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Attaché principal des administrations parisiennes / Chargé de mission "Promesse républicaine" (DDCT) / Chargé de TD en droit constitutionnel à Paris Nanterre / Fondateur & Responsable du pôle "vivre ensemble" du think tank "Le Jour d'Après" (JDA) / Président de l'association La Casa Nostra / Membre du club du XXIème siècle / Secrétaire-adjoint de l'association des rapporteurs.trices de la CNDA (Arc-en-ciel) / Fondateur du média "De facto" / Député de l'Etat de la diaspora africaine (SOAD)

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Billet de blog 9 septembre 2024

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L'hubris génocidaire : l'arbre des supplices, de la supplique contre l'extermination

A Marie TAFFOUREAU, juriste en droit public à l'université Paris Nanterre

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Pour une reconnaissance universelle des génocides et crimes contre l'humanité : une nécessité pour la mémoire collective et la justice historique

Par Mehdi ALLAL, militant du Nouveau Front Populaire (NFP)

Alors que les plaies laissées par les conflits, les massacres et les persécutions se referment parfois trop lentement, le Nouveau Front Populaire (NFP) doit s'engager, s'il accède au pouvoir lors des prochaines élections présidentielles et législatives, à œuvrer pour la reconnaissance universelle des crimes contre l'humanité. Car la reconnaissance de ces crimes et de ces génocides n'est pas seulement une obligation morale, elle est une condition essentielle pour construire un avenir pacifié, juste et empreint de solidarité entre les peuples, pour laisser une empreinte, des traces indélébiles dans la mémoire de l'espèce humaine...  

Des épisodes tragiques et souvent passés sous silence, tels que les massacres coloniaux ou la répression des minorités, doivent être traités avec la même rigueur et le même engagement que les atrocités déjà reconnues par l'histoire officielle, par les textes constitutionnels ou les traitées internationaux, les lois à la force inférieure à cette normativité complexe, entre-mêlée, mais en harmonie avec le système juridique et juridictionnel , pour ne pas dire jurisprudentiel ou casuistique, français.

Nous devons tous ensemble refuser de hiérarchiser les souffrances humaines, de manière à honorer dignement toutes les victimes, qu'elles soient tombées sous les coups de la barbarie fasciste, coloniale, raciale ou économique. Quel que soit le sens de cet hubris génocidaire, ingénieux dans sa conception, son application et son exécution. Qu'elles soient l'oeuvre de dictateurs "en herbe, "poussiéreux", déjà condamnés ou toujours en vie et coulant des jours heureux à l'ombre de la justice.

Les guerres de religion et la persécution des protestants

La France a connu des périodes sombres où le fanatisme religieux a provoqué des vagues de violence extrême. Les massacres de la Saint-Barthélemy en 1572, où des milliers de huguenots (protestants) furent tués dans une effusion de sang, sont parmi les épisodes les plus tragiques de notre histoire. Pourtant, ces actes de violence, nés d’une haine religieuse orchestrée par l’État, demeurent souvent évoqués de manière fragmentaire, sans réelle réflexion sur leur dimension de crimes contre l’humanité. Le NFP appelle à une reconnaissance claire et pleine de ces épisodes comme des violences systématiques infligées à une minorité religieuse, dont l'oppression a été jeté dans les oubliettes féodales de l'uniformité.

Cette reconnaissance doit s’étendre à d’autres communautés religieuses persécutées à travers l'histoire, notamment les chrétiens d'Orient, dont les massacres et exodes forcés se sont intensifiés au cours des dernières décennies, en particulier en Irak et en Syrie. Le NFP insiste sur la nécessité de protéger ces populations et de dénoncer, sur la scène internationale, les politiques menant à leur éradication, le fait de les pourchasser, de brûler leurs lieux de culte et de faire plier leur culture sous les assauts du terrorisme, peu importe son origine, son obédience et son devoir d'obéissance.

Les crimes coloniaux : une réparation historique nécessaire

Il est impossible de parler de la mémoire collective sans évoquer la période coloniale, et plus particulièrement les atrocités commises par les puissances coloniales, y compris la France, envers les peuples colonisés. La guerre d’Algérie (1954-1962) constitue un épisode majeur de violence abyssale. Cependant, bien avant cela, la France a mené des campagnes répressives d’une cruauté inouïe, comme les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en 1945, qui firent entre 20 000 et 45 000 morts, et passées sous silence par les autorités alliées.

Il ne s'agit pas de rouvrir des plaies, mais de faire face à notre passé avec courage et honnêteté. Le NFP soutient que ces actes doivent être reconnus comme des crimes contre l’humanité et milite pour des réparations concrètes envers les peuples ayant subi ces violations du droit international. Ces réparations ne se limitent pas à des compensations financières, mais incluent la restitution des terres, la reconnaissance des torts historiques et la mise en place de programmes de réconciliation, en bref la réparation.

Les goulags soviétiques : des crimes politiques oubliés

La répression politique ne s’est pas arrêtée aux frontières du capitalisme colonial ou fasciste. En Union soviétique, le système des goulags a causé la mort de millions de personnes, principalement des opposants politiques, des intellectuels et des minorités ethniques, enfermés dans des camps de travail entre 1930 et 1956. Ces crimes doivent être reconnus comme des crimes contre l’humanité, et la souffrance des victimes ne peut être reléguée à une simple note de bas de page de l'histoire, dans un fastidieux et obséquieux "Livre noir du communisme".

La complexité de ce sujet ne doit pas nous empêcher d'affronter cette réalité. Le NFP souhaite que ces tragédies soient étudiées et reconnues non seulement pour ce qu’elles ont infligé aux peuples soviétiques, mais aussi pour ce qu'elles nous enseignent sur l'importance de la justice sociale et politique dans la construction d'un État véritablement populaire, outrepassant la dérive d'un populisme exacerbé et forcené, à la limite d'une forme de totalitarisme.

La Shoah, les persécutions des minorités et les leçons de l’histoire

La Shoah, ou l’extermination systématique de six millions de Juifs par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, est largement reconnue comme un des génocides les plus atroces de l’histoire, une abomination manifestement non encore expiée et expirée, tant que les criminels et les organisateurs de cette folie de la science raciale - qui est le fruit d'une collaboration entre la la France, l'Italie impunie et l'Allemagne du 3ème Reich, avec l'aide de ses affidés -, auront encore pignon sur rue, tant que les piliers fondamentaux, les fondements et la cause de l'existence des chambres à gaz n'aura pas été élucidée, et fera toujours l'objet d'élucubrations, de gesticulations et d'un sentiment d'oubli du devoir de mémoire.

Ce génocide, pourtant, ne se limite pas à la seule population juive. D’autres groupes, considérés comme « indésirables » par le régime nazi, ont également été déportés et massacrés. Parmi eux, les homosexuels, marqués par le tristement célèbre triangle rose, ont été envoyés en camps de concentration. Les personnes en situation de handicap furent victimes de la politique d’euthanasie forcée du programme T4, un acte de barbarie indéfendable, incontrôlable, inlassablement crasseux.

Les Tsiganes, quant à eux, ont subi un génocide méconnu : le Porajmos. Environ 500 000 d’entre eux furent exterminés durant la guerre, victimes de la même idéologie raciale qui avait visé les Juifs d’Europe, une idéologie dont les traces sont toujours perceptibles dans la traque et les "chasse à  l'homme" qui se poursuivent jusqu'à aujourd'hui, notamment à l'Est de l'Europe mais aussi dans la plupart des métropoles dites occidentales. Le NFP appelle à une reconnaissance totale de ces persécutions et à une meilleure intégration de ces faits dans les programmes scolaires et les commémorations nationales.

Les génocides en Afrique et la reconnaissance des conflits modernes

Le génocide est, en effet, une horreur qui continue de marquer notre monde contemporain. Le génocide rwandais de 1994, durant lequel environ 800 000 Tutsis et Hutus modérés furent massacrés en l’espace de 100 jours, est l’un des exemples les plus terrifiants de l’incapacité de la communauté internationale à prévenir de telles atrocités, de protéger les plus faibles, les plus vulnérables, celles et ceux dont la ressemblance est indicible, invisible, mais pourtant marquée du sceau de la terreur étendue à tout un territoire.

De même, le conflit au Darfour (Soudan), qui dure depuis 2003, a causé des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Alors que la Cour pénale internationale (CPI) a inculpé des responsables soudanais, les efforts internationaux pour mettre fin à ce conflit restent insuffisants. Le NFP appelle à une mobilisation renforcée pour assurer la justice aux victimes et pour que ces événements soient reconnus comme des génocides, qu'ils cessent de déchirer une communauté musulmane désunie aux yeux de la planète entière.

Le nettoyage ethnique en Palestine : une question de justice

Depuis des décennies, les Palestiniens subissent des politiques de colonisation, d’expropriation et de déplacement forcé. Les démolitions de maisons, les transferts forcés et la construction continue de colonies en Cisjordanie sont des pratiques souvent qualifiées de nettoyage ethnique par les organisations de défense des droits humains, comme par exemple Amnesty International ou Médecins sans frontières ; un nettoyage ethnique également opéré de façon chirurgicale, à l'échelle d'une bande côtière délaissée, exsangue, l'objet d'une novlangue assassine et d'actes meurtriers en pagaille, une bande côtière prise en tenailles par l'armée de Tsahal .

Le NFP demande une enquête internationale indépendante et impartiale pour examiner ces allégations et appeler à la protection des droits fondamentaux du peuple palestinien. Il est impératif que la communauté internationale agisse pour mettre fin à ces violations et promouvoir une paix juste et durable dans la région, en lien avec la traditionnel alliés arabes et perses de la Palestine, toujours sous le joug d'un apartheid devenu routinier, encerclant banalement des territoires occupés, qui ont rétréci de manière continue depuis le drame de la Naqba, en 1948,et toutes les guerres remportées par l'Etat droitier, à la religiosité douteuse et dangereuse, d'Israël, .

La traite des esclaves et les génocides antillais : une reconnaissance nécessaire

La traite transatlantique des esclaves, qui a duré du XVIe au XIXe siècle, est l’un des chapitres les plus honteux de l’histoire de l’humanité. Environ 12 millions d’Africains furent capturés et déportés dans les Amériques pour être réduits à l’état d’esclaves ou jetés à la mer, à bord des "vaisseaux de la mort", après avoir été transportés telle une marchandise dénommée "bois d'ébène", parqués et triés comme des animaux, des bêtes de foire... Ce commerce humain, qui a profité aux économies occidentales, est un crime contre l’humanité dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui dans les sociétés d’origine africaine, que l'on continue à dépouiller de leurs talents, de leurs cerveaux, mais surtout de leurs biens et ressources naturelles.

Le NFP soutient une reconnaissance pleine de la traite des esclaves et appelle à des mesures de compensation symboliques, historiques et matérielles pour les descendants des victimes de l'esclavage. Ne serait-ce que pour réifier l'honneur sali par la brutalité de l'homme arabo-musulman ou blanc, rendre hommage aux leaders qui ont su braver la soumission et l'oppression, entraînant dans leur sillage, dans leur sillon, des milliers de "nègres marrons", sous un silence assourdissant, une complicité sans faille de la part des Etats fédérés, opérant sous le sigle macabre du "Triangle d'or", en lien avec les puissances européennes et leurs comptoirs abjects, incorrects, infects, "je marque leur échec" (Moda)

Conclusion : Vers une justice globale et une mémoire partagée

Le Nouveau Front Populaire s’engage à œuvrer pour une reconnaissance universelle des crimes contre l'humanité. Qu’il s’agisse des génocides en Afrique, de la Shoah, des crimes coloniaux, des persécutions politiques, ou de la traite des esclaves, chaque crime mérite d’être reconnu à sa juste mesure, sans hiérarchisation des souffrances, sans plier sous l'emprise d'un clientélisme désordonnée et fallacieux de la part des fauteurs de trouble, des faiseurs de "roi", un peu rapidement absous de leurs torts partagés avec les ardents, houspillant défenseurs de principes de laïcité ou d'indivisibilité qui ont fait leur temps.

Cette tribune n’est pas un simple appel ou une mise en cause : elle est un engagement à lutter pour la justice, la réconciliation et la paix. Pour que demain, plus jamais la haine et l’ignorance ne puissent servir de terreau aux atrocités, aux aberrations, aux "anachronismes" mis sous le boisseau, enchaînés à des responsabilités terrifiantes d'actualité, et dommageables pour notre identité, notre cohésion, notre soudure, une identité collective qui s'oppose à toutes formes de torture, physique ou mentale ; à la détention inacceptable de prisonnières et de prisonniers illégalement emprisonnés ; à la perpétuation du lancement de bombes, de missiles ou de toutes autres armes de destruction massive.; à une niaise et biaisée négation de toute forme de résistance sincère, parfois amère ou délétère, victorieuse et jouissive dans d'autres circonstances, à la coïncidence non fortuite et convergente dans la parole, la réalité, la rationalité des faits...

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