Les personnels du lycée Paul Éluard demandent les moyens minimum pour faire cours

Communiqué des personnels mobilisés

COVID-19 : Les personnels du lycée Paul Éluard demandent les moyens minimum pour faire cours

Communiqué – 3 novembre 2020

Le lycée Paul Éluard à Saint-Denis est pour la deuxième journée consécutive bloqué par les élèves. Préoccupé·es par la situation sanitaire, elles et ils défendent la mise en place d'un protocole à même de les protéger, pour leur santé et celle de leurs parents. Les élèves expriment leur crainte d'une fermeture du lycée et de cours à distance, qui perdront nombre d'entre eux. Ils et elles tiennent donc à travailler dans les meilleures conditions possibles.

Des professeur·es sont par ailleurs mobilisé·es depuis hier, pour protester contre l'annulation des deux heures de concertation pour organiser l'hommage à Samuel Paty et dénoncer les carences du protocole sanitaire et le manque de moyens pour l'appliquer. Hier, lundi 2 novembre, le blocus a entrainé la banalisation de la journée. Les enseignant·es ont pu élaborer des actions autour de la mort de Samuel Paty. Ils et elles ont par ailleurs listé les demandes minima afin d'assurer les cours en présentiel :

  • la division par deux des classes et un réaménagement des emplois du temps ; d'autres établissements le font, c'est donc que c'est possible ; la configuration des salles au lycée Paul Éluard empêche le plus souvent de mettre un élève par table, même avec des effectifs à 24 ; de plus, la réduction des effectifs à l'échelle du lycée réduit le brassage et protège un peu plus les personnels ;

  • l'attribution d'une salle fixe aux classes (en dehors des disciplines aux besoins spécifiques) ;

  • la distribution de masques chirurgicaux ;

  • un aménagement des emplois du temps afin de mieux répartir les élèves entre les services de cantine, ne pas surcharger la file d'attente.

Cela se rajoute aux nombreuses autres revendications formulées depuis deux mois : un circuit de dépistage dédié, le recrutement d'agents pour assurer le travail supplémentaire causé par les exigences de nettoyage et de désinfection, entre autres. Dès la rentrée de septembre, enseignant-es et vie scolaire se mettaient en droit de retrait pour pointer les insuffisances des moyens pour protéger les personnels, les élèves et leurs familles. Nous n'avons pas été écouté-es, notre droit de retrait n'a pas été reconnu et nous avons été compté-es comme grévistes. Depuis, le nombre de nouveaux cas augmente.

Le lycée Paul Éluard est dans un territoire marqué par les inégalités sociales, les déserts médicaux. Les services hospitaliers locaux sont déjà au bord de la saturation. Le département de Seine-Saint-Denis est celui qui, en métropole, a payé le tribut le plus lourd à la pandémie. Ceci n'est en rien une fatalité, si les moyens sont donnés aux services publics de santé et à ceux de l’Éducation nationale.

Nous tenons à faire cours à nos élèves, en présentiel. Refuser de nous accorder les moyens nécessaires pour le faire dans de bonnes conditions, c'est jouer le jeu de l'épidémie, provoquer des contaminations évitables, c'est s'assurer de la fermeture du lycée à très brève échéance, c'est rallonger le temps où il nous faudra faire cours à distance, avec toutes les pertes de chance que cela implique pour nos élèves.

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