Génération Identitaire tue, la République laisse faire

Au lieu de contrecarrer les paroles et les pratiques criminelles du groupe suprémaciste Génération Identitaire, la justice française s'en prend à deux élus qui les ont dénoncées.

R. Espino, porte parole des suprémacistes blancs, fier des cadavres que la fonte des neiges découvrira quelques semaines plus tard R. Espino, porte parole des suprémacistes blancs, fier des cadavres que la fonte des neiges découvrira quelques semaines plus tard

Génération Identitaire traine en justice Madjid Messaoudène et Thomas Portes, le premier notamment pour avoir appelé un chat un chat et un groupe de suprémacistes « des nazis ».

© madjidfalastine

Génération Identitaire a participé l'été 2017 à une campagne européenne pour affréter un bateau dans le but d'entraver les sauvetages de migrant-es en mer par les ONG. Cette action a contribué aux données dramatiques documentées par l'Office Internationale des Migrations : au moins 3119 migrant-es sont mort-es en Méditerranée en 2017. Moins de migrant-es tentent leur chance (ce qui était le but affiché du Klu Klux Klan d'Europe), mais la traversée est plus dangereuse (ce qui est une conséquence attendue d'une campagne d'entrave au sauvetage).

Génération Identitaire s'est constitué en milice pour surveiller la frontière du col des Alpes. La fonte des neiges quelques mois plus tard permet de découvrir les cadavres de personnes qui ont cherché à passer. Les frontières tuent, exiger un renforcement des frontières en se constituant en milice, c'est vouloir plus de morts.

Deux élus sont aujourd'hui trainés pour avoir dénoncé comme ils le méritaient les fascistes de Génération Identitaire : Thomas Porte et Madjid Messaoudène. La République laisse faire des actions de harcèlement de personnes vulnérables qui les expose encore un peu plus à la mort. Ce sont des militant-es, et non l'Etat, qui ont entravé la collecte de fond pour ralentir l'affrètement du bateau meurtrier.

La République laisse prospérer les discours mensongers et racistes des suprémacistes. Mais elle persécute les militants soutenant les migrant-es et les personnes qui dénoncent ces groupes suprémacistes. C'est d'ailleurs le sens du tweet de Madjid Messaoudène incriminé.

Le soutien aux deux élus doit se doubler d'une dénonciation de la complicité de la République à l'égard du suprémacisme blanc.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.