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Les autorités italiennes ont porté un coup d'arrêt majeur à ce qu'elles décrivent comme le cœur financier du Hamas en Europe, suite à une vaste opération antiterroriste menée à la fin de décembre 2025.
Cette enquête, dirigée par la Direction de district antimafia et antiterroriste (DDA) de Gênes, a abouti le 27 décembre à l'arrestation de sept personnes sur le sol italien, tandis que deux autres suspects, actuellement localisés en Turquie et à Gaza, font l'objet de mandats d'arrêt internationaux. Au centre de ce réseau figure Mohammad Hannoun, un architecte palestinien résidant de longue date en Italie et président de l'Association caritative de solidarité avec le peuple palestinien (ABSPP).
L'accusation portée par les procureurs italiens est sans appel : sous le couvert d'activités humanitaires et de collectes de dons destinées aux civils de la bande de Gaza, l'organisation aurait détourné plus de sept millions d'euros vers les structures du Hamas.
Les investigations, largement relayées par les principaux titres de la presse italienne révèlent un système sophistiqué de triangulation financière où plus de 71 % des fonds récoltés auraient été injectés directement dans les caisses de l'organisation terroriste plutôt que vers les secours civils. Selon les documents de l'enquête cités par Stylo24, une partie de cet argent servait spécifiquement au "pay-for-slay", un mécanisme de soutien financier aux familles de membres du Hamas ayant perpétré des attaques terroristes contre des civils, renforçant ainsi la structure opérationnelle du mouvement. Les enquêteurs ont également mis en évidence des méthodes de transfert clandestines, notamment l'utilisation de convoyeurs transportant d'importantes sommes en espèces à travers des pays tiers comme la Jordanie ou l'Égypte, cachées parmi des cargaisons de nourriture légitimes.
L'arrestation de Mohammad Hannoun survient alors qu'il était déjà dans le collimateur de plusieurs services de renseignement internationaux, ayant été placé sur la liste noire du Trésor américain en octobre 2024 pour son rôle présumé de facilitateur financier. En Italie, il faisait l'objet d'un "foglio di via" (avis d'expulsion administrative) de la ville de Milan pour des discours jugés incendiaires et d'incitation à la violence.
La Stampa souligne que cette affaire a déclenché une vive polémique politique, car Hannoun était une figure régulière des manifestations pro-palestiniennes et avait été reçu par le passé par certains représentants parlementaires. Lors de son premier interrogatoire de garantie au carcere de Marassi le 30 décembre 2025,
L'arrestation de Mohammad Hannoun et le démantèlement du réseau ABSPP ont provoqué un véritable séisme au sein de la classe politique italienne, transformant un dossier judiciaire en une confrontation idéologique majeure au Parlement. Dès l'annonce de l'opération,
la Première ministre Giorgia Meloni a salué un travail de renseignement complexe, soulignant que la lutte contre le financement du terrorisme ne souffrait aucune ambiguïté, même lorsqu'il se drape dans des intentions caritatives. Le ministre de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, a pour sa part affirmé que cette opération permettait enfin de lever le voile sur des structures qui, sous couvert d'aider les populations civiles, servaient en réalité de relais stratégiques à un projet global d'influence du Hamas en Europe.
Le dossier judiciaire révèle que le réseau ABSPP n'agissait pas de manière isolée mais s'inscrivait dans une stratégie plus large visant à évincer l'Autorité palestinienne au profit du Hamas au sein de la diaspora en Europe. Cette révélation a poussé le gouvernement italien à demander un renforcement de la surveillance des flux financiers transfrontaliers au niveau européen, l'enquête ayant montré des ramifications étroites avec des cellules similaires en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.
La presse italienne rapporte également que le ministère des Affaires étrangères réévalue désormais les critères d'accréditation de nombreuses associations de solidarité, marquant ainsi un tournant sécuritaire majeur dans la gestion de la solidarité internationale par l'État italien.