Fil d'actualité: l'après élection en Grèce

Fil d'actualité sur les tractations post-électorales. Dernière mise à jour le 15/05 à 16h25: Nouvelles élections à venir.

Fil d'actualité sur les tractations post-électorales. Dernière mise à jour le 15/05 à 16h25: Nouvelles élections à venir.

EDIT (15/05 à 16h25): Voir mon dernier article http://blogs.mediapart.fr/blog/mehdi-zaaf/150512/nouvelles-elections-en-grece

EDIT (15/05 à 15h25): Le bureau présidentiel a fait un communiqué dans lequel il déclare qu'une dernière réunion aura lieu demain à 13h dans le but de former un gouvernement qui s'occupera des affaires courantes et qui devra s'occuper de l'organisation des élections.

EDIT (15/05 à 15h10): La réunion s'est terminée. Aucun accord n'a été conclu. On s'oriente donc très probablement vers de nouvelles élections.

C'est ce qu'a confirmé Venizelos: Le pays s'oriente vers de nouvelles élections.

EDIT (15/05 à 13h10): La réunion a commencé entre Papoulias, Kammenos, Venizelos, Samaras, Kouvelis et Tsipras.

La réunion La réunion

EDIT (15/05 à 12h20): Le chiffre de 25 arrestations confirmé. Honte à eux.

Arrestation Syntagma © Babylon Media Arrestation Syntagma © Babylon Media

EDIT (15/05 à 12h10): Ce matin les marcheurs vers Athènes: activistes de plusieurs pays d'Europe occupaient la place Syntagma à Athènes, et se sont fait délogés par la police. ICI quelques photos. On parle de 25 arrestations, chiffre non confirmé.

Quelques précisions apportées par JPC13 en commentaire. Un grand merci à lui.

"Les GI auraient diffusé en off deux documents, l'un rappellant leurs positions (remise en cause de l'austérité, audit de la dette, etc.) mais aussi un second indiquant qu'ils seraient prêts à soutenir un gouvernement de coalition de courte durée (6 mois) en cas de danger pour le pays ou pour des raisons de sécurité nationale. Les conditions posées sont les suivantes : attribution au GI de la Défense, 2 postes de vice-pdt du gouvernement, des postes au sein de la société d'hydrocarbures.

Les GI ont réagi violemment à la diffusion de ce document le qualifiant de faux. Or, la Présidence de la République a officiellement reconnu l'existence de ce document..."

EDIT (15/05 à 11h50): Les négociations continuent donc aujourd'hui. Panos Kammenos (Grecs Indépendants) sera le premier à se rendre au palais présidentiel pour rencontrer Karolos Papoulias, le président de la république.

Une lettre obtenue hier par un journaliste de la TV Grecque NET affirmait que Kammenos pourrait soutenir le gouvernement, s'il obtenait une place de ministre de la défense. C'est, une fois de plus un coup de théatre, pour celui qui déclarait encore il y a quelques jours que même mort il ne négocierait pas.

Le contenu de la lettre a malgré tout été démentie par le leader nationaliste, affirmant par ailleurs qu'il avait perdu confiance. Sa participation au gouvernement pourrait donc être compromise.

Panos Kammenos sera à 13h (heure d'Athènes) au palais, et il sera suivi par tous les autres leaders excepté Nikolaos Michaloliakos (Chryssi Avghi, non invité) et Aleka Papariga (KKE, qui a refusé l'invitation).

EDIT (14/05 à 20h45): Panos Kammenos, des grecs indépendants a déclaré qu'il pourrait soutenir le gouvernement d'unité nationale s'il existe un risque de securité nationale.

Il rencontrera le président une heure avant les autres leaders demain, à 13h.

EDIT (14/05 à 20h20): Les déclarations des trois leaders ont donc été relativement vides. Chacun justifiant d'une manière différente leur support à un gouvernement oecuménique, ou "de personnalités" (technocratique).

Ce qui est sûr, c'est que les négociations continuent demain à 14h. Rien n'est donc fermé. Le fil d'actualité continuera évidemment demain à partir de 14h.

EDIT (14/05 à 20h05): Copie du CR d'Okeanews:

Déclaration de Samaras : Après le refus de la gauche démocratique de confirmer un gouvernement PASOK, ND, et la gauche démocratique, ce que je trouve arrogant, nous nous rencontrerons tous à nouveau demain. Nous devons tous prendre notre responsabilité car la population nous a donné non seulement un message mais aussi un ordre de coopérer.

EDIT (14/05 à 20h00): Kouvélis de la gauche démocratique (DimAr) a annoncé qu'il était contre l'idée d'un gouvernement de technocrates, qui serait, pour lui, la défaite de la politique. Il a insisité une fois de plus sur la nécessité de la formation d'un gouvernement oecuménique, incluant le soutien de SyRizA.

EDIT (14/05 à 19h50): Dans sa déclaration, Venizelos (PASOK) a confirmé que le président Papoulias avait proposé la formation d'un gouvernement technocrates de personnalités qui serait soutenu par le maximum de députés. Il a appelé l'ensemble de la classe politique à soutenir ce gouvernement, qui ne pourrait pas, selon lui faire face à une opposition forte.

EDIT (14/05 à 19h45): Les négociations continueront demain en début d'après midi avec tous les partis sauf Chryssi Avghi

EDIT (14/05 à 19h35): La discussion vient de se terminer. Kouvelis, Samaras et Venizelos ont chacun quitté le palais présidentiel sans faire de déclaration. Ils feront une allocution dans leurs QG respectifs.

Venizelos a seulement déclaré que ce n'était pas encore réglé laissant ouverte la possibilité d'une continuation des négociations.

A suivre.

EDIT (14/05 à 19h10): De nombreux médias rapportent que le président Papoulias propose actuellement un gouvernement de technocrates à Samaras (Nea Demokratia), Venizelos (PASOK) et Kouvélis (Gauche Démocratique).

EDIT (14/05 à 18h55): Alexis Tsipras, leader de la coalition de gauche radicale, SyRizA a tenu une interview de près d'une heure sur internet. Ce fut une interview très interessante, l'occasion pour lui de marquer ses positions, et rappeler son programme.

Il a commencé son intervention en rappellant la situation catastrophique de la Grèce, soulignant le rôle déterminant qu'ont tenu les deux grands partis pour amener le pays dans cet Etat. Il s'est indigné, rappellant qu'une échéance arrive demain, et que le gouvernement n'a pas décidé si le pays allait l'honorer ou non. C'est irresponsable a t-il dit.

Nous saurons ce soir s'il y aura un gouvernement de coalition PASOK, Nea Demokratia et DimAr, ils se sont apparament mis d'accord pour un plan de deux ans a t-il déclaré. 

Confirmant qu'il ne participerait pas à la réunion prévue ce soir avec le président, et les leaders des grands partis, il a souligné l'incompatibilité de sa formation avec les autres partis. Notre slogan c'était "ils ont décidé sans nous, nous avançons sans eux" comment pourrions nous coopérer avec eux?.

Il a particulièrement insisté sur l'irresponsabilité des deux partis qui gouvernent actuellement au chantage, faute d'avoir un plan.

Tsipras a signalé une fois de plus que le mémorandum avait perdu toute légitimité lors des élections du 6 mai, et que nous devions maintenant trouver une solution pan-européenne. L'austérité détruit la Grèce, l'Euro, et l'Europe. Il a répondu à Samaras qui considère que son ennemi est à gauche, alors que son vrai ennemi, c'est lui-même qui l'avait violemment, et recuremment accusé ces derniers jours de vouloir sortir de l'euro.

Nous souhaitons rester dans l'euro, mais sans les mesures d'austérité desastreuses a t-il réaffirmé, avouant cependant qu'il ne pouvait pas garantir que les membres de l'Euro Zone (ne) prennent (pas) de décisions auto-destructrices.

En accord avec ses déclarations précédentes, Tsipras a continué son entreprise "d'européisation" du problème grec. Nous chercherons à convaincre nos partenaires de l'Euro Zone que ce que nous avons là est un problème européen, et que l'on doit donc y trouver une solution européenne

Interrogé sur les déclarations récentes de Kouvélis, et de Papariga, il a regretté la mauvaise volonté de ses partenaires de gauche, insistant une nouvelle fois sur la nécessité d'une gauche forte en Grèce comme en Europe. Le pays doit être gouverné soit par des forces pro-memorandum, soit anti-memorandum, la gauche doit chercher à s'entendre!.

A propos des autres forces, il a souhaité bonne chance à Venizelos pour retablir le PASOK comme il le voudrait, assurant qu'il coopérerait avec lui si jamais il réalisait ce rétablissement. Quant aux électeurs de droite, il s'est montré plutôt clément, assurant que de nombreuses personnes de droite ont voté pour nous, nous vuolons construire une base électorale solide avec eux aussi. Il a particulièrement insisté sur le fait que la ligne de séparation dans la politique grecque n'était plus droite/gauche, mais anti ou pour mémorandum.

Parlant de son parti, il a précisé qu'il était en refondation. Ce sont ceux qui ont voté pour SyRizA qui sont le parti maintenant et c'est à cause du changement de base electoral que nous reconstruisons le parti. Nous attendons des votants qu'ils nous montrent la voie à suivre.

Tsipras a condamné la loi électorale (des 50 sièges) précisant qu'était actuellement en cours une transformation de la coallition SyRizA en parti, dans le but d'obtenir ces 50 sièges.

A propos de la politique française Tsipras a confirmé qu'il ésperait une coopération avec Hollande,il a confirmé avoir demandé dès le surlendemain des élections à rencontrer François Hollande qui a refusé sous pression du ministre des affaires étrangères allemandes. Il a précisé que son parti "frère" était le Front de Gauche (en français), ayant des relations proches avec Jean-Luc Mélenchon. Il a ajouté qu'il restait vigilant face au nouveau président français: Hollande a la possibilité de changer les choses. J'espère qu'il ne se transformera pas en "Hollandréou.

Sur la défaite de Sarkozy, et de Merkel en Rhénanie du Nord-Westphalie, il a salué la rupture entamée de l'axe franco-allemand.

Il s'est enfin montré ouvert, et pragmatique sur les questions d'immigration, précisant que cela restait un problème et qu'il fallait y réflechir tous ensemble, tout d'abord en revoyant la régulation de Dublin II. De même sur les questions nationales (Macedoine en particulier), appellant toujours au débat, et à la discussion posée et réflechie.

Alexis Tsipras s'est montré très humain et personnel dans ses réponses. Ce fut une interview vraiment interessante qui confirme une fois de plus son sérieu, et sa différence de niveau évidente avec les autres leaders.

Excusez moi pour la mauvaise qualité du compte-rendu, l'actualité continue: Samaras, Venizelos, et Kouvélis sont actuellement au palais présidentiel avec le président Papoulias. Est ce que ce qu'a déclaré Tsipras sur un accord fait entre les trois s'avérera vrai? Nous le saurons dans quelques minutes. J'actualiserai au plus vite le billet.

BONUS: Hier soir, Mega (TV grecque) a diffusé un reportage passionant sur Chryssi Avghi. A remarquer, une interview de Michaloliakos, le leader du parti néo-nazi, qui a nié explicitement l'existence de la shoah:

YouTube

EDIT (13/05 à 22h30): Kouvelis vient de terminer sa déclaration à l'issue de sa discussion avec le président.

Le président m'a déclaré que la formation d'un gouvernement oecuménique n'était pas possible a t-il déclaré.

Nous n'avons donc toujours pas, en ce soir du 13 mai, de gouvernement en Grèce.

Pour autant, Kouvélis a parlé de gouvernement oecuménique (qui devait inclure SyRizA), et laisse donc ouverte la possibilité d'un gouvernement de coalition Nea Demokratia - PASOK - Gauche Démocratique.

Les négociations continueront demain, à partir de 19h30 (heure d'Athènes).

EDIT (13/05 à 21h25): Copie du compte-rendu d'Okeanos:

Le président de l’aube dorée vient de finir sa déclaration :

Il est d’accord sur le fait qu’un gouvernement de coalition doit se créer pour le bien du pays, mais dans le but de supprimer le mémorandum. Il a indiqué que les grecs, le 6 mai ont donné le message clair qu’ils sont contre le mémorandum et que celui ci aurait déjà du être supprimé. Il s’est prononcé pour un audit de la dette.

Il a parlé de la politique extérieure, notamment concernant la réunion de l’OTAN à venir. Il a également parlé de la zone économique exclusive qui doit être discutée.

Il a mentionné l’exploitation des ressources énergétiques nationales. Il a parlé du sujet de l’immigration et il pense que l’ONU et l’UE doivent prendre leur responsabilité sur ce sujet. Il souhaite supprimer toutes les lois qui protègent les hommes politiques.

Pour lui la solution est d’avoir une personne qui a des connaissances, un profil international qui permettrait d’accompagner la Grèce hors du memorandum.

En conclusion, il a demandé si les journalistes avaient des questions. Aucun des journalistes présents n’a souhaité lui en poser.

EDIT (13/05 à 21h05): A la sortie de sa rencontre avec Papoulias, Aleka Papariga (KKE) a une fois de plus répété son refus de participer à un quelconque gouvernement. Elle a accusé les partis de s'être comportés irresponsablement ces derniers jours ce qui, il faut l'avouer, n'est pas faux. Elle a par ailleurs annoncé qu'elle voyait la Grèce s'orienter vers de nouvelles élections. Répétant son refus de l'austérité, elle a appellé le peuple à saisir la chance historique de renforcer le KKE qui, présent à l'assemblée, s'opposera vraiment au mémorandum.

Papariga a elle aussi mentionné la lettre rédigée par Papademos pour le président. Le président ayant indiqué que son contenu ne devait pas être divulgué, elle n’a pas souhaité la lire : Je ne veux pas lire un document si je ne peux pas partager son contenu avec la population.

EDIT (13/05 à 19h55): Selon AthensNews Georges Papandréou aurait twitté que l'ordre était donné pour qu'un gouvernement se forme dans l'heure, le tweet a disparu.

EDIT (13/05 à 19h40): Un tweet d'@Irategreek: De nombreux médias rapportaient que Tsipras déclarait ce matin qu'une coallition PASOK/ND/DimAr était actée. DimAr dément.

A suivre.

EDIT (13/05 à 19h30): Panos Kammenos, du parti des grecs indépendants a rencontré Karolos Papoulias, le président. Il a rappelé par la suite les points pour lesquels il accepterait de participer à un gouvernement. Sa proposition "sérieuse" c'était cela finalement, seulement remettre sur la table son programme anti-mémorandum patriote. Il l'a rappelé en 7 points:

1. Etablissement immédiat d'une Zone Economique Exclusive (pour pouvoir exploiter les ressources maritimes grecques)

2. Audit immédiat de la Banque de Grèce

3. Audit de la dette depuis 1974.

4. Immédiate suppression du mémorandum.

5. Revision de la culpabilité ministérielle

6. Enquête parlementaire sur les actions menées par le gouvernement depuis 2009.

7. Pression pour obtenir la réparation des Allemands (relative aux dégats engendrés pendant l'occupation et les prêts contractés).

Il a terminé en déclarant: Il n'y a pas de renégociation du mémorandum. On ne peut que l'accepter, ou le rejeter réaffirmant donc une fois de plus son refus du mémorandum.

EDIT (13/05 à 18h30): Kouvelis, le leader de la gauche démocratique (DimAr) a multiplié les attaques virulentes contre Tsipras et SyRizA, l'accusant de mentir et de ne pas vouloir gouverner, seulement agissant pour que de nouvelles élections se tiennent. Des membres de SyRizA ont eux aussi répondu de manière froide, affirmant qu'ils espéraient que Kouvelis ne prenne pas part à la coalition de la gauche radicale.

C'est assez symbolique, puisqu'il y a encore quelques jours, Kouvelis et Tsipras s'étaient mis d'accord pour faire une coallition.

La question se pose alors: Est-ce que Kouvelis fait cela pour justifier une coallition avec ND et le PASOK sans SyRizA? Même si ce serait un suicide politique, la ligne rouge a été dépassée cette semaine, lorsqu'il a négocié de manière assez ouverte avec les deux grands partis, alors même qu'il avait juré de ne jamais coopérer avec eux. Avec ou sans coopération, la DimAr sera très certainement punie si jamais des élections se tenaient.

Par ailleurs, Panos Kammenos, le leader des grecs indépendants, a déclaré sur la télévision Skaï qu'il allait soumettre "une importante proposition pour trouver une solution". Resté à l'écart pendant ces tractations, il ne faut pas perdre de vue que Kammenos et son parti ont fait plus de 10% dimanche dernier, et possèdent de fait une certaine force de négociation. A suivre.

Kammenos discute actuellement avec le président. Il sera suivi par Papariga (KKE), Mixaloliakos (Chryssi Avghi) et Kouvelis (DimAr).

Bonus: Chryssi Avghi a distribué des flyers à Gazi (quartier fréquenté par les commautés gay à Athènes) indiquant "Après les immigrés, vous êtes les prochains".

EDIT (13/05 à 14h20): Je copie le compte rendu de la déclaration de Tsipras, traduite par Okeanos.

"L’allocution de Tsipras (Syriza) vient de se terminer :

Les 2 partis continuent ce qu’ils ont toujours fait : du chantage au peuple qui a pourtant fait un choix clair. Ils insistent pour que Syriza coopère avec eux dans une politique que nous refusons. Ils nous demande de continuer leurs erreurs. Je leurs ai encore dit que nous ne changeons notre position, ni avant les élections, ni après.

Aussi longtemps qu’ils veulent continuer leur politique d’austérité, ils n’auront pas le soutien du peuple. Ils nous demandent d’être responsables de leurs erreurs, mais au nom de la démocratie, nous ne pouvons accepter.

Aux citoyens, je souhaite leur assurer une seule chose : nous n’allons pas vous trahir et nous ne laisserons pas l’espoir mourir."

Par ailleurs, Tsipras a demandé la publication de l'enregistrement de sa réunion avec les autres leaders.

EDIT (13/05 à 13h50): La rumeur d'un gouvernement "oecuménique" semble fausse. Evangelos Venizélos, leader du PASOK a tenu un (long) discours devant l'ensemble des candidats de son parti. 

- Il a pendant assez longtemps fait le bilan de l'action du PASOK, et de la défaite du 6 mai provoquée par une mauvaise stratégie politique, et de mauvaises décisions.

- Il a tenté de sauver les meubles, en essayant de souligner ce que le PASOK avait fait de bien, à savoir: reduction de la dette maintien de la Grèce dans la zone euro.

- Cela avait l'air d'être une sorte de lancement de campagne, Venizelos ayant essayé tout au long de ce discours de motiver ses troupes. Il a évoqué un renouvellement du PASOK nécessaire pour repartir sur de bonnes bases. Cela résonne avec les actions d'avant-hier, lorsqu'il avait dissout le comité politique, et parlé d'une "renaissance" du parti.

- Il n'a que très peu cité le nom du parti, et n'a presque jamais assumé clairement les conséquences des décisions qu'ils ont pris, parlant même des décisions qu' ils ont prises. C'est le monde à l'envers. 

- En se disant encore optimiste qu'une solution soit trouvée, il a indirectement avoué que les négociations avaient échoué, laissant apparaitre plus probable la tenue de nouvelles élections. Il a précisé, à la fin du discours qu'il voulait par dessus tout un gouvernement de toutes les forces pro-europe, même s'il se disait prêt pour de nouvelles élections.

Les négociations vont continuer. K.Papoulias recevra le chef de file des Grecs Indépendants, Panos Kammenos, à 19h30 heure grecque, puis les responsables du KKE, Chryssi Avghi et de la gauche démocratique (DimAr).

Adieu Acropolis Adieu Acropolis

Ils suivent le protocole, mais il est maintenant presque certain que nous partons pour de nouvelles élections.

Sans transition, à voir la couverture du Der Spiegel de demain. Pourquoi la Grèce doit immédiatement quitter l'euro Le journal de demain argumentera en faveur de la sortie de la Grèce de zone euro. Un peu comme on en parlait dans les commentaires, les allemands les premiers agitent le chiffon rouge, histoire tout d'abord de convaincre une population demandeuse d'arguments dans ce sens, ensuite de répandre ces idées en Europe, pour qu'elles arrivent en Grèce, et pressent les grecs qui ont "mal voté" de se remettre dans le droit chemin.

Bonus: 22% des premiers votants, ont voté pour Chryssi Avghi, preuve que l'électorat du parti est très volatile, renforçant ma conviction selon laquelle en cas de nouvelles élections, le score du parti néo-nazi sera bien plus faible.

EDIT (13/05 à 12h35): Le président Karolos Papoulias a rencontré les leaders des trois premiers partis: Venizelos, Samaras et Tsipras. La rencontre s'est terminée et aucun des trois n'a fait de déclaration. Nous attendons maintenant la déclaration du président.

De nombreuses sources rapportent que va être formé un gouvernement de technocrates, un peu comme celui que l'on avait depuis novembre.

Les grands partis ont tellement peur de faire de nouvelles élections, ce qui signifierait laisser une chance historique à SyRizA de devenir premier parti de grèce, qu'ils sont donc prêt à tout, même à renier le vote des grecs du 6 mai, qui se sont largement exprimés contre le mnimonio.

Je réactualiserai dès qu'on a de nouvelles infos.

EDIT (11/05 à 19h45): Venizelos et Tsipras se sont rencontrés ce soir.

Dans une intervention dans la lignée des précedentes, à savoir claire et pertinente, Alexis Tsipras, le leader de SyRizA a dit "NON" à un gouvernement "oecuménique" avec ND PASOK et DimAr.

Par la suite, Venizélos a déclaré qu'il rendrait demain son mandat au président Papoulias, qui devra malgré tout accueillir les chefs de parti pour tenter une dernière fois de faire un gouvernement. Les chances de réussite sont infimes.

Nous partons donc à priori pour de nouvelles élections.

Tsipras a joué un jeu très intelligent, n'entrant pas une seule fois dans le jeu des grands partis qui ont passé tout leur temps à taper sur Tsipras. Ils ont continué en quelque sorte à faire de la politique de la même manière qui les amène aujourd'hui à ne représenter qu'une toute petite partie de la population.

En ne jouant pas ce jeu, en restant sérieu, et fidèle aux valeurs qu'il défend depuis quelques années maintenant, Tsipras a montré que la dynamique de SyRizA est quelque chose "d'autre" que ce que proposent encore aujourd'hui les partis traditionnels.

Tsipras a acquis, depuis le 6 mai une légitimité, une crédibilité immense qui lui permettra potentiellement de devenir, dans un mois, le premier parti de Grèce.

EDIT (11/05 à 13h15): Ce matin, Evangelos Vénizelos (PASOK) a donc rencontré Antonis Samaras (Nea Demokratia), qui a tenu une conférence de presse juste après.

Comme dans toutes ses déclarations auparavant, Samaras a très largement critiqué SyRizA arrivé deuxième aux élections, mais qui n'était pas préparé aux responsabilités que la seconde place implique. Il a insisté, une fois de plus sur l'inexistence présupposée de projet de la coallition de la gauche radicale, laissant entendre qu'ils souhaitaient que la Grèce sort de l'EuroZone.

Il a globalement mentionné deux scénarios assurant qu'  (Il) soutiendrait la meilleure solution, bien qu'étant préparé à toute éventualité.

- Un gouvernement "oecuménique" comme on l'appelle ici, rassemblant PASOK, Nea Demokratia, la gauche démocratique (DimAr) et SyRizA. Mais il est très peu probable qu'Alexis Tsipras accepte un tel scénario.

- Un gouvernement (moins) "oecuménique" rassemblant PASOK, Nea Demokratia et la Gauche democratique (DimAr). Mais Fotis Kouvélis, responsable de DimAr a précisé qu'il ne participerait pas à un gouvernement seulement avec ND et PASOK. Si SyRizA ne change pas d'avis, de nouvelles élections se tiendront a t-il précisé ce midi.

Il est donc très peu probable que ces deux scénarii se réalisent, et c'est bien la tenue de nouvelles élections qui semble l'éventualité la plus vraisemblable. On parle du 10 ou du 17 juin.

Nous attendons la déclaration d'Alexis Tsipras, qui doit venir dans les prochaines minutes, où il mettra très certainement au clair ses positions.

Il rencontrera ce soir de nouveau Evangelos Venizelos et Antonis Samaras.

BONUS 2 : Une étude électorale montre que + de 50% des policiers grecs ont voté pour Chryssi Avghi. On comprend mieux toute la violence de ces dernières années.

EDIT (10/05 à 20h30): la réunion Venizelos/Kouvelis fait beaucoup parler. Kouvelis et son parti, la gauche démocratique (DimAr, utilisons ce sigle pour ne pas nous perdre) ont semble t-il effectué un virage en laissant ouverte la possibilité d'une coopération avec les deux grands partis ND et PASOK.

Pour autant, alors qu'il l'avait sous-entendu dans son discours après la rencontre, il a immédiatement précisé aux TV, ainsi que sur Twitter qu'il ne participerait pas à un gouvernement seulement composé de ND et PASOK.

D'après diverses sources, le PASOK et DimAr ont précisé qu'ils considéraient la participation de SyRizA dans le gouvernement comme condition sine qua non à la formation de ce gouvernement.

Ce qu'on peut voir à travers cela, c'est certainement une volonté de destabiliser SyRizA en le plaçant dans une position d'opposition. Pour autant cela apparait quelque peu maladroit. Kouvelis avait en effet déclaré il y a 2 jours qu'il souhaitait, avec Tsipras, une alliance de la gauche, et avait surtout précisé qu'il refusait toute coopération avec les 2 grands partis.

Il est indéniable que c'est SyRizA qui va sortir vainqueur de tout ce jeu politique. Il est apparu beaucoup plus sérieu, et n'a jamais joué le moindre rôle dans ce jeu, dont tous les grecs en ont raz-le-bol.

C'est d'ailleurs ce que confirme un sondage sorti sur la chaine ALFA qui donne le résultat suivant:

- SyRizA 27.7% et 128 sièges* (contre 52)

- ND 20.3% et 57 sièges (contre 108)

- PASOK 12.6% et 36 sièges (contre 41)

- Grecs Indépendants 10.2% et 29 sièges (contre 33)

- KKE 7% et 20 sièges (contre 26)

- Chryssi Avghi 5.7% et 16 sièges (contre 21)

- Gauche Démocratique (DimAr) 4.9% et 14 sièges (contre 19)

* A condition que SyRizA change son statut de coallition à Parti, condition indispensable pour recevoir les 50 sièges du bonus electoral.

La lettre qu'a envoyé Tsipras aux dirigeants européens est trouvable ICI (en Anglais). J'en ai traduit quelques morceaux:

Après le 6 mai la politique du mémorandum n'est plus politiquement légale.

La continuation du programme de sauvetage conduira l'économie à la catastrophe, sans espoir de redécollage 

La structure du mémorandum doit être revue puisque cela met en danger la stabilité de la Grèce et de l'Eurozone

BONUS: Au cas où on aurait encore des doutes quant à la nature de Chryssi Avghi, un député de Chryssi Avghi a déclaré aujourd'hui sur la télé grecque SKAI: "Hitler n'a jamais été jugé par l'histoire". 

EDIT (10/05 à 18h15): Evangelos Venizelos, leader du PASOK a reçu en début d'après midi le mandat du président pour former un gouvernement. C'est le troisième, après les "echecs" d'Antonis Samaras et Alexis Tsipras. Si jamais il ne réussissait pas à composer une majorité, le président convoquerait de nouvelles élections.

Mais, info de dernière minute, à la sortie de sa rencontre avec Fotis Kouvelis, chef de file de la gauche démocratique, Venizelos a laissé entendre qu'il y avait possibilité de formation d'un gouvernement d'union nationale jusqu'en 2014Nos vues coincident et le premier pas est, sinon optimiste, un bon présage a t-il déclaré.

Kouvelis, comme Venizelos ont précisé les objectifs de ce gouvernement:  le maintien de la Grèce dans l'euro et la "cessation progressive" du mémorandum. 

Tout dépend maintenant de la réponse d'Antonis Samaras, leader de Nea Demokratia, que Venizelos rencontrera demain, dans la matinée. Venizelos a précisé qu'il souhaitait de nouveau rencontrer Alexis Tsipras, et a assuré avoir appelé le KKE à discuter, juste pour la forme.

Alors que ND et PASOK ne réunissaient seulement 149 députés, le soutien de Kouvélis, qui avait pourtant préalablement soutenu Tsipras et sa formation, permettrait aux deux grands partis de continuer leur épopée au pouvoir. C'est donc un autre coup de théatre dans ces négociations qui durent maintenant depuis 4 jours.

EDIT (09/05 à 21h20): Alexis Tsipras a fait une déclaration il y a quelques minutes, au cours de laquelle il a commenté l'action effectuée depuis hier. Il a annoncé ne pas avoir réussi à former un gouvernement, et donc qu'il rendrait demain son mandat au président. Nous ne pouvons faire du rêve d''un gouvernement de gauche une réalité parce qu'à défaut d'avoir un support social nous n'avons pas de support politique Il a remercié Fotis Kouvelis, chef de la gauche démocratique, qui lui a apporté son soutien précisant tout de même: Mais nous nous demandons où nous serions maintenant si ce soutien était venu avant les élections. A propos du KKE, qui a refusé toute discussion, il a déclaré: Nous sommes grandement attristés par la position du KKE, nous avons raté une chance historique, et cela leur revient

Il a beaucoup critiqué les deux partis, et particulièrement Samaras. Les partis de la coallition n'ont pas arrété de nous taper dessus, disant que nous représentions le danger de sortir de l'eurozone, mais leurs politiques nous ont coûté 75 milliards d'euros!.

Il a par ailleurs ironisé sur tous ceux qui ne pouvaient nous supporter auparavant et qui soudainement nous aime et nous offre leur soutien. Statuant: Le peuple nous a donné un ordre: mettre fin au mémorandum il a précisé qu'il avait demandé à tous les partis d'accepter la chose suivante: plus de mesures d'austérité et refus du mémorandumDans la vie on ne peut être "un peu enceinte" comme on ne peut être "un peu dans le mémorandum a t-il précisé.

Le leader de la coalition de gauche radicale en a profité pour repréciser quelques points de son programme: Retour des retraites et des salaires à leur niveaux précédents, changement immédiat du système politique et de la loi éléctorale et création d'un corps d'audit pour étudier en précision la dette grecque.

Il l'a bien précisé: La crise n'est pas grecque, elle est systèmique, européenne. Nous devons donc trouver une solution européenne. Et c'est certainement pour cela qu'il se rendra demain à Paris rencontrer les membres du Parti de Gauche Européen.

EDIT (09/05 à 20h): Tsipras a terminé son entrevue avec A.Samaras qui a tenu juste après une conférence de presse au cours de laquelle il a précisé qu'il avait l'intention de soutenir un gouvernement d'unité nationale seulement (encore une fois) s'il y a maintien de la Grèce dans la zone euro. Il a pour autant précisé: Mais son plan nous conduit à sortir de l'EuroZone, pas à la renégociation du plan de sauvetage. Il ne me demande pas de retirer ma signature mais de signer la sortie de la Grèce de l'EuroZone. Bref, Samaras continue ses critiques, visant à décrédibiliser Tsipras et sa formation, dont il craint, à juste titre, qu'il fasse un gros score aux futures élections.

Le KKE a par ailleurs diffusé un communiqué dans lequel ils demandent la tenue immédiate d'élections.

EDIT (09/05 à 19h15): La rencontre avec Venizelos vient de se terminer. Il a annoncé avoir essayé de convaincre A.Tsipras de participer à un gouvernement d'union nationale avec toutes les forces politiques qui souhaitent que la Grèce reste dans l'Union Européenne et la zone euro. Si jamais cela ne se réalisait pas, Venizelos a annoncé qu'il était d'accord pour donner le soutien de sa formation à un gouvernement SyRizA et Gauche Démocratique. Il a répété de nombreuses fois que sa seule condition serait toujours le maintien de la Grèce dans l'UE. Il n'a par contre pas précisé si, comme l'avait avancé la chaine de télévision NET, il signerait la carte qui sera envoyée aujourd'hui ou demain aux dirigeants européens. Son intervention restait donc assez flou sur son soutien à Tsipras, même s'il n'a pour autant pas rejetté l'idée d'une coopération.

Par ailleurs, A.Tsipras se rendra demain à Paris pour rencontrer les forces du Parti de Gauche Européen, dont Jean Luc Mélenchon. François Hollande n'a toujours pas clairement refusé de voir le leader de la gauche radicale, mais l'entrevue Merkel Hollande Tsipras dont parlaient les médias n'est plus d'actualité.

La formation d'un quelconque gouvernement reste malgré tout quasi impossible, et Samras, Tsipras, comme Venizelos le savent très bien. Ils profitent de ce moment de politique de premier plan pour montrer leur bonne volonté et convaincre leur potentiel électorat de tout leur sérieu:

- Samaras a fait le choix de ne pas faire de gouvernement, sachant très bien que ce serait un suicide politique de coopérer avec des forces, lui qui promettait de faire un gouvernement lui même sans faire une quelconque coallition avec le PASOK qu'il a critiqué pendant 2 mois.

- Tsipras profite de ce moment de premier plan, le premier dans sa vie et pour une personne autre que celles issues des 2 grands partis, pour faire la promotion de son programme, et pour montrer qu'il reste fidèle à ce qu'il disait avant la campagne. Il a déjà accueilli 6 responsables de partis depuis hier, essayant donc de prouver qu'il souhaite vraiment une grande coallition des partis qui s'opposent au mémorandum.

- Demain, ce sera au tour de Venizelos de recevoir le mandat du président, et il a assuré qu'il tenterait malgré tout de former un gouvernement. Il va surtout tenter de montrer son sérieu, histoire de sauver les meubles. Malgré son appartenance au PASOK Venizelos est une personnalité très estimée, qui a rejoint le parti socialiste au pire moment. C'est un très bon orateur, qui apparait comme quelqu'un de responsable, ce qu'il tentera de montrer dès demain, lorsqu'il recevra le mandat du président, Karolos Papoulias

EDIT (09/05 à 16h40): Rumeur de dernière minute relayée par la chaine publique ERT, Venizelos, chef du PASOK pourrait signer la lettre qu'a demandé et que va envoyer Tsipras aux responsables européens statuant que les conditions de sauvetages deviennent caduques. Ce serait un veritable coup de thêatre, de la part du parti qui a durant 2 ans signé toutes ces conditions.

Par ailleurs, selon un journal de wall street (@djfxtrader) les responsables de l'EuroZone seraient actuellement en train de discuter d'un report du paiement des 5.2 milliards qui devaient être versés demain.

Tsipras vient de rencontrer Panos Kammenos, leader des Grecs Indépendants, qui a donné une conférence de presse affirmant que l'heure n'est pas à faire un front, impossible à réaliser compte tenu du nombre insuffisants de députés de SyRizA et DimAr rassemblés et à cause de la non-participation du KKE. Surtout il a réaffirmé sa volonté de parler d'immigrés et des thèmes nationaux "traditionnels": Chypre (projet AOZ), Macédoine, et Thrace.

Tsipras rencontre à 18h (heure grecque) E.Venizelos, et rencontrera par la suite A.Samaras.

EDIT (09/05 à 14h00): Alexis Tsipras doit rencontrer les leaders de Nea Demokratia et du PASOK cet après midi. 4 organisations syndicales (les plus importantes) ont eux refusé de rencontrer le leader de la coallition de gauche radicale, SyRizA.

Tsipras rencontrera par contre JL Mélenchon et Pierre Laurent (président du Parti de Gauche Européen). Il a demandé à Hollande de le rencontrer, mais nous attendons encore la réponse du nouveau président français. La télé grecque NET informe que Tsipras cherche à contacter ou rencontrer François Hollande. Il montre par cela sa volonté "d'européiser" le processus politique en cours.

Samaras, comme hier a continué son entreprise de critique de Tsipras, en se plaçant presque explicitement derrière l'Europe, appellant à la formation d'un grand front européen de centre-droit précisant que (son) parti est le seul pilier de stabilité, engagé dans le maintien de la Grèce dans la zone euro. Tout a l'air donc de se passer dans le sens où je l'avais précisé hier soir.

Info qui est tombée ce matin, les élections de juin 2011 (s'il y en a) se tiendront avec le census de 2001 et non celui de 2011, changeant le nombre de députés par circonscription. Je ne connais pas encore les détails de cette modification, dès que 'jai plus d'infos, je préciserai.

Autre petite précision à propos d'une modification de la loi éléctorale, et en particulier le bonus des 50 sièges. Si jamais une majorité simple le vote, cela ne sera pas applicable aux élections à venir mais pour ceux qui suivront. Par contre, si l'assemblée vote la modification à 2/3 de députés, cela sera applicable aux élections suivantes. Etant donné que l'on en avait parlé adns les commentaires, je précise ici.

 

EDIT (08/05 à 19h20): Evangelos Venizelos, chef du PASOK a déclaré vouloir la formation d'un gouvernement "unissant toutes les forces qui veulent la Grèce à l'intérieur de l'Eurozone et de l'Union Européenne". La limite imposée par l'ancien premier parti de Grèce, aujourd'hui à 13% est donc la présence dans l'UE, ce qui jusqu'à nouvel ordre n'empêche pas la participation d'Alexis Tsipras. On voit encore ici, comme j'ai déjà pu l'expliquer dans un commentaire en bas de la page, toute la difficulté de Tsipras, qui veut rassembler toute la gauche, mais qui effectuerait un véritable suicide politique en s'alliant avec le PASOK (qui, vous me direz, n'est pas de gauche).

En regardant la télé grecque (NET), et en voyant les déclarations qu'a fait Antonis Samaras cet après midi, je constate que ce que j'avais écris dans mon article du 09 avril 2012 semble se réaliser. J'écrivais alors à propos de Samaras: Celui qui était un des plus vigoureux contestataires des plans d’austérité en deviendrait alors le premier défenseur. En assurant qu'il est un rempart contre la sortie de l'euro, et en critiquant SyRizA aussi vigoureusement, il veut apparaitre comme celui qui empêchera la Grèce de sortir de l'euro, et de tomber dans le désordre. Il pourrait, si Tsipras joue mal son coup, devenir très bientôt le nouvel interlocuteur privilégié de l'Europe et devenir à son tour le grand défenseur des plans d'austérité, justifiant cela auprès de ses votants comme une garantie de l'ordre.

ΕDIT (08/05 à 18h40): SyRizA a annoncé qu'ils préparaient actuellement une lettre qu'ils enverront à Mr Barroso (Commission Européenne), Draghi (Banque Centrale Européenne) et Van Rompuy (Conseil Européen). Ils comptent remettre en cause la signature des deux grands partis (ND/PASOK) qui ne sont plus représentés aujourd'hui que par "une minorité du peuple grec".

EDIT (08/05 à 18h10): Antonis Samaras a entamé les discussions avec le parti "accord social" (kinoniki symfonia) qui avait fait 0.96% dimanche. Ce parti, dont la co-chef est Louka Katseli est une scission du PASOK faite par des anciens cadres proches de Georgos Papandréou. Il est accompagné de Manolis Glezos, grande figure de la resistance, qui fait partie des cadres du parti.

Les verts (2.93%) ont annoncé ne pas soutenir Tsipras et se "réfugier derrière une bannière anti-mémorandum". "Nous ne pouvons juste dire non, sans plan de sortie de crise."

Alors même qu'Antonis Samaras a essayé pendant moins de 5 heures de former un gouvernement avant d'abandonner, ne profitant pas des 3 jours qui lui étaient donnés, il a, dans un discours critiqué très durement Alexis Tsipras.

- Il lui a reproché de faire tout son possible pour ne pas former de gouvernement.

- Il a estimé que derrière ses discours, ce que cherche Tsipras est la sortie pure et simple de l'euro.

On peut voir cela comme une tentative de décrédibiliser la nouvelle force émergente. Comme durant la campagne, Samaras joue sur la peur des citoyens grecs. Cette fois-ci il ne parle pas des étrangers, mais de la sortie de l'euro. En faisant cela, il tente de faire passer SyRizA comme un parti d'extrême gauche. De nombreux journalistes et cadres du parti se sont d'ailleurs à plusieurs reprises enervés sur les plateaux de télé, contestant cette étiquette d'"extrême gauche".

EDIT (08/05 à 17h30): Alexis Tsipras a été à son tour mandaté par le président de la République pour former un gouvernement. C'est le premier candidat de gauche dans l'histoire contemporaine grecque à être au premier plan. Il a assuré qu'il utiliserait ses trois jours pour essayer jusqu'au bout de composer une majorité. Cela est presque perdu d'avance, mais c'est l'occasion pour lui de faire valoir ses idées, pour justifier son score et asseoir (ou créer) une légitimité. Cela est essentiel, tant son electorat est volatile. Alexis Tsipras semble faire son travail doucement mais sûrement, apparaissant sérieux, et déterminé. Son discours n'a pas changé depuis la période pré-électorale.

Tsipras confirme mon impression. A sa manière il répand ses idées, radicales, mais justifiées. Il dit ce qu'il doit dire, pour rassembler sans en faire trop, pour ne pas tomber dans les travers des deux partis qui à force d'avoir trop promis ne promettaient plus rien.

- Il vient de proposer l'abolition la loi du bonus electoral (des 50 sièges) pour l'établissement d'une proportionnelle simple

- Il a également promis la suppression de l'immunité parlementaire (c'est incroyable, enfin quelqu'un qui a le courage de le dire et de le faire (?) )

- Il a remis en cause la politique d'austérité européenne, en demandant aux deux responsables des grands partis, Venizelos et Samaras d'envoyer une lettre certifiant l'abandon des engagements qu'ils avaient pris auparavant.

- D'une certaine manière, il a "européisé" la crise, en faisant bien valoir que la crise est bien européenne et non grecque.

- Il a appelé tous les partis à former une vraie unité au cours des prochaines élections, s'il y en avait. (Tous les petits partis, majoritairement de gauche, avaient rassemblé... 19% dimanche dernier.)

- Fotis Kouvelis, et son parti, la gauche démocratique a certifié qu'il rejoindrait Samaras, assurant sa volonté de participer à un mouvement qui veut rester dans l'Europe mais qui refuse l'austérité.

- Aleka Papariga, chef du KKE a refusé toute discussion avec Tsipras.

J'ai expliqué dans les commentaires en dessous quelques détails, en reponse à des questions qui m'étaient posées. N'hésitez pas à me poser vos questions, je prendrai le temps de vous répondre. J'ai honte de voir combien on n'en sait si peu sur la Grèce, alors que nous vivons un moment clé pour l'avenir de la Grèce et celui (très lié) de l'Europe.

EDIT 07/05 19h30: Samaras vient de renoncer à former un gouvernement, Tsipras, et ensuite Venizelos vont donc être chargés de former un gouvernement. Il est cependant très probable qu'ils n'y arrivent pas, nous partons donc certainement pour de nouvelles élections dans moins d'un mois.

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