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Billet de blog 30 nov. 2019

El Khatmi officialise l'homophobie et le racisme du Printemps républicain

Le président du Printemps républicain annonce que les droits des homos et des trans, des étrangers, la défense d'une université publique ou d'un système de santé solidaire ne sont pas « essentiels » et qu'il est d'accord avec ceux qui les ont combattus.

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Ce samedi, le Printemps républicain se transforme en parti politique à l'occasion d'un meeting dans lequel il donne la parole à des personnalités de droite comme Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse.

Interrogé à ce propos, le président Amine El Khatmi a déclaré hier à l'AFP : « "Nous sommes tous globalement d'accord sur les valeurs de la République, sur la laïcité, la défense des services publics, la question territoriale, le fait de vivre dignement de son travail, la lutte contre l'antisémitisme...  Aujourd'hui, le clivage n'est plus entre la droite et la gauche mais entre les identitaires et les républicains (...) Ça peut sembler incongru, mais j'ai davantage confiance dans des personnalités comme Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et François Baroin, issues de la droite, que dans Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon" »

Sur Twitter, il rajoute : « J’assume totalement cette déclaration à l'AFP. Oui, pour défendre les principes républicains, je préfère les personnalités citées dans ce tweet à ceux qui sont allés défiler le 10 novembre avec des islamistes. Quand l’essentiel est en jeu, chacun fait ses choix ! »

Valérie Pécresse et Xavier Bertrand se sont opposés à l'ouverture du mariage aux couples d'hommes ou de femmes, s'opposent à celle de la PMA aux femmes seules, aux lesbiennes, aux hommes trans. Il et elle sont donc opposé-es à l'égalité quand il s'agit des personnes LGBTI. Ce n'est pas rédhibitoire pour le Printemps républicain, ce n'est pas « l'essentiel ». L'égalité n'est plus une « valeur de la République » quand sont « en jeu » les homos et les trans. Il s'agit bien d'homophobie et de transphobie.

Valérie Pécresse a été élue présidente du Conseil régional grâce à Sens commun, émanation politique de la Manif pour tous qui entend imposer à la société les valeurs d'un catholicisme intégriste, notamment sur les questions familiales, et qui participe à des manifestations contre le droit à l'avortement. Xavier Bertrand, qui au nom de la lutte contre le « communautarisme », est parti en croisade contre le droit des musulman-es à se porter candidat-es à des élections, a collaboré à de multiples reprises avec le parti chrétien de Christine Boutin, celle qui sortit la Bible à l'Assemblée nationale contre le PaCS. Mais Amine el Khatmi se dit « globalement d'accord » avec Pécresse et Bertrand sur la laïcité, conception qui peut se résumer ainsi : les droits des homos et des femmes valent bien une messe en latin.

Valérie Pécresse a piétiné la loi républicaine pour priver les sans-papiers d'Ile-de-France d'une aide au transport. Elle a ignoré des décisions de la justice républicaine. De son côté, Xavier Bertrand, ministre de la santé, a cherché à restreindre l'accès aux soins des sans-papiers, notamment en dissimulant aux parlementaires un rapport de l'IGAS qui démontait la réforme qu'il proposait. Le Printemps républicain se dit « globalement d'accord » sur les « valeurs républicaines » : piétiner le fonctionnement républicain contre certains étrangers, donc assumer un racisme dangereux pour la santé. Amine el Khatmi, convaincu que le clivage n'est plus entre gauche et droite, mais entre identitaires et républicains, choisit donc le camp de ceux qui ont appliqué la préférence nationale à la santé ou l'aide sociale.

Valérie Pécresse a compromis la recherche et l'enseignement supérieur pendant son mandat de ministre. Sa loi sur l'autonomie des universités, largement combattue par les étudiant-es et les profs, a été une première étape vers plus d'inégalité dans l'accès aux études. Xavier Bertrand a introduit dès le début des années 2000 des impôts sur la maladie au sein de l'Assurance maladie : le forfait à un euro. Cela remettait fondamentalement en cause le principe fondateur de la Sécurité sociale : chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Des personnes vivant avec des pathologies graves devant par définition consulter plus fréquemment, elles devaient plus payer. Le Printemps républicain se dit « globalement d'accord » avec cette vision de la « défense des services publics ».

C'est une coïncidence : le meeting du Printemps républicain tombe la veille de la journée mondiale de lutte contre le sida, alors que la ville de Paris honore la mémoire d'un ancien président d'Act Up-Paris, Cleews Velay. Mais cette coïncidence souligne, s'il en était besoin, l'homophobie, le racisme et la haine antisociale que vient d'offficialiser par ces déclarations Amine El Khatmi. Cette même homophobie, ce même racisme, cette même haine antisociale qui a fait le jeu du sida et exclu de l'universalisme républicain homos, trans, usagers et usagères de drogues, étrangErEs, détenuEs, travailleuses du sexe, etc.

Et bien évidemment, en qualifiant d'essentielle d'une lutte contre « l'islamisme », terme jamais défini, au détriment des valeurs fondamentales de liberté, d'égalité et de fraternité qu'Amine El Khatmi piétine avec de telles alliances, le Printemps républicain donne aux terroristes ce qu'ils veulent : faire d'une opposition entre « eux » et « nous », entre les musulman-es, que les termes « islamisme » ou « communautarisme » visent dans leur ensemble, et des républicains universalistes, l'axe « essentiel » d'une politique qui oublie tout le reste. C'est bien précisément ce que les terroristes visent.

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