Meloni Claudio
translator - traducteur
Abonné·e de Mediapart

60 Billets

0 Édition

Billet de blog 11 nov. 2021

Meloni Claudio
translator - traducteur
Abonné·e de Mediapart

Les liens internationaux de l'ancien leader du GUD

Après un procès en France pour financement illégal du Front National, Frederic Chatillon a décidé de déplacer le centre de gravité de ses activités commerciales en Italie, hors du radars des magistrats francais. Mais il n'a jamais quittè ses liens avec la France.

Meloni Claudio
translator - traducteur
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'amitié entre Frédéric Chatillon, l'ancien dirigeant de l'organisation d'etudiantes d'extreme droit Groupe Union Dèfense (GUD), et Marine Le Pen remonte aux années 1990, lorsque tous les deux étaient inscrits à l'exclusive faculté de droit d'Assas. 
L'estime et la confiance mutuelles ont renforcé leur lien au fil du temps, à tel point que le jeune Chatillon a été nommé garde du corps de l'ancien leader du Front National.  Après un procès en France pour financement illégal du Front National, par le biais de sa société Riwal sarl, M. Chatillon a décidé de déplacer le centre de gravité de ses activités commerciales en Italie, à Rome, où il réside actuellement avec son épouse.
Ici l'ex chef du GUD il y'a établi un partenariat politique et opérationnel avec l'organisation néofasciste italienne Casapound. 
Le mariage entre les deux il a etè officialisé en 2011, a l'occasion de la guerre en Syrie. Riwal sarl a été chargé par l'ancien général syrien Manaf Tlass de gérer un récit alternatif sur le conflit syrien. Mais le lien entre l'ancien garde du corp de Marine Le Pen et la Syrie remonte aux années 1990. Le site web d'information info.Syrie vient donc d'etre cree par Riwal sarl, et aussi la stratégie de communication qui comprenait des attaques contre les journaux les plus autorisés, ainsi qu'une myriade de faux profils sur les réseaux sociaux qui ont fait de la propagande favorable au régime de Damas.  

Les activités françaises confiées au Groupe Erer
En effet, Chatillon n'a jamais définitivement quittè ses liens avec la France. Le 20 juin 2013 il a créé en France le Groupe Erer, une société par actions simplifiée au capital de 2 000 €, dont le siège social est situé au 76 rue de la Pompe à Paris. Cette société fonctionne de la même manière avec un ou plusieurs partenaires.
Présidée par M. Claude Perrault, la societe' en question a pour objet la gestion de participation sous toutes ses formes, en France ou à l'étranger, dans toutes sociétés et en toutes autres forme d'investissement.
Le Groupe Erer avait initialement un capital social de deux mille euros, correspondant à 2.000 actions numérotées d'une valeur nominale d'un euro chacune.
Les actions sont entièrement souscrites et libérées, comme le certifie la Banque Hottinguer, dépositaire des fonds.
Le montant total versé par les actionnaires, soit 2.000 €, a été dûment déposé sur un compte ouvert au nom de la société en cours de constitution, auprès de la banque susmentionnée.
Le 9 août 2013, l'entrepreneur Frèdèric Chatillon a cédé ses 840 actions, sur les 1.200 qui composent le capital de la Sarl Riwal, à la société Groupe Erer.
En exécution de la mission confiée à M. Jacques Boudint, expert-comptable et témoin expert, par le Président du Tribunal de Commerce de Paris, les 840 actions de la Sarl Riwal (dont le capital social est de 180.000 €) apportées par M. Chatillon ont été évaluées à 2.100.000 euro.
En vertu d'une résolution de l'assemblée générale extraordinaire du 7 octobre 2013, le capital social du groupe Erer a été augmenté de 2.100.000 euro. Le capital de la société en question a donc été fixé à 2.102.000 euro.
Selon les conclusions de M. Boudinot, "l'apport de 840 actions dans le capital social de la Sarl Riwal à 2.100.000 € (3.000.000 € : 1.200 actions x 840 actions) n'a pas été surévalué". 
Sur la base d'un extrait des informations disponibles auprès des sources ouvertes, le bénéficiaire final de la Sarl Riwal reste M. Chatillon, malgré le transfert des actions au Groupe Erer.
Cela signifie que le plus grand bénéficiaire effectif du Groupe Erer est M. Chatillon lui-même, puisque 2.100.000 millions des 2.102.000 millions de capital sont constitués d'actions de la Sarl Riwal.  Mais quelle est la valeur du Groupe Erer aujourd'hui ?
Selon le bilan de 2018, les actifs sont passés de 4.696.474 € en 2017 à 5.256.775 € en 2018.
Par contre le valeur des participations, un indicateur important puisqu'il s'agit d'une société holding, est restée inchangée à 2.332.326 €.
En revanche, dans l'actif circulant, la trésorerie et les équivalents de trésorerie sont passés de 30.424 € à 412.269 €. 
Le résultat de l'exercice clos le 30 septembre 2018 s'élève à 8.421 € et a été imputé au compte " report à nouveau ".

Les affaires italienne de M. Chatillon et de son épouse
Selon le registre d'entreprises italien, F. Chatillon possède 79 % du capital social du Gruppo Edda srl, une société holding qui achète et gère des paquets d'actions. 
Dotée d'un capital de 10.000 €, la srl en question a été créée en août 2021 et a pour PDG M. Gian Luigi Ferretti, l'ancien responsable des relations internationales du syndicat de droite UGL.
Actionnaire de la holding en question avec 20% du capital est la famme de Chatillon Sighild Blanc, qui est en même temps actionnaire avec Chatillon de Riwal Sarl, avec 13% du capital.

Parmi les sieges d'entreprise occupés par Chatillon, il convient certainement de mentionner celui d'administrateur unique de Riwa Italia srl, une nomination remontant à l'octobre 2014 au sein de la srl qui est actuellement inactive.
D'autre part Marie Pierre, l'ex épouse de Chatillon, détient 20% de Piesse srl.
Avec un capital de 10.000 euros et un siège social à Latina, 90 kilometres au sud de Rome, la société en question s'occupe de la conception et de la réalisation des logiciels non éditoriaux.
La directrice de la société, Pauline Proietti, détient le 78% des actions, et son mari Umberto Proietti les 2% restants.

L'ex Mme.Chatillon détenait auparavant une participation de 30% dans Automation Control System (ACS) srl, pour une valeur de 6 millions de LIT (6.000 €).
Cette société, qui a cessé d'exister en 2002, avait pour objet de concevoir, de fournir des conseils techniques et de proposer des modifications aux systèmes d'instrumentation, d'automatisation et de climatisation.
Associés dans l'ACS srr avec  l'ex Mme Châtillon, etaient Immacolata Marson, avec un 30% du capital évaluée à 6 millions de lires (6.000 €), et Giovanni Enrico Palmigiani, avec un 40% évaluée à 8 millions de lires (8.000 €). (cm)

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’auteur n’a pas autorisé les commentaires sur ce billet

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Après l’embargo sur le pétrole russe, l’Europe dans le brouillard
Annoncée depuis des mois, la guerre du pétrole contre la Russie est une réalité depuis lundi 5 décembre. L’Europe a engagé un embargo, les membres du G7 imposent un plafonnement du prix du baril à 60 dollars pour les pays tiers. Avec quelles conséquences ? Personne ne sait.
par Martine Orange
Journal
Devant la cour d’appel, Nicolas Sarkozy crie son innocence
Rejugé pour corruption, l’ancien chef de l’État s’en est pris à une enquête illicite selon lui, et a réaffirmé ne rien avoir commis d’illégal en utilisant la ligne téléphonique « Paul Bismuth ».
par Michel Deléan
Journal
Les enjeux d’un second procès à hauts risques pour l’ancien président
Nicolas Sarkozy, l’avocat Thierry Herzog et l’ex-magistrat Gilbert Azibert sont rejugés à partir de lundi devant la cour d’appel de Paris dans l’affaire de corruption dite « Paul Bismuth », et risquent la prison.
par Michel Deléan
Journal — Corruption
Pourquoi les politiques échappent (presque toujours) à l’incarcération
Plusieurs facteurs expliquent la relative mansuétude dont bénéficient les politiques aux prises avec la justice, qui ne sont que très rarement incarcérés, malgré les fortes peines de prison encourues dans les affaires de corruption.
par Michel Deléan

La sélection du Club

Billet de blog
À Brioude, itinéraire d'une entreprise (presque) autonome en énergie
CN Industrie vit en grande partie grâce à l'électricité produit par ses panneaux solaires. Son modèle énergétique est un bon éclairage de ce que pourrait être un avenir largement éclairé par les énergies renouvelables. Rencontre avec son patron précurseur, Clément Neyrial.
par Frédéric Denhez
Billet de blog
Nationalisation d’EDF : un atout pour la France ?
Le jeudi 24 novembre, c’est dans un contexte bien particulier que le nouveau PDG d’EDF Luc Rémont prend ses fonctions. De lourds dossiers sont sur la table : renationalisation du groupe, relance du parc nucléaire et des renouvelables, négociation avec Bruxelles sur les règles du marché de l’électricité et gestion de la production avant les trois mois d’hiver.
par Bernard Drouère
Billet de blog
L’électricité, un bien commun dans les mains du marché
Le 29 août dernier, le sénateur communiste Fabien Gay laisse exploser sa colère sur la libéralisation du marché de l’électricité : « Ce sont des requins et dès qu’ils peuvent se goinfrer, ils le font sur notre dos ! ». Cette scène témoigne d’une colère partagée par bon nombre de citoyens. Comment un bien commun se retrouve aux mains du marché ?
par maxime.tallant
Billet de blog
Les coupures d'électricité non ciblées, ce sont les inégalités aggravées
Le gouvernement prévoit de possibles coupures d'électricité cet hiver : j'ai vraiment hâte de voir comment seront justifiées l'annulation de trains et la fermeture d'écoles pendant que les remontées mécaniques de Megève ou Courchevel continueront à fonctionner. Non ciblées sur les activités « non essentielles », ces coupures d'électricité pourraient aggraver les inégalités.
par Maxime Combes