Comme chaque année, par politesse, nous allons souhaiter nos "Meilleurs vœux" un peu à tout le monde, à nos proches, d'abord, puis à nos voisins, voire nos commerçants ou de parfaits inconnus.
Ceux qui ont enterré un de leurs proches, ou qui supportent et luttent contre une belle maladie seraient tentés de vous reprocher la sincérité des vœux exprimés l'an dernier. " Dis donc, tes voeux de l'an passé, c'étaient pas les meilleurs, mon salaud !"
Mais on a eu 365 jours pour les oublier, et avec cet entêtement des hommes à vouloir continuer à vivre, nous espérons ! Car il s'agit de cela. Nous exprimons sans trop y croire un futur meilleur. C'est la négation du "No futur" des punks. C'est le reniement de toutes nos râleries, de nos "prises de tête", de nos coups de gueule, de notre propre lucidité.
Et ça ne date pas d'hier !
A Babylone, il y a 4000 ans, la nouvelle année commençait alors avec la première nouvelle lune qui suivait le solstice de printemps. Et l'on faisait la fête pendant une semaine pour le renouveau des jours. Ce qui, au passage était nettement plus rationnel que ce calendrier Grégorien qui a placé le Ier janvier en plein hiver.
Si les babyloniens se souhaitaient de rendre l'équipement agricole emprunté, dans la Rome antique on échangeait cadeaux et gages d'amitiés. Ce qu'aujourd'hui, les entreprises et les instances territoriales perpétuent, lors de cérémonies convenues, où le responsable, président, directeur, maire, y vont de leur bilan en cours, règlent quelques comptes avec le gouvernement en place, selon sa couleur politique et prodiguent des sucreries sémantiques, des caresses dans le sens du poil aux différents corps de métiers, aux différents responsables administratifs, commaborateurs et expriment leurs vœux pour une année nouvelle TOUJOURS PLUS...
Au XVIIIe siècle et au XIXe, l'on se rend visite. Avec parfois échange d'étrennes. Ou simple dépôt de sa propre carte de visite avec un petit mot d'accompagnement. Les anglais, avec l'apparition du timbre poste, vont inaugurer la carte de vœux, qui va envahir la planète, remplacée aujourd'hui, par la carte de vœux électronique, SMS, mail illustré...
Quant aux vœux télévisés du chef de l'Etat, les premiers furent inaugurés par de Gaulle. Ses successeurs le copièrent en personnalisant la mise en scène. On eut même droit avec VGE au feu de bois craquant, le Président partageait sa chaumine avec celle de ses concitoyens.
Nul doute que notre très vénéré Président viendra nous couler des propos de miel et des promesses de lendemains chantants à plus ou moins brève échéance. Mais comme la majorité des citoyens doute de la sincérité de ses propos au regard de ses discours de campagne et de la politique mise en place, écouter ses vœux relèvera du masochisme plus que l'espérance.
En attendant, que cette nouvelle année vous soit douce et légère et que vous vous gardiez, si possible, en bonne santé ! Meilleurs vœux à tous mes amis et à la Nation, quant à mes ennemis, qu'ils ...
Tiens ! C'est vrai ça ! Un zeste de superstition demeure en chacun de nous. On n'ose guère présenter des vœux maléfiques comme si, par magie, l'on pouvait subir des maraboutages nocifs, des envoûtements fatals, des assèchements de virilité ou des douleurs plus intenses que d'habitude.
C'est terrible au regard des technologies que nous possédons d'avoir encore une mentalité de babylonien d'il y a 4000 ans !