Climat : Bolloré rejoint le club des sponsors « pollueurs » de la COP21 !

En plus des champions de la pollution Engie, EDF, Renault-Nissan, Air France, BNP-Paribas, Michelin, Suez Environnement, etc, le gouvernement vient d'accueillir le groupe Bolloré - dont les filiales sont accusées de pratiquer l'accaparement de terres en Afrique et son fondateur de censurer les medias - parmi le très select club des "sponsors" pollueurs de la COP21. "L'équipe de France du climat" chère à Ségolène Royal a fière allure !

En plus des champions de la pollution Engie, EDF, Renault-Nissan, Air France, BNP-Paribas, Michelin, Suez Environnement, etc, le gouvernement vient d'accueillir le groupe Bolloré - dont les filiales sont accusées de pratiquer l'accaparement de terres en Afrique et son fondateur de censurer les medias - parmi le très select club des "sponsors" pollueurs de la COP21. "L'équipe de France du climat" chère à Ségolène Royal a fière allure !

Pour financer la conférence de l'ONU sur le changement climatique qui se tient à Paris-Le Bourget à la fin de l'année, conférence que François Hollande souhaite "historique", le gouvernement aurait pu garantir un apport 100% public afin de ne pas polluer les préparatifs avec des polémiques sur la nature et le bienfondé des financeurs privés, c'est-à-dire s'assurer une conférence "propre" et sans polémique. Cela était le moins que l'on puisse attendre pour une conférence qui doit accoucher, selon le président de la République, d'un "accord historique" pour "sauver le climat". Las.

Le gouvernement français a décidé de confier 20 % du financement à des entreprises privées (voir notre article). Aux champions de la pollution que sont les énergéticiens Engie (ex- GDF Suez) et EDF, le constructeur automobile Renault-Nissan et l'avionneur Air France, la banque d'un monde qui pollue davantage BNP-Paribas, le faux-nez du lobby français favorable aux gaz des schiste Suez Environnement, le fabriquant de pneus Michelin, le VRP du luxe ostentatoire LVMH, etc. se sont ajoutés le champion des matériaux non écologiques Saint-Gobain, l'hôtelier anti-social Accord ou encore le leader français 
de l’industrie pharmaceutique qui licencie pour rémunérer grassement ses actionnaires Sanofi.

Voilà à quoi ressemble d'ores-et-déjà la COP21 :

Dernier en date ? Le groupe Bolloré, dont le fondateur est accusé d'avoir récemment censuré un documentaire gênant programmé sur Canal+ et de poursuivre les médias critiques. Les filiales en Afrique du groupe Bolloré sont également accusées de pratiquer l'accaparement de terres (voir ici par exemple) au détriment des populations locales. Selon les rapports des institutions et organisations internationales, l'accaparement des terres engendre le départ des populations locales qui n'ont plus les moyens de survivre sur place. Le développement de monocultures à visée exportatrice est par ailleurs extrêmement problématiques du point de vue de l'environnement, y compris du point de vue de la lutte contre les dérèglements climatiques.

En choisissant d'accueillir le groupe Bolloré au sein du club très prisé des sponsors - pollueurs de la COP21, le gouvernement montre le peu d'importance qu'il accorde à la liberté d'information et aux droits des populations impactées par les activités des grands groupes. Un gouvernement qui n'a toujours pas publié - sauf erreur - les conventions de sponsoring, alors que le secrétariat général de préparation de la COP21 s'y était engagée.

A se demander donc quelles sont les véritables intentions du gouvernement français avec la COP21 : lutter efficacement contre les dérèglements climatiques ou bien promouvoir les fleurons de l'économie française à n'importe quel prix, alors que leurs revenus et leur puissance sont issus d'activités contradictoires avec la lutte contre les dérèglements climatiques, la protection de l'environnement et les droits des populations locales ? Si le gouvernement et les multinationales climatisent rapidement leurs discours, les pratiques et les politiques menées restent fondamentalement inchangées, et à l'origine des crimes climatiques actuels.

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France

@MaximCombes sur Twitter

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.