La baraka en Tunisie, pas de Covid 19 !

Vivement le déconfinement car il n'y a pas de Covid en Tunisie, il y a eu entre janvier et février la grippe saisonnière habituelle, cette année la HN1 comme en Europe, qui a été assez virulente. A la place des politiques tunisiens, je ferai une campagne touristique la dessus !

 

 Vivement le déconfinement car il n'y a pas de Covid en Tunisie, il y a eu entre janvier et février la grippe saisonnière habituelle, cette année la HN1 comme en Europe, qui a été assez virulente.

A la place des politiques tunisiens, je ferai une campagne touristique la dessus !

C'est un pays meurtri par des décennies de dictature, de néocolonialisme, de corruption à tous les échelons de la société. La peur y régnait de manière sournoise car invisible mais entérinée par chaque individu. Et puis un jour, le tyran Ben Ali a été poussé dans un avion vers l'Arabie Saoudite. (face à son refus de quitter son trône, on lui aurait même donné un coup de pied dans le derrière). L'occident qui naguère l'encensait, l'a remplacé par des corbeaux.

Beaucoup de femmes se couvrirent la tête par un tissu autrefois interdit. Des hommes laissèrent pousser leurs barbes. Tous pieux ? Que nenni ! La plupart faisaient partie des cohortes de miliciens voyous de ben Ali, majoritairement issus de quartiers populaires où régnait et règnent encore plus la précarité et l'injustice.

Les mafias se sont multipliées et se sont clonées à une vitesse industrielle. De l'argent d'origines douteuses, en provenance de Libye coulait à flots tandis que le chômage prenait des proportions alarmantes dans un pays où n'existe ni allocations de chômage ni RSA.

Entre 2018 et 2019, la moitié des médecins et la plupart des informaticiens sont partis se faire exploiter en Europe et au Canada, pensant que l’herbe était plus belle ailleurs. Les premiers sont aujourd’hui aux premières loges dans les hôpitaux européens, sans protections, bien évidemment.

Il est indéniable que la situation géopolitique internationale étant ce qu'elle est, la précarité s'est accrue depuis que le chaos règne en Libye et que les islamistes sont aux manettes du pouvoir.

Jusqu'ici la débrouillardise, héritée de l'époque phénicienne, le système D et la solidarité familiale ont permis à la classe moyenne de tenir le coup tant bien que mal.

Et comme partout à l’échelle mondiale, sauf en Chine, cette classe moyenne, régulatrice malgré elle de l'économie officielle et informelle, a vacillé vers le bas de l'échelle, rejoignant le niveau de vie des quartiers périphériques des grandes villes. Évidemment, je ne désigne pas ceux et celles qui arriveront toujours à s'en sortir, par manque de scrupules lorsqu'il s'agit de demander du bakchich ou de dépouiller son prochain.

 Faut-il le rappeler, ce si beau pays, trois fois millénaire, c'est aussi celui qui s'est doté d'une première constitution dès 1861. C'est également celui de l’éclosion de plusieurs révoltes contre l'ordre établi et l'injustice, dont celle menée par un certain Ali Ben Ghedhehem en 1864. 

La Tunisie, ce beau pays, et si riche, a attiré les convoitises de toutes les civilisations connues à travers les âges. Seules la légendaire perspicacité et l’infinie vivacité de ses habitants, jamais résignés, pourront la sauver. Et ils le pourront, à condition qu'ils le décident.

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