Climat : explosion des émissions de CO2, négociations en berne, sommes-nous en route pour le chaos ?

Dans l'indifférence quasi-générale, les émissions de CO2 et les niveaux de température globale battent record après record. Les politiques climat actuelles, notamment les marchés carbone sont de véritables mascarades. A la veille de Rio+20, ce sont pourtant elles qui ont le vent en poupe. 

Dans l'indifférence quasi-générale, les émissions de CO2 et les niveaux de température globale battent record après record. Les politiques climat actuelles, notamment les marchés carbone sont de véritables mascarades. A la veille de Rio+20, ce sont pourtant elles qui ont le vent en poupe. 


Une barrière symbolique vient d'être franchie. Les stations de relevé de l'Arctique, aussi bien en Alaska, au Groenland, qu'en Norvège et en Islande, ont mesuré des concentrations de CO2 dans l'atmosphère supérieures à 400 parties par million (ppm) durant ce printemps. Il en sera bientôt de même pour l'ensemble de la planète. C'est le taux le plus élevé de ces 800 000 dernières années. Ce seuil est symbolique car il nous éloigne toujours un peu plus de l'objectif de 350 ppm qu'il faudrait atteindre pour stabiliser le climat, selon les scientifiques. Pour l'instant, on bat des records de température : les années 2005 et 2010 sont les années les plus chaudes jamais enregistrées, tout comme la première décennie de ce 21ème siècle. Conséquence, les phénomènes météorologiques extrêmes s'intensifient : sécheresses en Australie et en Afrique, inondations au Pakistan et en Thaïlande, les feux de forêt en Russie, changement des saisons des pluies dans les Andes ou en Asie du Sud-Est.

Rien de bien surprenant que d'atteindre ce seuil symbolique de 400 ppm. Chaque année, de nouveaux records d'émission de gaz à effets de serre sont battus : +3,2 % en 2011 selon les dernières données de l'Agence Internationale de l'Energie. En 2010, c'était + 6%. Si une bonne part de l'augmentation est due à la croissance des émisions des pays émergents, en faire les seuls responsables du dépassement du seuil de 400 ppm serait des plus réducteur. D'abord, parce qu'atteindre 400 ppm résulte d'un siècle d'accumulation de C02 dans l'atmosphère, dont plus des trois quarts sont dus aux pays du Nord. Ensuite parce que ces mêmes pays du Nord ne sont en rien exemplaires. L'Union européenne, souvent affublée d’un très usurpé titre de « leader climatique », vient de voir ses émissions de 2010 augmenter de 2,4%. En raison de la reprise de la croissance, notamment. Ce qui fait dire à Attac France, qu'entre croissance et climat, une certaine schyzophrénie s'est installée. 

Pendant ce temps les négociations internationales sur le climat sont à côté de la plaque, les politiques climat inefficaces et les instruments tels que les marchés carbone sont une véritable mascarade, comme le rappelle cet article. À quelques semaines de la conférence Rio+20, où l’Union Européenne compte promouvoir une « économie verte » – qui prévoit d’étendre ces mécanismes de marché et les politiques qui ont échoué depuis 20 ans –, mieux vaudrait sans doute tout revoir de fond en comble pour éviter le chaos climatique.

Maxime Combes, membre d'Attac France et de l'Aitec,engagé dans le projet Echo des Alternatives(http://www.alter-echos.org/).

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La route de Copenhague est une impasse © Alter-Echos La route de Copenhague est une impasse © Alter-Echos

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