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Billet de blog 24 janv. 2023

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Moi, végane, écolo et fatiguée – 2. quelques définitions

Ce 2e billet sur le sujet tente de démêler l’imbroglio des végétarisme, végétalisme et véganisme, tout ce qu’il y a entre et même un peu en dehors car on le verra, les restrictions volontaires, qu’elles soient alimentaires ou autres, ne concernent pas que les végéta*iens ou véganes, loin de là.

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(Pour l’introduction à cette série de billets, c’est ici. Pour la suite, c'est .)

Comme annoncé dans le premier billet, celui-ci sera consacré à tenter de démêler l’imbroglio des végétarisme, végétalisme et véganisme, et tout ce qu’il y a entre et même un peu en dehors car on le verra, les restrictions volontaires, qu’elles soient alimentaires ou autres, ne concernent pas que les végéta*iens ou véganes.
Et comme j’ai été très bavarde, je scinde cette partie en 2. Ce billet s’attaquera donc surtout aux notions de flexitarisme, végétarisme et végétalisme.

NB : je désignerai pour le moment par « omnivore » la personne qui mange de tout, même si c’est une dénomination incorrecte. Mais attaquer directement par « carniste », vu comment ce mot est employé de façon insultante par certains, ne me semblait pas une bonne idée.

Commençons par des définitions simples et concises :

  1. le flexitarisme consiste à réduire sa consommation de viande et/ou de produits d’origine animale.
  2. le végétarisme consiste à ne pas manger de chair animale ;
  3. le végétalisme consiste à ne manger aucun produit d’origine animale ;
  4. le véganisme consiste à refuser l’exploitation animale.

L’on remarque immédiatement que les 3 premiers termes désignent une pratique alimentaire exclusivement alors que le dernier a l’air plus global et que sa définition la plus dépouillée ne fait même pas allusion à l’alimentation.

En général, ses définitions plus détaillées le raccrochent cependant au végétalisme côté alimentation, comme par exemple sa fiche wikipédia qui le définit ainsi : « Le véganisme, dit également végétalisme intégral, est un mode de vie qui refuse l'exploitation des animaux, et exclut donc la consommation de produits d'origine animale. Au-delà de l'adoption d'une pratique alimentaire végétalienne , le véganisme exclut également la consommation de tout autre produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux , et plus généralement l'utilisation des animaux dans le cadre des loisirs. »

Comme je l’ai déjà indiqué dans le billet précédent, je ne suis déjà pas tout à fait d’accord avec la partie « et exclut donc ».

Mais reprenons. Concrètement, toutes ces appellations, qu’est-ce que ça implique ? et pourquoi ça s’embrouille très vite chez beaucoup de monde ?

1. Flexitarisme

Un flexitarien est un omnivore, mais qui réduit sa consommation de produits d’origine animale. Le flexitarisme désigne davantage une démarche qu’un résultat. Entre un flexitarien qui part d’une consommation quotidienne de viande mais qui de façon volontaire la réduit à une consommation hebdomadaire et un omnivore qui depuis toujours mange de la viande 2 fois par mois, c’est le flexitarien qui mange le plus de viande.

Je vous avais prévenu : c’est le bordel et ça ne va pas aller en s’arrangeant.

2. Végétarisme

La chair animale, c’est celle des animaux terrestres mais aussi marins (dont les poissons et fruits de mer). Un végétarien ne consommera donc normalement rien de tout ça. Cependant, bien des gens se disant végétariens consomment du poisson, ne le percevant pas comme un animal pour certains, ou pensant qu’être végétarien signifie juste ne pas manger de viande1. Heureusement il existe un nom pour toute chose et dans ce cas on peut parler de pesco-végétarisme.
Une personne végétarienne va donc pouvoir consommer des œufs et des produits laitiers. Certains vont manger les uns mais pas les autres. On pourra parler d’ovo-végétarisme pour quelqu’un qui consomme des œufs mais pas de lait, et de lacto-végétarisme dans le cas inverse.
Je ne sais pas s’il existe un nom spécifique pour la partie miel. Mello ?
Si on résume, quelqu’un qui supprime simplement la viande peut dire qu’il est (mello ?)-pesco-ovo-lacto-végétarien. Ça claque. Avouez que ça vous fait envie, rien que pour mettre sur votre carte de visite. Non ?
Passons donc à son cousin, le végétalisme.

3. Végétalisme

Cette fois-ci on supprime de son alimentation tout ce qui vient des animaux, morts ou vivants. Donc en plus de la viande et du poisson, exit les produits laitiers, les œufs, le miel. Ça a l’avantage d’être plus clair que le végétarisme qui finalement, à moins de rajouter des préfixes à la pelle, se révèle être parfois ambigü.
En revanche, mais c’est valable pour n’importe quelle autre catégorie, d’un végétalien à l’autre l’alimentation pourra être radicalement différente.

Les motivations pour adopter l’un ou l’autre des trois régimes ci-dessus sont diverses et parfois multiples : éthique (vis-à-vis des animaux mais aussi des humains), sensibilité, santé, écologie, régime minceur, religion, dégoût… Le végétarisme et toutes ses variantes peuvent également constituer une période de transition plus ou moins longue vers le végétalisme et/ou le véganisme, de même que le flexitarisme vis-à-vis du végétarisme.

Je le disais en introduction : les restrictions volontaires concernant les produits alimentaires concernent également les omnivores, et pour à peu près les mêmes raisons. Combien boycottent le foie gras pour des raisons éthiques, la viande de cheval pour des raisons peut-être plus émotionnelles, les produits de l’élevage intensif pour des raisons écologiques ou de santé, sans parler des interdits religieux concernant tel animal ou telle façon de l’abattre. C'est valable aussi pour les aliments végétaux d'ailleurs : manger local/bio/issu du commerce équitable et cie consiste finalement en une restriction alimentaire pour diverses raisons.
Si l’on s’aventure en dehors de l’alimentation, même remarque : bien des omnivores/flexi/végéta*iens sont farouchement contre la corrida, les delphinariums, la chasse à courre, les cosmétiques testés sur les animaux ou l’utilisation de certains types d’animaux dans l’expérimentation animale (primates, chiens, chats)… Et dans l’immense majorité des cas, les gens en France ne consomment ni chien ni chat non pas parce que c’est interdit par la loi mais parce qu’ils ne les considèrent pas comme des animaux qui se mangent. Ils sont horrifiés lorsqu’un fait divers rapporte que quelqu'un a tué et mangé son chien ou son chat.


Finalement, et c’est ce qui me semble le plus important à retenir : nous avons tous un curseur concernant ce qu’on peut faire avec quels animaux. Depuis celui qui considère absolument tous les animaux, chiens compris, comme une simple ressource/objet qu’on peut exploiter sans vergogne, tuer et même torturer pour le plaisir, jusqu’à celui qui serait prêt à tuer n'importe quels humains pour sauver n'importe quel animal (je n'en connais pas personnellement mais il doit bien y en avoir et sinon on peut penser au héros fictif de "La Guérilla des animaux"), nous nous situons tous sur un continuum, chacun avec son curseur dont la position pourra varier dans un sens ou dans l’autre au cours de sa vie.


C’est par commodité que l’on regroupe les gens de telle zone du continuum sous une même étiquette, et reconnaissons-le, c'est commode (en tout cas lorsque tout le monde a en tête à peu près la même définition des termes utilisés), mais du coup ces qualificatifs sont simplistes et souvent trompeurs : ils véhiculent tout un tas de clichés et de mon point de vue nous servent certes à nous rassembler entre gens dont les idées sont proches, mais aussi malheureusement à distinguer rapidement « l’ennemi » pour pouvoir disqualifier son discours sans même l’écouter, que ce soit en l'ignorant, en le ridiculisant ou en le noyant sous un flot d'arguments appris par cœur. Dans tous les cas, dans tous les camps, il me semble que la grande perdante est la réflexion.

C’est sur ce moment « peace and love » un peu bateau mais sincère que ce billet s’achève.
Le prochain sera plus particulièrement consacré au véganisme. Il expliquera pourquoi diable la consommation d’œufs, de lait et de miel pose des cas de conscience aux véganes et végétaliens par éthique, mais aussi pourquoi en réalité le véganisme n’implique pas forcément le végétalisme dans absolument tous les cas, toujours et partout.


1 Anecdote pour illustrer à quel point c’est le bordel parfois : j’ai discuté récemment sur fb avec une personne déclarant que 15 ans de végétarisme avaient bousillé sa santé mentale et physique, et affirmant revivre en étant 100 % carnivore (vous ne connaissez pas cette nouvelle tendance ? Je l'ai découverte lors de cette discussion) depuis 1 ou 2 ans. Au fur et à mesure de la discussion, il s’est avéré que lorsqu’elle était végétarienne, elle mangeait régulièrement du poisson… et aussi de la viande parfois, mais elle n’en cuisinait pas (apparemment c’est ce qui la rendait végétarienne dans son esprit). Quant à son carnivorisme pur, il comprenait du fromage, des fruits de saison et des légumes lacto-fermentés. Elle n’a jamais répondu au sujet de son éventuelle consommation d'œufs, ni à ma remarque que mettre ses problèmes de santé sur le compte du "végétarisme" était un peu abusé…

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