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Billet de blog 24 janvier 2026

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CLIMAT : Le Danemark lève le tabou nucléaire - l'heure du réalisme climatique

Face à l'urgence climatique et aux limites physiques des énergies intermittentes, le Danemark opère en ce début d'année 2026 un virage historique en levant le tabou du nucléaire. Longtemps prisonnier d'un dogme "100 % renouvelable" qui se heurte aujourd'hui au mur de la réalité

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L'impasse du modèle "100% renouvelable intermittent"

L'échec de la politique actuelle se manifeste d'abord par une instabilité des prix sans précédent.

Si le Danemark a investi des dizaines de milliards dans une capacité éolienne dépassant désormais les 7 GW, la réalité des chiffres expose une vulnérabilité systémique majeure. En période de calme plat météorologique, le prix du mégawattheure sur le marché de gros danois a connu des pics dépassant les 400 euros, forçant le pays à importer jusqu'à 20 % de sa consommation annuelle d'électricité depuis la Suède et l'Allemagne.

Cette dépendance contredit l'objectif de souveraineté nationale, d'autant que ces importations proviennent en grande partie du parc nucléaire suédois, soulignant l'hypocrisie technique d'une interdiction qui ne s'applique qu'au sol national alors que l'économie danoise survit grâce à l'atome de ses voisins.

La saturation spatiale et l'explosion des coûts d'infrastructure

L'argument comptable pèse lourdement dans le débat car l'intégration massive de l'éolien intermittent exige des investissements colossaux dans le renforcement des réseaux, estimés à plus de 100 milliards de couronnes d'ici 2030.

Face à ces coûts d'infrastructure, le nucléaire de nouvelle génération affiche une densité énergétique inégalée qui répond à une crise foncière naissante. Un seul réacteur compact de type SMR peut produire autant d'énergie que 150 éoliennes offshore géantes, tout en occupant une surface au sol 500 fois moindre.

Cette efficacité devient cruciale alors que l'acceptabilité sociale des parcs terrestres s'effondre, avec une baisse de 30 % des nouveaux permis de construire accordés au niveau local ces deux dernières années en raison des nuisances visuelles et de la saturation des paysages.

L'exigence de pilotabilité pour l'industrie du futur

Le changement de doctrine est également dicté par l'impératif industriel du "Power-to-X", la stratégie nationale visant à convertir l'électricité en hydrogène vert.

Pour que ces usines de conversion soient rentables, elles nécessitent un facteur de charge constant de plus de 90 %, une performance que l'éolien, plafonnant souvent à 45 % de facteur de charge en mer, ne peut garantir seul sans un appoint pilotable massif. En levant l'interdiction du nucléaire, le gouvernement mise sur une synergie où l'atome fournit la charge de base stable nécessaire à l'industrie lourde, tandis que l'éolien gère les surplus variables, évitant ainsi le recours aux centrales thermiques de secours qui dégradent le bilan carbone national.

Le basculement sociétal et l'urgence climatique

Ce réalisme économique est enfin soutenu par un basculement radical de l'opinion publique documenté par la presse nationale comme Berlingske.

Les derniers sondages de janvier 2026 révèlent que 58 % des Danois soutiennent désormais l'inclusion des réacteurs modulaires dans le mix énergétique, contre à peine 20 % il y a dix ans. Ce changement est porté par une génération climat qui perçoit le nucléaire non plus comme un risque, mais comme la seule solution mathématique pour atteindre le Net Zero.

Cette pression populaire a fini par convaincre la classe politique que l'ambition environnementale du pays est condamnée à l'échec sans une source d'énergie stable, décarbonée et capable de compenser les défaillances chroniques du vent.

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