Mehdi ALLAL (avatar)

Mehdi ALLAL

Attaché principal des administrations parisiennes / Chargé de mission "Promesse républicaine" (DDCT) / Chargé de TD en droit constitutionnel à Paris Nanterre / Fondateur & Responsable du pôle "vivre ensemble" du think tank "Le Jour d'Après" (JDA) / Président de l'association La Casa Nostra / Membre du club du XXIème siècle / Secrétaire-adjoint de l'association des rapporteurs.trices de la CNDA (Arc-en-ciel) / Fondateur du média "De facto" / Député de l'Etat de la diaspora africaine (SOAD)

Abonné·e de Mediapart

261 Billets

1 Éditions

Billet de blog 29 juillet 2024

Mehdi ALLAL (avatar)

Mehdi ALLAL

Attaché principal des administrations parisiennes / Chargé de mission "Promesse républicaine" (DDCT) / Chargé de TD en droit constitutionnel à Paris Nanterre / Fondateur & Responsable du pôle "vivre ensemble" du think tank "Le Jour d'Après" (JDA) / Président de l'association La Casa Nostra / Membre du club du XXIème siècle / Secrétaire-adjoint de l'association des rapporteurs.trices de la CNDA (Arc-en-ciel) / Fondateur du média "De facto" / Député de l'Etat de la diaspora africaine (SOAD)

Abonné·e de Mediapart

Harris : l'espoir Démocrate et un désarroi Républicain ; les priorités d'une pro

A Clinton, Obama et Biden. A toutes les jeunes filles qui font des rêves, éveillées, émerveillées, déterminées, déterrant les clichés et démarrant ; à leurs mères épaulées ou esseulées, dans des piaules, des pieux radieux... ou embourbées dans des couples plumés, paumés, ne capitulant jamais, qui composent avec la lassitude et la solitude qui s'en suit et qui s'enfuit. A Boston, la famille Gray.

Mehdi ALLAL (avatar)

Mehdi ALLAL

Attaché principal des administrations parisiennes / Chargé de mission "Promesse républicaine" (DDCT) / Chargé de TD en droit constitutionnel à Paris Nanterre / Fondateur & Responsable du pôle "vivre ensemble" du think tank "Le Jour d'Après" (JDA) / Président de l'association La Casa Nostra / Membre du club du XXIème siècle / Secrétaire-adjoint de l'association des rapporteurs.trices de la CNDA (Arc-en-ciel) / Fondateur du média "De facto" / Député de l'Etat de la diaspora africaine (SOAD)

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La campagne de Kamala Harris pour la présidentielle étatsunienne de 2024 s'ouvre sous des auspices prometteurs et des débats enflammés, sous haute protection, étant donné le contexte diablement et diamétralement envenimé par la tentative odieuse d'assassinat sur Donald Trump. Figure emblématique du Parti Démocrate, Kamala Harris est à la croisée des chemins entre l'héritage de l'administration Biden et ses propres ambitions présidentielles, son parcours personnel, des marqueurs et des repères mémoriels, ses racines, ses origines et les querelles. Tous les projecteurs sont désormais sur cette personne frêle, mais populaire, et son projet !

Les débuts de sa campagne lui donnent des ailes, révèlent une candidate déterminée à rassembler, inspirer et surtout, incarner le changement tant attendu par une partie de l'électorat américain, tendu et rendu incandescent, intransigeant, intelligemment et étonnamment ferme sur ses positions, radicales et amicales, en opposition à toutes les fractures, la facture de ses prédécesseurs, à l'autocensure.

Une stature et une culture...

Depuis son entrée en politique, Kamala Harris a su se démarquer par son profil atypique - l'as des piques, de la réplique, sus aux reliques ! - et son engagement sans faille, prônant et frôlant la liesse, se frottant à l'abandon des classes laborieuses et dangereuses, comptant chaque sou ; au dénigrement, à l'isolement, au délaissement, au déclassement, aux dessaisissements divers... et à la variété, à la diversité, à la multiplicité, en s'opposant à la duplicité coupable, un une duplicité capable d'entraîner un pourrissement sociétal, c'est-à-dire des accidents, des incidents, des actes ayant des conséquences en matière de ségrégation, d'incarcération, d'exploitation éhontée, quelle que soit la municipalité, les villages, les villégiatures, les élites, les élu.e.s, les institutions et les établissements... 

Première femme, première Afro-Américaine et première personne d'origine sud-asiatique à occuper la vice-présidence des États-Unis, son ascension fulgurante, déroutante, et avant tout fracassante ; susceptible de faire fulminer les âmes, les "ânes" les plus rétifs, les plus réticents - chétifs ou puissants, shérifs ou fétichistes, gras ou gracieux, grassouillets, douillets ou "chatouilleux", moins bien, moins sains, plus riches, plus chiches, avec du sang sur les mains ; est source d'espoir et de fierté pour de nombreux électeurs démocrates.

Les premiers discours de sa campagne résonnent, raisonnent avec des thèmes chers à son cœur : la justice sociale, l'égalité des chances, et la réforme du système judiciaire, le pluralisme des médias, la résistance à l'oppression, la logique fiscale, les réseaux sociaux et l"intrusion des algorithmes... Elle met en avant son bilan en tant que procureure et son expérience au Sénat pour souligner sa capacité à diriger et à apporter des changements concrets, de concert avec l'appareil de son parti et son équipe, pareillement à l'appariement des militantes et les militants.

L'engouement, l'emballement, autour de Kamala Harris ne cesse de croître au sein du l'organisation Démocrate, afin de permettre de croire et  voir en la stratège, qui n'abrège jamais ses discours et peu souvent à court d'arguments, de rudiments techniques et pléthoriques, rhétoriques, la prochaine présidente des Etats-Unis.

Sa capacité à mobiliser les jeunes comme les seniors, les minorités, qu'elles soient ancrées ou arrachées, déchirées ou arrimées au rêve américain ; mais aussi les syndicats et les femmes, les cadres et les ouvriers, les employés de bureau, les déployés sur les échafaudages, les sous-payés et les bénéficiaires de minima sociaux ou d'un revenu minimum pour vivre, les étudiant.e.s, les mendiants, les personnes en situation de dépendance ou de très grand âge... en fait une candidate incontournable.

Elle est perçue comme une figure dotée d'atouts majeurs et suffisamment douée, dotée d'une volonté de fer en vue de faire du rajeunissement et de la reconquête démographique une priorité pour dynamiser le pays, tout en continuant les politiques courageuses de l'administration Biden, son cortège de réformes enivrantes, transparentes, mais méthodiques, ayant ouvert le champ libre à de nouveaux espoirs, en matière de croissance, d'emploi, de climat, d'accueil des immigrés et des réfugiés. Les fervents démocrates voient en elle une leader capable de relever les défis contemporains, qu'il s'agisse de la crise environnementale, des inégalités économiques ou des tensions raciales.

Une fêlure, pourvu que cela dure !

Cependant, cet enthousiasme démocrate contraste, détonne fortement avec l'atmosphère qui règne chez les Républicains, dénote un manque d'entrain sur le terrain habituel des conservateurs. Le parti de l'éléphant semble toujours sous l'emprise de Donald Trump, figure omniprésente, désirant l'omniscience à tout prix et divisant en définitive. Si certains républicains espèrent une candidature capable de fédérer au-delà des clivages internes, scrutant l'avenir, curant, se courbant et courant après le passé, d'autres restent fermement attachés à l'héritage "trumpien". Ce travers interne, cet envers du décor, crée une situation de désarroi et d'incertitude quant à la direction future du parti.

Les débats de campagne auxquels participe Kamala Harris soulignent ces tensions entre les deux partis. Ses opposants républicains, en tentant, en tenant à critiquer son bilan et ses propositions, les qualifiant de mitigés, comme manquant de moyens et méprisants, mettent en lumière les failles de leur propre stratégie.

La question se pose alors : le parti Républicain pourra-t-il proposer une alternative crédible face à une Kamala Harris déterminée et charismatique ; ou devrons-nous satisfaire d'une alternance redoutée, une ambivalence surannée, une ambiance lasse, flasque, sans frasques et "avançant" suffisamment masquée pour détricoter les acquis sociaux et repousser chez eux les américains à trait d'union, à coup de menton rassemblant les "moutons" ; d'un moule couard et écœurant ; abreuvant, abrogeant ou abhorrant, brouillant, avec des futiles broutilles, jusqu'au bout, les politiques "bouillantes" de discrimination positive, encourageant, abordant, bordant, brodant le melting pot, le salad bowl, les philosophies du multiculturalisme, le wokisme et l'universel, la cancel culture et le patrimoine historique, tragique, dramatique mais épique des Etats-Unis ?

Une ceinture et une teinture, des tortures ou des tortues ?

Des politiques remettant en marche l'ascenseur social, via de nouveaux critères, inspirées par exemple de l'ingénierie juridique française, peuvent être déclinées pour cibler prioritairement par exemple les pauvres, les mal nommés, les personnes habitant à la mauvaise adresse, au mauvais endroit, les personnes en situation de handicap physique ou mental ; celles et ceux à la parure dissonante, à l'apparence rance, moche, écorchée, scarifiée, sacrifiée, muselée, abîmée, agressée, crevée, malaisée, maltraitée... à l'odeur jugée gênante, à l'allure malhonnête ou malencontreuse, à l'air malsain... petit en taille, des affreux, des gros, des morcelés... celles et ceux affublés d'une certaine laideur, d'un aspect "tordant"", d'un habillement "tordu" ; des tondus, des pendus à l'aide caritative, des perdus, aux pendules égarées... des femmes ou des femmes qui portent le voile ou la barbe, la kippa ou la croix, le turban... des drapeaux de toutes les nationalités... celles et ceux à l'accoutrement dérangé et dépareillé... les marginaux, celles et ceux à la peau noire, descendant d'esclaves ou d'enclaves anciennement colonisées, avec le teint métis - l'attente métissée -, les provenances mélangées, mixées ; les bridés, les "marrons", les "marrants", les "lardus" (Nysay), les cailles, les lascars, les bimbos, les louves, toute celles et ceux aux appuis malmenés, sur qui il est erroné de miser... et même les blêmes, timides ou apeurés, surpris et manquant d'assurance, immobiles parce que défoncés ou offensés... Faudrait-il ici et ailleurs évoquer une immixtion fautive, durant les heures, les jours et les mois qui viennent, dans leur vie privée ?

L'issue de cette campagne s'annonce cruciale pour l'avenir politique de ce pays. D'un côté, Kamala Harris incarne une promesse de renouveau et de continuité progressiste, capable de mobiliser un large spectre d'électeurs. De l'autre, les Républicains doivent se confronter à leurs trahisons, leurs déraisons et leur absence de cohésion interne, trouver une voie qui puisse séduire au-delà de leur base traditionnelle, une rengaine sempiternelle dégainée à chaque joute, identifier une route à la fois patriote, éloignée des théories du complot, du conspirationnisme et qui ne s'oppose pas systématiquement à l'impôt... en bref, une nouvelle cohorte de dirigeants remplie et animée par la droiture morale, non pas suprémaciste.

La bataille, la bagarre, la "baston" s'annonce donc rude, pleine de surprises, jouissive, martelant d'une prose inflammable la démocratie américaine : pour un retour au calme ou un détournement du tournoi, des clameurs ? Kamala Harris, par sa trajectoire et ses ambitions, représente un défi majeur pour ses adversaires. Elle est disposée à conforter ses bastions, sans "embastiller", sans "bousiller", sans "bouffer", sans "embouteiller" les mécréants, les mercenaires... : un traquenard à éviter, à vider de sa matière ; un poison, une substance mortelle pour tout le véritable et excellent folklore américain, par exemple le folk et la country, le rock et le blues, la new ave et le hip-hop ; de New-York à Los-Angeles, en passant par Chicago et San Francisco, toute la Californie, Washington, Miami et la Floride, Philadelphie, la Nouvelle-Orléans, la région des Grands Lacs...

Sa capacité à transformer cet engouement initial en une victoire électorale dépendra de sa faculté à convaincre et à rassembler au-delà des lignes partisanes, au-delà des Etats du Nord-Est, comme la Pennsylvanie ou le Massachussetts, traditionnellement attachés à la fibre antidiscriminatoire, accrochés au filtre dérogeant à la fumée, à la poussée, aux bouffées des armes à feu, des industries du pétrole et du tabac... à l'illusion des mafias et des malfrats... à la déception vis-à-vis du capitalisme, du néo-libéralisme des adeptes du déclinisme sectaire... à la bestialité et à la vulgaire brutalité... donc forcément dérangeant avec ses innovations. Avec le soutien des associations, des fondations, des entreprises agissant pour l'insertion professionnelle, en d'autres termes tout le secteur de l'économie sociale, écologiste et solidaire.  

C'est-à-dire en faveur à la fois du tiers et de l'alter-mondialisme, du panafricanisme, d'une gauche socialiste et ultra-sensible à la question des ressources collectives, des biens communs et des services publics, en particulier gestionnaires d'activités régaliennes, comme la sécurité, les télécommunications, la construction de logements sociaux, la gestion de l'eau et de l'énergie, la collecte et le recyclage des déchets ou les transports, les affaires étrangères... ; qui se régalent d'un retournement des paradigmes et des fatalités des crises économiques, financières, diplomatiques, internationales, instrumentalisées à toutes les  époques, de toute manière ; d'une gauche forte et confiante en elle-même, qui fait front, qui épouse les résolutions, les chartes, les déclarations, les dispositions plus ou moins légales... des structures supra-étatiques, dédiées notamment à la mise en commun de compétences jugées "souveraines", à la protection et la dissuasion nucléaire, aux alliances militaires pacifistes ; aux échanges commerciaux équitables ; à la santé, à la culture, à la protection de l'enfance et des droits humains ; à la jeunesse, aux sports... ou tout simplement énoncées par des organisations non-gouvernementales (ONG).

En premier lieu, tout ce soft law, à l'image de celui issu de l'Union européenne (UE) et Conseil de l'Europe, pour lequel la France s'est activée précocement, férocement, - forcément -, qui appelle de tous ses vœux à un cessez-feu à Gaza, à la fin de la guerre menée par l'Etat d'Israël, et qui menace en réalité sa propre survie ; à la proclamation de l'Etat de Palestine ! Qui cesse également de souffler sur les braises et de jeter de l'huile sur le feu des conflits en Ukraine... Qui promeut, promet et profite d'un islam de paix, de tendresse, par la qualité et la robustesse de ses fidèles, et de ses alliés, de ses amis fidèles...  

Face au Parti Républicain en quête de stabilité, la vice-présidente pourrait bien incarner le futur d'une Amérique en pleine mutation, achevant sa leçon, sa mue dans les rues, sur les grues, sur les campus, dans les bus, les tours grattant et regardant le ciel, les avions... sur les plateaux télévisés monopolisés par les écervelés et les décérébrés, à travers le démantèlement des chaînes d'information trop orientées, orchestrant le délabrement ou le contournement de la liberté d'expression ; à travers la métamorphose des blockbusters à répétition, grâce à des scenarii bien ficelés, des acteurs et des actrices récompensés à juste titre pour leur performance, des technicien.ne.s aux talents cachés... bref tout ce qui consiste en la face cachée d'Hollywood et de ses studios, vers un cinéma d'art et d'essai attirant les foules, comme ont su le faire des réalisateurs et des réalisatrices comme Woody Allen, Sofia Coppola ou Quentin Tarantino : au piloris (on rigole de cette ristourne, de cette ritournelle, de cette ribambelle de rimes) ! Sous réserve d'une grande forme de respect pour le débat d'idées, la confrontation rythmée, mais apaisée, "amoureuse", d'opinions cohérentes et étayées, justifiées et testées avec justesse et justice par des intellectuels engagés, des journalistes trop moqués et tronqués, troqués contre des animateurs en toc, de bric et de broc ; spécialistes du système D ; défendus, avec fermeté, par de merveilleuses chroniqueuses, mordantes ou croquant leurs interlocuteurs, aussi grâce à l'éveil des "philosophes combattants" (Régis Debray) !

Du nord au sud, à l'ouest et à l'est... ce pays en pleine mutation pourrait davantage maîtriser ou canaliser le niveau de ses ruses et de ses sermons qui fusent, de ses connaissances scientifiques, "lunaires" et spatiales ; le truchement de ses fusées et de ses bombes, de ses drones et de ses GI, de ses agents secrets ; la pesée de ses serments et ses tourments serpentueux et tortueux, écartelant et écartant avec une trop grande facilité ses rivaux et ses ennemis...

Ce pays serait alors fier de ses couleurs, de ses torpeurs, de son labeur ; de ses avancées en matière de recherche médicale et de lutte contre les famines ou les pandémies ; constituerait un laboratoire pour faire coexister et se juxtaposer des décennies de présence, de prestance et de prestations de la part des croyances juive, chrétiennes ou musulmane, hindoue ou bouddhiste.. qui ont glorifié, parfois glosé et pas assez osé, il est vrai, le vivre ensemble ; mériterait de beaux restes, des certitudes et la clarté de son éclat écarlate, risquerait ce saut dans l'inconnu, une déambulation à travers la nation, des contrées éloignées jusqu'aux contre-cultures urbaines, des communautés ethniques jusqu'aux régions enclavées et aux campagnes étirées, arides ou suffisamment tempérées, sèches ou trempées, sujettes aux cyclones ou aux tempêtes, trompées et tombées sous la coupe de l'opposition... en perturbant, en faisant tituber le cours tranquille du mariage de la Constitution, interprétée par, non seulement la Cour suprême des Etats-Unis, mais également tous les tribunaux fédéraux, depuis l'arrêt Marbury versus Madison (1804), fédérés au pouvoir, non inféodés aux autres piliers de la démocratie américaine... et d'une modeste dragée ; en célébrant une Ceremony (New Order) entre la tradition de la common law, la fameuse "confession" protestante, une gouvernance confinée et confiée à une force invincible ou invisible, indicible, malheureusement indistinctement ciblée, sans cette mystérieuse rangée de continuités toutes à la fois détraquée, miséreuse, conduisant parfois à des désastres et à au théâtre du "Docteur Folamour" (Stanley Kubrick), une mascarade, quasi-suicidaire, mais également à une bienheureuse parabole, une parade, des magnifiques et "pacific palisades" (navet de Bernard Schmitt, avec néanmoins notre native Sophie Marceau ; cf. les priorités d'une pro.), parodique et équivoque...

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.