli. Une merveille.

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