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Billet de blog 20 août 2017

Le Printemps Républicain est-il féministe ? (1)

Sur 11 postes du bureau du Printemps républicain, 1 seul est occupé par une femme. Le féminisme que revendique l’association ne se perçoit pas dans sa structure.

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Le 8 juillet 2017, le Printemps républicain annonçait la nomination d’un nouveau bureau. Sur les 11 postes de la structure, 10 sont occupés par des hommes. Le seul poste occupé par une femme est le porte-parolat. Cette unique femme est accompagnée sur ce mandat de deux hommes. Si on ne tient pas compte des hommes qui occupent deux postes en même temps, on arrive à une proportion de 1 femme sur 9 pour un poste à responsabilité au sein de la structure :

Lors de la création du mouvement, on comptait 1 femmes sur 4 membres fondateur-rices du Printemps républicain (voir à cette page). Les premiErEs signataires étaient composéEs de 63 hommes et 27 femmes, soit une proportion de 30 % de femmes (voir à cette page). Le programme de la réunion faisait intervenir 17 hommes, 8 femmes et une personne en attente de confirmation. Un des ateliers consacré au « travail aux prises avec le fait religieux » était animé par un homme, faisait parler trois hommes et cette personne en attente de confirmation.

Sur le site du Printemps républicain, hébergé par Medium, les éditeurs sont 3 hommes (voir à cette page). Les billets de blog signés individuellement et publiés sur le site officiel du Printemps républicain ont été écrits par une femme et quatre hommes (voir à cette page et à cette page).

Le compte Facebook donne-t-il plus de visibilité aux femmes ? L’organisation le 2 avril 2017 d’un « Printemps des libertés des femmes » a été l’occasion de publier une vingtaine de posts sur le sujet entre le 8 mars et le 2 avril : invitations et programmes (7 posts), présentation individuelle de la dizaine d’intervenantes (12 posts), photos du meeting et vidéo d’interventions.

En dehors de cet événement, et si on retire le relai du compte Facebook des articles du site du Printemps républicain, des communiqués officiels, des annonces sur le fonctionnement ou des textes signés collectivement, j’ai compté depuis le 4 octobre 2016 17 posts relayant des tribunes, des interviews dans la presse ou à la télévision, une pétition, la critique par Médiapart du Printemps républicain, deux articles sur l’affaire Mehdi Meklat. Si on ne tient compte que des articles, tribunes, interviews de membres du Printemps républicain ou de proches, on compte 14 posts : 10 mettent en avant un homme ; 4 une femme.

On peut récapituler ces données dans un tableau :

On voit ainsi que, en dehors de l’exception notable du Printemps des libertés des femmes qui a permis une très grande visibilité de ces dernières, la structure et les moyens de communication de l’association favorise très largement les hommes.

Pour poser la question simplement : peut-on encore parler de féminisme quand un bureau associatif composé de 9 hommes sur 10 membres se réunit pour distribuer bons et mauvais points à des militantes qui ne partagent pas leur mâle vision ?

(Je reviendrai dans un prochain billet sur l’analyse du discours féministe que tient le Printemps républicain dans ses interventions.)

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