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Billet de blog 1 janvier 2026

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L'Iran face à sa seconde révolution : Le crépuscule des Mollahs ?

Au 1er janvier 2026, l'Iran se trouve à la lisière d'une transformation historique. Le régime théocratique, en place depuis 1979, vacille sous le poids d'une alliance inédite entre désespoir économique et soif de liberté politique, marquant ce que de nombreux experts qualifient de tournant irréversible vers la fin de la "mollarchie".

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Au 1er janvier 2026, l'Iran se trouve à la lisière d'une transformation historique. Le régime théocratique, en place depuis 1979, vacille sous le poids d'une alliance inédite entre désespoir économique et soif de liberté politique, marquant ce que de nombreux experts qualifient de tournant irréversible vers la fin de la "mollarchie".

Un cataclysme monétaire comme étincelle

Le moteur immédiat de cette nouvelle phase révolutionnaire est l'effondrement total de la monnaie, le rial a atteint le niveau abyssal de 1,44 million pour un dollar US le 31 décembre 2025. Cette chute, exacerbée par le rétablissement des sanctions internationales par l'ONU en septembre dernier, a propulsé l'inflation officielle au-delà de 52 %, bien que les prix sur les marchés locaux pour les produits de base comme le pain et les médicaments aient triplé selon des témoignages recueillis par l'AFP. Cet étranglement financier a transformé la colère sociale en une volonté de renversement systémique, car la survie quotidienne est devenue mathématiquement impossible pour la majorité des Iraniens.

Géographie de l'insurrection : des centres économiques aux bastions du pouvoir

L'action révolutionnaire actuelle se distingue par sa convergence. Le mouvement a pris une ampleur nationale à partir du 28 décembre 2025, débutant par une grève historique des commerçants du Grand Bazar de Téhéran, rapportée par la RTS et TV5Monde. Pour la première fois depuis des décennies, le cœur battant de l'économie traditionnelle s'est arrêté. Cette paralysie s'est étendue à plus de dix universités prestigieuses et à des secteurs professionnels variés, incluant médecins et ouvriers. Dans le sud, à Fasa, des manifestants ont réussi l'exploit symbolique de pénétrer dans les bureaux du gouverneur, tandis que des affrontements violents ont été signalés à Kermanshah. Le média Mondafrique souligne que les slogans ne visent plus seulement la vie chère, mais l'existence même de la République Islamique, avec des appels clairs au retour d'un État laïque et démocratique, souvent portés par une jeunesse qui ne craint plus la confrontation directe.

Les slogans tels que « Mort au dictateur » ou « Nous ne voulons pas de la République Islamique » résonnent désormais de façon continue, marquant une rupture définitive avec le discours réformateur.

La paralysie et la division du pouvoir

Face à ce chaos, la réponse du pouvoir en place trahit une panique intérieure.

Le président Masoud Pezeshkian, cité par l'agence Nova et Brut, a publiquement appelé à écouter les « revendications légitimes » des manifestants, une posture de conciliation apparente qui cache une répression brutale en coulisses. Le Corps des Gardiens de la Révolution a été placé en état d'alerte maximale, avec plus de 30 000 hommes déployés pour quadriller Téhéran selon Mondafrique. Malgré le remplacement en urgence du gouverneur de la Banque Centrale par Abdolnasser Hemmati le 31 décembre (TV5Monde), ces mesures techniques apparaissent dérisoires. Le silence persistant du Guide Suprême Ali Khamenei renforce l'idée d'un sommet de l'État déconnecté ou paralysé par ses propres dissensions internes.

L'horizon d'une chute

La possibilité d'un effondrement du régime n'est plus une hypothèse marginale. Les analyses de Politique Internationale rappellent qu'un document interne fuité des services de renseignement iraniens indiquait déjà que 71 % de la population ne veut plus de la République Islamique.

Affaibli par des frappes israéliennes et américaines sur ses infrastructures nucléaires et militaires à l'été 2025, et isolé diplomatiquement, le régime a perdu ses leviers de dissuasion tant externes qu'internes.

En ce début d'année 2026, la jonction entre le mouvement "Femme, Vie, Liberté" et la révolte économique actuelle semble avoir créé une masse critique capable de briser le dernier verrou de la peur, ouvrant la voie à une transition dont le monde entier observe désormais les prémices avec une attention fébrile.

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