Après Irma, un plan d'urgence pour la reconstruction et le climat?

Emmanuel Macron va-t-il profiter de sa visite à Saint-Martin pour annoncer un plan d'urgence pour la reconstruction et pour le climat ou bien va-t-il arriver les mains vides ? Face aux dévastations occasionnées par Irma, il faut bien-entendu nettoyer, réparer, reconstruire etc. Mais n'est-il pas temps de financer un plan ambitieux de lutte contre les dérèglements climatiques ? Première proposition

Le coût des dommages provoqués par l'ouragan Irma sur les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy est évalué à 1,2 milliard d'euros. Face aux conséquences de l'un des plus importants ouragans jamais survenus en France, nettoyer, soigner les plaies, venir en aide aux populations, assurer que les besoins de première nécessité soient pourvus, commencer à réparer et reconstruire, notamment les services publics, est sans doute la plus urgente des nécessités. Il serait mal venu qu'Emmanuel Macron se déplace à Saint-Martin sans proposition nouvelle. Publié samedi au Journal officiel, l'arrêté de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour les deux îles va permettre aux sinistrés assurés d'être indemnisés. C'est la Caisse centrale de réassurance (CCR), réassureur public spécialisé dans les catastrophes naturelles, qui va supporter l'essentiel de ce coût, une fois que les assureurs privés se retourneront vers elles pour faire face aux indemnisations des sinistrés. Compte tenu de l'augmentation de l'intensité et des dommages à attendre des catastrophes naturelles dans les années à venir, en raison de l'aggravation du réchauffement climatique, il est essentiel de trouver et pérenniser les ressources nécessaires pour y faire face.

Mais il faut aller plus loin et s'attaquer également aux causes structurelles à l'origine du réchauffement climatique. Les mesures à prendre sont connues. Elles impliquent toutes des financements nouveaux, qui soient à la hauteur de ce qu'implique vouloir "mettre fin aux énergies fossiles" dans notre vaste et complexe machine à réchauffer la planète qu'est notre économie. Pour les mettre en oeuvre, il manque souvent des financements, en plus de la volonté politique. Pourtant, là aussi les propositions ne manquent pas (voir ce rapport). Nous en faisons une autre dans le tableau rapide suivant, comme toute première approche qui permettrait de débloquer de premiers financements supplémentaires pour un tout début de plan d'urgence pour le climat. La proposition est simple : abandonner la réforme de l'ISF qui va profiter essentiellement à environ 3000 ménages très aisés (et dont l'impact sur le climat est statistiquement le plus élevée) sans générer d'amélioration de situation pour le plus grand nombre, pour utiliser ces trois milliards pour la reconstruction des îles touchées par Irma et pour financer un début de plan d'urgence pour le climat.

Bien-entendu, ce ne serait qu'une première annonce, puisqu'un plan d'urgence pour le climat nécessite d'être plus consistant, tant du point de vue de son financement que de l'ampleur des mesures à prendre (à commencer par stopper la mise en application provisoire du CETA)

 

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