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Billet de blog 20 mai 2016

Lettre ouverte du Media Center à Nuit Debout

Lettre ouverte du Média Center en réponse à l'intervention en AG du 14 mai 2016 - 75 mars, Paris - République

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#32Mars,00h30 © Stephane Burlot

Paris, le 20 mai 2016 (#81Mars)

Le 31 mars nous ne sommes pas rentré-e-s chez nous.

Le printemps 2016 n'a pas commencé comme les autres : état d'urgence, déchéance de nationalité, refus d'accueillir les réfugiés, acharnement contre des syndicalistes et des militant-e-s notamment écologistes et, enfin, la loi travail. Cette dernière goutte d'eau a fait déborder le vase de notre indignation et cristallisé tous les modes de contestations. Les signes avant-coureurs d'une vaste mobilisation populaire sont apparu sur Internet : la pétition "Loi Travail Non Merci", les vidéos #OnVautMieuxQueCa ou l'appel du 9 mars.

Toutes ces initiatives ont nourri une dynamique globale qui a débouché sur l'appel à passer la Nuit Debout le 31 mars comme point de départ d'une convergence des luttes.

Depuis le 20 mars 2016, le Media Center s'est constitué autour d'une équipe qui a travaillé à la communication de Nuit Debout sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Tumblr, Youtube, Scoop.it, Snapchat...). Initialement composé d’une dizaine de personnes, nous sommes depuis plus d'un mois une vingtaine d’individus d'horizons et d'avis divers qui collaborent en accueillant toutes les bonnes volontés qui veulent nous rejoindre. Comme chaque commission, nos actions sont publiques, notre fonctionnement aussi : https://wiki.nuitdebout.fr/wiki/Villes/Paris/Media_Center . 

Nous participons au mouvement Nuit Debout et le rendons accessible à tou-te-s qu'ils-elles soient ou pas sur les places. Nous relayons chaque jour les actions des 80 commissions de la Place de la République à Paris et celles de plus de 300 villes à travers le monde. Ce mouvement est désormais global, et c'est ce qui fait sa force et le rend insaisissable ! Nous cherchons à mobiliser et à informer, en montrant le côté massif et positif du mouvement, tout en dénonçant les attaques violentes des élites politiques et médiatiques.

Des accusations gratuites, fausses et contre-productives 

Samedi 14 mai, en AG une trentaine de personnes, membres du collectif Convergence des Luttes ont lancé des accusations graves sur notre travail devant une centaine de personnes. Cette attaque violente, coordonnée et planifiée a été diffusée sur la page Facebook de Convergences des Luttes et sur une vidéo YouTube sans nous donner un droit de réponse. Nous dénonçons ce procédé calomnieux, porté par des personnes qui parlent sous anonymat en accusant directement d'autres personnes dont ils-elles affichent l'identité réelle, alors même qu'il existe des espaces pour que les dissensions puissent s'exprimer (les réunions des commissions communication et les intercommissions).

Les auteur-e-s anonymes de ce communiqué dénoncent des « dérives constatées depuis un mois et demi », et « une prise de contrôle par une minorité ». Pourtant les travaux de notre commission sont transparents puisque l'ensemble de son travail est publié sur les réseaux sociaux et est donc consultable par chacun-ne à tout moment. Concernant notre fonctionnement, nos protocoles de travail et nos processus collectifs, ils sont publiés depuis le début sur le wiki (lien https://wiki.nuitdebout.fr/wiki/Villes/Paris/Media_Center ). Enfin, nous avons été en permanence à la recherche de nouvelles personnes à intégrer parmi les différentes commissions, et nous avons organisé des ateliers de formations ouverts à tou-te-s. 

Les reproches sont non seulement infondés, mais aussi malhonnêtes : les outils de communication sont multiples, ouverts et inclusifs. A celles et ceux qui demandent la transmission des codes administrateurs et e-mails à un secrétariat de la communication, nous leur répondons qu'il y a plus efficace encore : nous rejoindre, travailler ensemble, et rendre la communication la plus transversale possible; il y a une place pour toutes les voix de Nuit Debout. 

Par ailleurs, depuis le début le Media Center a laissé la gestion du site www.nuitdebout.fr à d'autres actifs numériques indépendants http://maisouvaleweb.fr/nuit-debout-infrastructure-dun-mouvement-social-hautement-numerise/. Il est hébergé sur les serveurs de la Quadrature du Net, gage d'indépendance reconnu. La mainmise fantasmée n'existe donc pas.

Les arguments étant infondés, il s'agit à l'évidence d'une tentative de prise de contrôle pour empêcher l'extension d'un mouvement dans toute sa diversité de tons et de moyens d'action.

Les réseaux comme force du mouvement  

Communiquer efficacement sur les réseaux sociaux nécessite une compréhension approfondie de la communication sociale et des différents outils. Cela ne s’improvise pas, si l’on veut un maximum de visibilité et un potentiel social transformateur, mais cela s'apprend.

Participant à un mouvement autonome aux multiples visages, le Media Center a toujours encouragé l'indépendance de chaque commission avec les canaux qu'elle souhaite utiliser. Celles et ceux qui nous accusent ont également des outils entre leurs mains : le site www.convergence-des-luttes.org et le compte Facebook Convergence des Luttes. 

Nous réitérons notre attachement aux luttes qui nous animent, et qui nous ont poussé-e-s à nous rassembler en premier lieu. Ensemble, nous sommes en train de créer un processus d'innovation politique et sociale. Mais nous sommes convaincu-e-s que le changement passe aussi par une prise de conscience, individu par individu. Nous rappelons la mise en garde de David Graeber le 12 avril à la Bourse du Travail: "une structuration ne peut que nuire et faire fuir".

Pourquoi cette attaque ?

Nous continuons à croire que si nous voulons, ensemble, porter haut et loin ce formidable mouvement né il y a plus de 6 semaines, il y a urgence à ne pas se tromper d'adversaire.

Nous savons où sont les nôtres depuis le premier jour, raison pour laquelle nous ne nous permettrons jamais de mettre en péril le mouvement. Nous espérons que les signataires anonymes de ce texte trouveront les leurs ailleurs que dans les rangs de Nuit Debout.

Pour autant cette volonté commune de faire converger les luttes a rapidement eu deux visages au sein de Nuit Debout : le visage d'une convergence centrée exclusivement sur les collectifs en luttes, et le visage d'une convergence des personnes, indignées, révoltées, vers un projet commun, rangeant les drapeaux, pour converger ensemble.

L'équipe du Média Center, comme de nombreuses personnes sur les places de la France et du monde entier, se reconnait dans la deuxième sans pour autant rejeter la première. Nous avons donc, depuis le premier jour, eu pour préoccupation de parler à tout le monde : à celles et ceux qui ont choisi les formes traditionnelles de lutte, tout autant qu'aux personnes ne se reconnaissant pas dans des organisations (syndicats, partis, associations...), mais qui ressentent aussi légitimement le besoin de se mobiliser et de se rencontrer. D’ailleurs de nombreuses personnes aujourd’hui fortement impliquées dans Nuit Debout n'appartenaient à aucune lutte avant le 31 mars. Malheureusement une partie d'entre elles a déjà quitté le mouvement, harcelée et oppressée par celles et ceux qui pensent que si tu n'es pas avec eux, tu es contre eux.

Nous considérons que cette deuxième vision n'exclut pas la première, bien au contraire, elles sont complémentaires. 

Mais très vite, ces défenseur-se-s de la pureté idéologique nous ont reproché de faire venir du « public » sur la place, des non militant-e-s. Parler de « public » n'est pas acceptable pour nous. Il n'y a pas de public mais des citoyen-ne-s qui cherchent leur place dans Nuit Debout, pour une transformation sociale. Nous avons une conviction : celle que nous ne changerons pas le monde avec une minorité radicale qui détiendrait la vérité. Nous changerons le monde tou-te-s ensemble : militant-e-s traditionnel-les et nouvelle génération, en arrêtant de s'attaquer et en travaillant en collaboration, en respectant notre diversité, et en utilisant toute notre intelligence collective.

C'est à Nuit Debout de s'auto-déterminer. C'est aux gens sur les places qu'il appartient de décider du projet commun que nous allons bâtir. Tant pis - ou tant mieux - si cela dépasse le projet initial des « historiques », comme ils-elles aiment à se nommer. 

Aujourd'hui les attaques que nous subissons sont le reflet de ces deux visions, de ces deux mondes ; le traditionnel et le nouveau, qui cherche sa forme et sa façon d'agir, de travailler, de communiquer et de s'organiser. 

Nous avions décidé d'en faire une force ensemble, certain-e-s semblent décidé-e-s à en faire une faiblesse au point de détruire le mouvement. 

Mais ça n'arrivera pas. Nous sommes plus fort-e-s et plus nombreux-euses.

Agathe, Antoine, Noémie, Benjamin, Flora, Baki, Cédric, Marion David, Emma, Jean, Joseph, Killian, Lorène, Samanta, Selyne, Tim

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