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L'allocution prononcée par le chancelier Friedrich Merz le 14 janvier 2026 à Dessau constitue un aveu politique majeur, où il a officiellement qualifié la sortie du nucléaire de grave erreur stratégique ayant durablement affaibli la position de l'Allemagne.
Dans ce discours fleuve devant les représentants de l'industrie, le chancelier a souligné que son pays mène actuellement la transition énergétique la plus coûteuse au monde sans pour autant avoir atteint une souveraineté ou une propreté exemplaire, dénonçant une approche qui a sacrifié une capacité de production stable sur l'autel de l'idéologie.
Cette autocritique de la trajectoire allemande met en exergue, par un effet de miroir saisissant, la pertinence de la stratégie française qui repose sur la complémentarité entre le nucléaire et les énergies renouvelables. Les données factuelles confirment ce décalage profond : sur la durée, l'intensité carbone du mix électrique français s'établit autour de 45 grammes de CO2 par kilowattheure, tandis que l'Allemagne, malgré ses investissements massifs, stagne à environ 300 grammes en raison de sa dépendance résiduelle au charbon et au gaz.
Le chancelier Merz a insisté sur le fait que l'Allemagne ne peut plus se permettre d'être à la traîne en termes de compétitivité, citant le prix de l'électricité industrielle comme un frein majeur à la croissance nationale. En comparant les bilans, il apparaît que la France émet annuellement environ 11,7 millions de tonnes de CO2 pour son électricité, contre plus de 160 millions de tonnes pour l'Allemagne, un écart qui illustre le coût d'opportunité climatique de l'abandon du nucléaire.
Friedrich Merz a d'ailleurs annoncé un plan d'urgence de 12 milliards d'euros pour alléger la facture énergétique de ses entreprises, tout en appelant l'Europe à soutenir le développement des petits réacteurs modulaires (SMR) afin de regagner le terrain perdu. En effet, en fermant ses dernières centrales nucléaires (il y a près de trois ans, en avril 2023), le pays s'est privé d'une capacité de production stable dont il a aujourd'hui cruellement besoin pour soutenir son industrie.
Cette nouvelle doctrine allemande, qui vise à restaurer une offre énergétique abondante et pilotable, rejoint les conclusions des rapports internationaux montrant que la stabilité du réseau français a permis à l'Hexagone d'afficher une résilience économique supérieure durant les dernières crises énergétiques. Le chancelier a conclu en affirmant que l'Allemagne doit désormais regarder avec pragmatisme les modèles qui fonctionnent, marquant ainsi une rupture nette avec la politique de ses prédécesseurs et une reconnaissance implicite de l'efficacité du modèle de décarbonation français sur le long terme.
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Illustration : En 2024, un habitant en Allemagne émettait 7,8 tonnes de CO2éq contre 5,4 tonnes en France selon Eurostat.