Entre CETA et climat, Emmanuel Macron choisit le CETA

Le gouvernement vient de confirmer qu'il ne ferait rien pour bloquer la mise en application provisoire du CETA (UE-Canada) prévue au 21 septembre. Au moment où Nicolas Hulot et le gouvernement s'enorgueillissent de vouloir mettre fin à la production d'énergies fossiles sur le territoire français, comment peuvent-ils justifier un accord qui encourage leur production et leur importation du Canada ?

#MakeThePlanetGreatAgain ou MakeThePlanetGREEDagain ?

Quelques jours après la publication d'un rapport d'experts montrant notamment que le CETA n'est pas compatible avec un engagement résolu contre le changement climatique, le gouvernement vient d'entériner l’entrée en vigueur provisoire du CETA au 21 septembre, comme si de rien n'était. Emmanuel Macron avait pourtant pris l'engagement de tirer « toutes les conclusions » de ce rapport, y compris de « faire modifier le texte » du CETA. Engagement qui devrait donc rester sans suite.

Ces conclusions confirment largement nos alertes répétées depuis maintenant plus de cinq ans (1) : le « climat est le grand absent ». De l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre à l'encouragement du commerce transatlantique des hydrocarbures, en passant par la préférence pour les énergies fossiles au détriment du déploiement des énergies renouvelables, le CETA est un accord du siècle passé qui approfondit la dépendance de notre système énergétique aux hydrocarbures (2).

Au moment où Nicolas Hulot et le gouvernement s'enorgueillissent de vouloir mettre fin à la production d'énergies fossiles sur le territoire français, comment peuvent-ils justifier un accord qui encourage leur production et leur importation du Canada ? (3)

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Emmanuel Macron, Nicolas Hulot et le gouvernement sont confrontés à leur premier crash-test climatique : pour que l'opération #MakeThePlanetGreatAgain n'apparaisse pas comme une seule opération de communication opportuniste, il leur reste moins d'une semaine pour suspendre la mise en application provisoire prévue au 21 septembre.

Possible, cette décision serait une première historique consistant à faire enfin prévaloir l'intérêt général et le climat sur le Business as usual : au nom de la lutte contre les dérèglements climatiques, il est grand temps de rénover des règles du commerce mondial qui datent du siècle dernier (4). L'opinion publique y est prête. La grave situation climatique de la planète l'exige.

De quel côté de l'histoire allez-vous vous placer Emmanuel Macron et Nicolas Hulot ?

cetamakeourplanetgreatagain

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac, auteur de Sortons de l'âge des fossiles ! Manifeste pour la transition (Seuil, Anthopocène, 2015)

Notes :

  1. Notre premier communiqué date du 5 mars 2012 : UE-Canada : lobbying et libre-échange polluent la planète !

  2. Voir notre fiche technique de décryptage, 18 octobre 2016 : Le CETA est-il climato-compatible ?

  3. Une analyse détaillée et complète des impacts du CETA sur le climat sera publiée dans un rapport de plusieurs ONG ce mardi 20 septembre.

  4. Au nom du climat, rénover les règles du commerce mondial, http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/02/22/au-nom-du-climat-renover-les-regles-du-commerce-mondial_4869807_3232.html

     

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