Une occasion en or
Les Jeux Olympiques et Paralympiques (J.O.P.) de 2024 sont une occasion évidente, étonnamment, une option pour redorer le blason de la France, à l'international, comme nous l'avons constatée sur tous les balcons, devant les télévisions, sur les quais de la Seine ; dans tous les endroits symboliques du patrimoine historique de notre pays : pour les soutenir, et toujours se fier à son emblème, à sa légende, à son legs, légèrement, mais fermes ; notamment ceux qui reflètent les trajectoires épiques anticoloniales.
Une trêve bienvenue, alors que le monde est encore en guerre, à l'échelle planétaire, en particulier à des endroits et des lieux, pendant des hivers, géopolitiquement stratégiques, où fourbissent les armes, lorsque femmes et hommes, mais aussi les enfants, périssent tragiquement, pétrissent des idées, lorsque des nourrissons meurent, en saignant, en souffrance latente ; de manière lente ou immédiate.
Une trêve de courte durée, certes, mais un envoûtement, un ré-enchantement, des déhanchés de tous les cotés, un modèle à peine voilé, un vide détonnant, un vivier, une vitre, une vitrine, comme on a pu le voir lors de la cérémonie d'ouverture. Des lâchers de ballons et de fumigènes, des coachs qui fulminent, des anonymes qui filment... Des détachés également, heureusement. Débranchons-nous, au contraire, de l'expression, des impressions intuitives, des pressions morales des grognons et des grincheux, toujours grinçants et ronchonnant, de l'oppression sociale !
Un pied-de-nez aux pessimistes et tous ceux qui pestent
Car les sceptiques de tout poil divisent inutilement une France déjà abîmée par les factions, le fractionnement, le séparatisme élitaire, l'éclatement de la concentration administrative et du juridisme ; le facteur temps n'est pas pris en compte, grâce auquel sont pourtant mus et se meuvent les espoirs neufs d'une philosophie et d'un sauvetage multiculturels, extirpés de la sauvagerie contemporaine, branchés sur la contemplation de l'essentiel, autant de qualités qui renforcent notre rayonnement, notre nation, notre peuple, notre indépendance, nos émotions, nos minorités.
La sensation qui bouleverse les gens, les petits comme les grands, les gras comme les gros, les laids comme les beaux, le féminin et le masculin, les pauvres comme ceux qui sont à l'aise, ceux qui appellent à l'aide ou ceux qui suivent, ceux qui se sapent n'importe comment... le sentiment d'être ridicule, humble, voire humilié, quel que soit leur accoutrement d'entraînement... nous réunit pour un moment unique et mystique à la fois. Epique. Féérique. Héroïque. Utopique. Caricaturé ou réaliste ? Athée ou un emprunt à la religiosité ? Un frein à la libération des cultes ?
Une idéologie sportive au nom, au titre de ses justes valeurs : gracieuse et splendide. Un orchestre comme nulle part ailleurs, dans la patrie des droits de l'homme et des libertés fondamentales, partie de si loin, du bouillonnement révolutionnaire jusqu'à l'avènement républicain et de la démocratie, en passant par les abolitions, les rebellions, les luttes ouvrières et paysannes, les zoos composés d'esclaves - présentés comme des escales, des enclaves, en guise d'oukase ! -, les tragédies économiques et financières, les génies inconscients et génocidaires... ; un orchestre nécessairement synchronisé avec parcimonie, avec abnégation, une forme d'allégeance, une synthèse, une greffe réussie, une évolution scénique, scénographique, des scenarii imaginables, une sclérose infiniment repoussée, et la joie.
Peu importe les résultats, peu importe le climat, peu importe le don de soi, ce qui compte c'est la fraternité, la confrérie des équipes nationales mises sur un piédestal et un pied d'égalité, défilant hier sur la Seine, défiant le vent et la pluie, les minois déçus, défigurant le paysage de la capitale pour le plus grand bonheur de nos compatriotes, irrationnels lorsqu'il s'agit de défendre les couleurs de la France, de sortir de la torpeur ambiante, d'une atmosphère pesante en raison du racisme et de l'antisémitisme, des idées farfelues et rocambolesques, abracadabresques, grotesques, qui dessinent une fresque en déclin, une théorie du "grand remplacement" ou des "nouveaux installés"...
Une frasque de plus, une frayeur de trop, une défaillance ? Une faille, un déraillement, des tiraillements difficiles à avouer, mais toujours bon à faire avorter. Une plaie, en fait un véritable fléau, le préau - que dis-je ? -, le préalable d'une possible défaite, les a priori qui plombent et font tomber les masques, les marques, la consommation à outrance, chuter la croissance et les croisements loyaux ?
Une source intarissable d'inspiration, qui se repaît, s'épaissit ; qui se repeint, se repentit...
Alors inspirons-nous des athlètes, des reines du sport, du règne du fair-play, des rênes de leur chevauchée, pour tous les amateurs et les professionnels de chaque fédération, se formant et ciblant les délégations. Les citoyennes et les les citoyens, aussi bien spectatrices que spectateurs, peuvent s'époustoufler, épouser, pourront souffler les vertus cardinales et caritatives ainsi célébrées, vers un horizon bienheureux, un futur, "qu'un sang impur abreuve nos sillons"...
Ce sont l'endurance, la présence, la participation, la contribution, le panache, la rage saine... qui l'emportent toujours avec l'espèce humaine, la victoire des droits humains, avec le lancement mystérieux d'une autre civilisation française, davantage pacifiée et réunie aux yeux des autres contrées, des autres continents. Une rencontre, un pari, un attelage qui n'était pas gagné, vu les retombées escomptées, qui vont compter, qui seront décomptées ; qui seront peut-être contées à l'avenir. Les sourires, les soucis, les étirements, les entraînements, les compétitions, le recensement médiatique des médailles, les autographes peuvent rester inoubliables, indubitablement.
En équipe, ou selon les individualités, les performances seront probablement encensées comme il se doit, de droit ou de fait, comme des symboles politiques ou des épreuves physiques, purement et simplement, un aboutissement, un cheminement, sur la route du succès et de la succession. Un consensus autour des victoires, de la gloire, pourra se nouer et s'avouer dans les familles, les foyers, dans les quartiers, chaque fois qu'un sens sera donné aux exploits. En particulier, contre l'exploitation, la misère, la soif et la faim, les massacres guerriers, les conflits territoriaux : les infâmies modernes, les mots ternes, les moteurs de la haine. "Car l'horloge a tourné" (NTM).
Comment combattre et avec quels moyens ?
Ces drames qui demeurent au 21ème siècle, comme des avanies fleurissant sur des charniers. Sur des chantiers. Que les dictateurs charrient dans leur besace ou leur bedaine - que je dédaigne et dégaine en même temps -, mais sans leurs chars, leurs armes, leurs attaques, cyber ou réelles, leurs économies en berne, leur système éducatif en panne ou seulement friable - jamais assez important -, leurs fans, leurs adeptes, qui font tant de dégâts et provoquent le dégoût... notamment leur approche, en definitive, à la fois raciale et destructrice, dévastatrice, la matrice d'une authentique déflagration générale.
Qui nous laissent souvent des champs de ruines, de mines, fruits d'un mimétisme sadique et cynique, qui excellent dans la vantardise, la roublardise, le vandalisme, la corruption... Des crises qu'il s'agit d'oublier l'espace d'une période de courte durée. Mais avec la force, l'apparence, le retour de la paix et de la cohésion des relations diplomatiques, de l'amitié et de l'amour entre les peuples, un retournement, un renouvellement complet ; en tissant des liens indéfectibles entre sociétés civiles et à respecter, à identifier, à recouper et à recopier, à recoller à plusieurs reprises, car ces sociétés sont en prises, empreintes, imprimées de marginalité. Automatiquement, les mauvaises habitudes pourront se muer, se murer, s'épurer, se simplifier, se dépasser, être piégées et trépasser,...
En conclusion, le rêve, la rêverie d'une France réconciliée avec son passé, tournée vers son devenir, débarrassé des rivalités, un destin exceptionnel, à dessein, sortant de l'ordinaire, flirtant avec le sommet, sera la somme de petits détails, d'une organisation huilée, du travail de chacune et de chacun, de l'engagement des dirigeants, se prêtant magnifiquement, parfois marginalement, aux Jeux. S'ils se défilent, s'ils défrisent, rien de nouveau sous le soleil ! Qu'ils se gavent de la gravité, des gravats de leur inhumanité. A l'ombre et surtout à l'aube, achevée prématurément, à l'aune du degré, de leurs vengeances
En héritage, pourrons-nous bénéficier des engagements et des promesses formulées, multipliées, heureusement, mais de nombreuses fois trahies et mutilées, peu sûres, peut-être à cause de leurs passions, de leur trop frileuse patience, par nos responsables gouvernementaux ; pourront-ils outiller les équipements et tous les espaces collectifs inédits, non genrés - c'est-à-dire en faveur de la mixité - pour l'instant interdits, mais ouverts bientôt à toutes et tous. ? Qu'ils soient "galactiques" ou modestes, les usagères et les usagers se frottent les mains à l'avance, "prennent leur pied", se réjouissent et s'impatientent de connaître, de trouver mieux. Soyons attentifs et tolérants avec celles et ceux de ces responsables qui agissent et font bouger les lignes !
Un miel issu d'un couple valeureux, le pays et Paris ; une lune de miel entre les stars et les ignares ou les ballots, le strass et les paillettes, le stress et les estrades, les stades et le parc des princes, les tours et les monuments, les tsiganes et les sans-abris, les boutiques et les marchands, les bêtes et les méchants, l'intelligence de la décoration (ou décor), les tares et les retards, les portes et le centre-ville, la métropole et l'outre-mer, les mémoires ; des milliers de supporters, avec de couronnes de fleurs et des perruques tricolores, des maquillages extravagants, des écrans connectées, des trains et des rues bondées... vont faire bondir les Françaises et les Français, toute la population mondiale, à chaque étage, dans chaque immeuble, dans certains appartements, dans chaque collectivité, dans les régions et les provinces, les villages et les villes de tout âge, les lieux de culte et de culture, de dialogue et de changement, de réforme, de réponses et de propositions concrètes ; de la part de chaque Etat, de chaque parti, de chaque organisation patronale et syndicale ; quel que soit leur statut...
Un épilogue en forme !
Un folklore utile, basique et mérité. A méditer. A encourager. Avec des soutiens inattendus. En bref, une perche, un vélo, un ballon rond ou ovale, un filet, un strapontin, une piste, une cible, un terrain, des caméras et des salles de visioconférence abritant des journalistes et des arbitres, des vestiaires... bientôt de la pastelle et des tableaux, des trophées et des photographies accrochées aux murs des maisons, aux feuillets et aux œillères, aux frontons de nos mille et mille institutions, des noms qui brillent, dans les jardins, les squares, les bâtiments publics, pour les squales et les escouades ; des personnes récompensées qui sont fières, des "sœurs" et "frères", seules ou en groupe, parfois encore adolescent.e.s, qui en veulent, à l'opposé des veules ; volant et virevoltant de leurs propres ailes, jour et nuit, tardifs.ves, merveilleux.euses ou endormi.e.s, le soir, parmi les leurs - à la barbe des faux-semblants et au taquet de leurs efforts, de leurs effets - autrement dit, un hymne à l'identité et la révolte des "non-portables", des capables, du certain, des teints, des tiens, des miens ; des semblables...
PS : cet article est dédicacé à Abou Diaby et Djibril