Encore un exploit du Super-Dupont de l'universalisme

Pour Amine El Khatmi, le droit au blasphème et à se moquer de tout est universel. Sauf quand on se moque de Notre-Dame et qu'on est une femme racisée. Là, cela fait de vous l'Anti-France combattue par Super Dupont. Une analyse des contradictions de "l'universaliste" révèle aussi celles du gouvernement. Falsifier l'universalisme à des fins islamophobes est un métier.

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Le 14 avril :

A/ le président du Printemps républicain, Amine El Khatmi, défend une sale blague d'un jeune homme sur Twitter concernant la Mecque : « Les gens qui découvrent qu’en France la liberté d’expression permet de se moquer de toutes les religions et que des gens sont morts pour cela. Quittez twitter. Et ouvrez des bouquins. ». Le droit au blasphème et à l'humour, fût-il déplacé et de mauvais goût, est donc présenté comme le marqueur de l'identité française.

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B/ Le jeune homme retire son tweet et doit subir des réactions indignées, dont certaines sont légitimes, mais surtout des insultes et des menaces de mort. Le gouvernement, en la personne de Marlène Schiappa intervient pour défendre le droit au blasphème et à rire de tout. Là encore, ces principes sont présentés comme inhérents à l'identité française. Elle condamne le cyberharcèlement en meute dont est victime le jeune homme, et rappelle que la loi le sanctionne désormais. Son message est relayé par de nombreux militants du Printemps républicain.

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C/ Amine El Khatmi relaie aussi un dessin de Coco de Charlie Hebdo, défendant le droit au blasphème et à se moquer des religions, de toutes les religions. Il relaie aussi l'ancienne couverture dessinée par Cabu, montrant le prophète pleurant en se plaignant : "c'est dur d'être aimé par les cons".

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D/ Le président du printemps républicain dénonce avec ses propres mots le cyberharcèlement : « Le blasphème n’est pas un délit. Ce jeune homme est menacé de mort à cause d’une bande de bas du front et de crétins qui lui reprochent un tweet » Le cyberharcèlement et les menaces de mort lui semblent suffisamment graves pour amalgamer critiques pertinentes de la blague et les pratiques illégales et délictueuses.

Le 15 avril :

A/ le président du Printemps républicain, Amine El Khatmi, dénonce une sale blague d'une responsable de l'UNEF en ces termes : « Pendant que nous pleurons la destruction d’un monument national, la représentante d’un vieux syndicat étudiant affiche avec fierté toute l’étendue de sa bêtise crasse et de sa haine de la France. J’ai si honte. J’ai si honte. » En quelques jours, le marqueur de l'identité française n'est plus le droit au blasphème et à l'humour, fût-il déplacé et de mauvais goût. Il est devenu le marqueur de l'anti-France.

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Amine El Khatmi va jusqu'à traiter de "rats", assumant toute la portée politique de ce terme désignant des nuisibles dont il faut se débarrasser par tous les moyens, d'autres personnes plaisantant sur l'incendie de Notre-Dame ou témoignant de leur indifférence. 

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B/ La jeune femme retire son tweet et Amine El Khatmi indique qu'il l'a archivé. Elle doit subir des réactions indignées, dont certaines sont légitimes, mais surtout des insultes, des menaces de mort et des appels au viol. Le gouvernement, en la personne de Frédérique Vidal, intervient, non pour soutenir le droit au blasphème et à rire de tout, non pour condamner les menaces et insultes, mais pour condamner la victime.  L'identité française implique maintenant de communier ensemble face au drame, et des mauvaises plaisanteries diviseraient. Aucun membre du gouvernement ne rappelle que le cyberharcèlement est puni par la loi. Le message ministériel est relayé par de nombreux militants du Printemps républlicain.


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C/ Ni Amine El Khatmi, ni le gouvernement ne se sont indignés de la couverture de Charlie Hebdo de cette semaine, riant aussi de l'incendie de Notre-Dame. De toute évidence, le droit universel au blasphème, certainEs y ont plus droit que d'autres.

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D/ Le président du Printemps républicain refuse dans ce cas de dénoncer ce cyberharcèlement, qu'il traite en  « argument d'auorité (...) trop facile ». Des menaces de viol sur une personne ne sont donc plus rien dès lors qu'il s'agit d'adversaires politiques. Il n'est plus question de reprocher à toute personne critiquant la mauvaise blague de participer au cyberharcèlement, comme Amine El Khatmi le faisait quelques jour plus tôt.

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Jusqu'à quand ces gens continueront-ils à se revendiquer universalistes, alors que ce mot, chez eux sans contenu, ne vise qu'à dissimuler leur islamophobie ?

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