Carton rouge au projet d'autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne

Ce samedi, à Saint-Etienne, des milliers de personnes ont brandi un carton rouge au projet d'autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne. Non-sens économique et climatique, ce projet détruirait des terres agricoles indispensables sans résoudre les problèmes de mobilité dans la région.

A l'appel des associations de sauvegarde des coteaux du Lyonnais, du Jarez et du pays Rhône Gier, ainsi que de la Confédération paysanne, de la Coalition Climat Loire Sud (Attac, etc.), ou encore d'Alternatiba et d'association d'élus, plusieurs milliers de personnes ont exprimé ce samedi 18 juin leur opposition au projet d'autoroute A45.

 © Sophie Chapelle pour Bastamag © Sophie Chapelle pour Bastamag

 

Nous reproduisons ci-dessous le document explicitant les nombreuses bonnes raisons de s'opposer à un tel projet, que nous pouvons résumer ainsi :

  • un non-sens économique : 1,2 milliards d'euros (dont 845 millions d'argent public) (estimations de 2006) pour une autoroute à péage sous concession donnée à Vinci (avec clause de retrait en cas de déficit d'exploitation) pour relier Brignais à La Fouillousse (faubourgs des métropoles lyonnaise et stéphanoise) alors qu'il existe déjà une autoroute gratuite qui permet de relier Lyon et Saint-Etienne ;

  • une aberration en terme d'aménagement du territoire : au nom du gain de temps et du désenclavement de Saint-Etienne, voilà une autoroute qui renforcera les bouchons quotidiens aux entrées des deux métropoles, favorisant les mouvements pendulaires au détriment de Saint-Etienne dont la dépendance envers la métropole lyonnaise en sera renforcée  ;

  • une hérésie agricole : le tracé de l'autoroute prévoit une destruction d'au moins 500 hectares de terres agricoles qui, situées à proximité de centres urbains, assurent un approvisionnement en fruits, légumes, fromages et viande de qualité, tout en fournissant de nombreux emplois directs et indirects ;

  • une ineptie climatique : le projet de cette nouvelle autoroute s'appuie sur des projections de croissance du trafic routier totalement incompatibles avec les engagements pris lors de la COP21 consistant à contenir le réchauffement climatique en deçà des 2°C ; alors que François Hollande et le gouvernement affirment haut et fort leur fierté d'être "le premier pays à ratifier l'Accord de Paris" finalisé lors de la COP21, ce sont les mêmes qui ont donné le feu vert à la poursuite ce projet d'un autre siècle ; quelle cohérence ?

 © Sophie Chapelle pour Bastamag © Sophie Chapelle pour Bastamag

 

Voilà donc un projet coûteux pour les finances publiques et les contribuables (environ 1600 euros par contribuable stéphanois), sans intérêt pour des usagers qui devront payer pour son utilisation, et qui privera le territoire de production agricole de qualité tout en aggravant le réchauffement climatique. Alors qu'il faudrait améliorer les infrastructures existantes (notamment la ligne de chemin de fer) et faire preuve d'innovation dans des transports collectifs, investir dans la relocalisation des activités économiques et ainsi réduire les déplacements et l'impact environnemental et climatique.

De prochaines dates de mobilisations ont déjà été annoncées :

  • Lundi 27 juin au siège du Conseil Départemental de la Loire

  • Jeudi 30 juin lors de la réunion de Saint-Étienne Métropole

Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France.

Auteur de Sortons de l'âge des fossiles ! Manifeste pour la transition, Seuil, coll. Anthropocène. Octobre 2015

@MaximCombes sur twitter

 

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