Christine Delphy : le déni des putes, le déni du sida

"Je m'appelle Christine Delphy. Depuis longtemps, j'écris des textes importants, décisifs. Je refuse de voir les contradictions entre mes positions abolitionnistes sur la prostitution et tout ce que j'ai pu écrire par ailleurs sur les droits des femmes : empowerment, auto-détermination, cumul des stigmats, etc

"Je m'appelle Christine Delphy. Je sais que les postions abolitionnistes à propos de la prostitution font le jeu du sida. Je le sais parce que j'ai lu tous les rapports sur le sujet (ONU, rapport d'experts, etc.). Je le sais mais je préfère ne pas en parler, ne pas dire ces mots-là. Dire les mots "sida" à quoi bon, hein, je suis Christine Delphy, je peux tenir une interview sans jamais, jamais en parler, jamais parler du sida, jamais parler du VIH et qui s'en foutra ? Christine Delphy ? Christine Delphy, parler du sida  ? Chez les putes ?

"Je m'appelle Christine Delphy. Wouaouh, j'ai rédigé trois lignes pour les mots sont importants, où vroum, vroum,  je dis comme je le pense, 'il fait juste être sincère dans sa vie, et, ma foi, si on te le dit autrement, ben, c'est forcément de ta faute, faut juste être comme on est sois sincère et citoyen'. Et surtout pas une pute.

"Je m'appelle Christine Delphy et j'écris noir sur blanc que la prostituion est dans un même "continuum" que le viol. Vraiment, j'écris cela, noir sur blanc. Rapport tarifé = viol. Continuum. Whaouh !

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