Une fausse réinsertion des putes ?

Comme d'habitude, l'appel du CNDF (Collectif national pour les droits des femmes) s'oppose aux droits des prostituéEs :

 « La prostitution est une violence. Nous voulons que le gouvernement prenne ses responsabilités pour mettre en œuvre une véritable politique abolitionniste incluant les moyens pour une vraie réinsertion des personnes prostituées, l’abrogation du délit de racolage, et une politique de responsabilisation et de pénalisation des clients. » (C'est moi qui ai mis les italiques).

Le souci de vérité est mis en avant ; il faut une « véritable politique abolitionniste ». Et surtout, il faut une « vraie » réinsertion des personnes prostituées. Parce que là, aujourd'hui, à ce moment, en matière de pratique abolitionniste, bien sûr, mesdames et messieurs, on est dans le faux. Le mouvement du Nid, avec ses emplois précaires, ses stages précaires, est vraiment dans la « fausse » réinsertion. La « vraie » réinsertion, c'est quoi ? Un emploi à 8 000 euros par mois ?

Et une "vraie" politique de droits qui permettrait à chacunE de choisir ? Et une "vraie" politique de santé ? (choper le VIH parce que les groupes du type CNDF ont refusé de lire les recommandations scientifiques unanimes en matière de prévention, c'est pas de la violence ?)  Nada, rien, de la part du CNDF. L'ennemi, c'est le Nid qui pratique, donc, forcément, une "fausse" réinsertion...

Il faudrait « vraiment » que les personnes qui rédigent des appels de ce genre, à défaut de prendre l'avis des premiErEs concernéEs, apprennent à économiser les adjectifs, parce que là, ce « vraie » dans « vraie » réinsertion veut tout dire sur qui a écrit et sur qui doit subir cette prose.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.