Mérôme Jardin
Abonné·e de Mediapart

191 Billets

2 Éditions

Billet de blog 20 sept. 2018

Génération Identitaire tue, la République laisse faire

Au lieu de contrecarrer les paroles et les pratiques criminelles du groupe suprémaciste Génération Identitaire, la justice française s'en prend à deux élus qui les ont dénoncées.

Mérôme Jardin
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

R. Espino, porte parole des suprémacistes blancs, fier des cadavres que la fonte des neiges découvrira quelques semaines plus tard

Génération Identitaire traine en justice Madjid Messaoudène et Thomas Portes, le premier notamment pour avoir appelé un chat un chat et un groupe de suprémacistes « des nazis ».

© madjidfalastine

Génération Identitaire a participé l'été 2017 à une campagne européenne pour affréter un bateau dans le but d'entraver les sauvetages de migrant-es en mer par les ONG. Cette action a contribué aux données dramatiques documentées par l'Office Internationale des Migrations : au moins 3119 migrant-es sont mort-es en Méditerranée en 2017. Moins de migrant-es tentent leur chance (ce qui était le but affiché du Klu Klux Klan d'Europe), mais la traversée est plus dangereuse (ce qui est une conséquence attendue d'une campagne d'entrave au sauvetage).

Génération Identitaire s'est constitué en milice pour surveiller la frontière du col des Alpes. La fonte des neiges quelques mois plus tard permet de découvrir les cadavres de personnes qui ont cherché à passer. Les frontières tuent, exiger un renforcement des frontières en se constituant en milice, c'est vouloir plus de morts.

Deux élus sont aujourd'hui trainés pour avoir dénoncé comme ils le méritaient les fascistes de Génération Identitaire : Thomas Porte et Madjid Messaoudène. La République laisse faire des actions de harcèlement de personnes vulnérables qui les expose encore un peu plus à la mort. Ce sont des militant-es, et non l'Etat, qui ont entravé la collecte de fond pour ralentir l'affrètement du bateau meurtrier.

La République laisse prospérer les discours mensongers et racistes des suprémacistes. Mais elle persécute les militants soutenant les migrant-es et les personnes qui dénoncent ces groupes suprémacistes. C'est d'ailleurs le sens du tweet de Madjid Messaoudène incriminé.

Le soutien aux deux élus doit se doubler d'une dénonciation de la complicité de la République à l'égard du suprémacisme blanc.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Maltraitance en Ehpad : une indignation feinte et insuffisante
Les pouvoirs publics font mine de découvrir que le puissant groupe Orpea se joue des règles depuis des années dans ses Ehpad. Mais la maltraitance, les conditions de travail dégradées et la répression syndicale sont sur la table depuis des années,  sans que jamais le système de financement ne soit remis en cause.
par Mathilde Goanec et Leïla Miñano
Journal — France
Macron 2017 : la preuve que l’affaire a été enterrée
Le préfet Cyrille Maillet, nommé par Emmanuel Macron à la tête d’un service du ministère de l’intérieur, a personnellement classé l’enquête concernant des prestations de sécurité suspectes durant la campagne présidentielle, avec des motifs fallacieux et contre l’avis de trois sous-directeurs.
par Fabrice Arfi, Antton Rouget et Marine Turchi
Journal
La grande colère des salariés d’EDF face à l’État
Ulcérés par la décision du gouvernement de faire payer à EDF la flambée des prix de l’électricité, plus de 37 % des salariés du groupe public ont suivi la grève de ce 26 janvier lancée par l’intersyndicale. Beaucoup redoutent que cette nouvelle attaque ne soit que les prémices d’un démantèlement du groupe, après l’élection présidentielle.
par Martine Orange
Journal
Gérald Darmanin, le ministre qui dissout plus vite que son ombre
Après une manifestation antifasciste à Nantes, le ministre de l’intérieur a annoncé son intention de dissoudre le collectif « Nantes révoltée », animateur d’un média alternatif local. Outil administratif conçu contre les groupes factieux, la dissolution est avant tout utilisée comme une arme de communication et de neutralisation politique. 
par Camille Polloni

La sélection du Club

Billet de blog
Un système pénal à abolir : perspectives féministes
Dans son essai Pour elles toutes. Femmes contre la prison, Gwenola Ricordeau propose une réflexion sur l'abolition du système pénal (police, justice, prison) d'un point de vue féministe, à contre-courant des courants dominants du féminisme qui prônent un recours toujours plus accru au pénal.
par Guillaume_Jacquemart
Billet de blog
Fermer une prison, y ouvrir une école et un musée
« Ouvrir une école, c’est fermer une prison », aurait dit Victor Hugo. Avec la fermeture imminente de la prison de Forest, un projet stratégique unique se présente aux acteurs politiques bruxellois : traduire la maxime d’Hugo en pratique et, en prime, installer un musée de la prison au cœur de l’Europe ! Par Christophe Dubois
par Carta Academica
Billet de blog
« Rien n’a été volé »
Chronique d'audience. Abderrahmane B., pas même vingt ans, né à Alger et SDF a été arrêté avant le week-end. Il comparaît pour un vol à la roulotte. Néanmoins, il y a une difficulté dans la qualification de l’infraction : rien n’a été volé.
par La Sellette
Billet de blog
Contrôleuse des lieux de privation de liberté : l’année Covid en prison
Mis en garde par la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) pour les risques de cluster dans les prisons, le gouvernement a brillé par sa passivité. Rien d'étonnant, tant ses alertes et préconisations restent systématiquement lettre morte.
par lien-social