Et si on supprimait les élections

Quelle perte de temps ces élections régionales en Ile-de-France. Qui a pu croire que cela changerait quelque chose à l'avenir de ses habitants? Que Jean-Paul Huchon sortirait renforcé de ce scrutin? Quelle importance après tout, que les Franciliens l'aient élu avec près de 57% des suffrages? Pour Christian Blanc, c'est une péripétie.

Quelle perte de temps ces élections régionales en Ile-de-France. Qui a pu croire que cela changerait quelque chose à l'avenir de ses habitants? Que Jean-Paul Huchon sortirait renforcé de ce scrutin? Quelle importance après tout, que les Franciliens l'aient élu avec près de 57% des suffrages? Pour Christian Blanc, c'est une péripétie. C'est tout juste si ce ne sont pas les journalistes qui le lui ont appris ce lundi lors d'une conférence de presse où il présentait son livre «Le Grand Paris du XXIe siècle».

Le secrétaire d'Etat à la région capitale a confirmé à cette occasion, si quelqu'un en doutait, que le scrutin ne changeait rien à son projet sur le Grand Paris. Il se félicite de l'amendement voté au Sénat, «un amendement de bon sens et de sagesse», qui raye d'un simple trait le projet Arc Express, un métro en petite couronne défendu par la région depuis plusieurs années. «J'ai pour Jean-Paul Huchon de l'amitié, j'ai de l'estime pour ses compétences professionnelles», tient -il à préciser. «Tant qu'il ne marche pas sur mes plates-bandes», aurait-il pu ajouter.

Si le secrétaire d'Etat n'est pas intervenu pendant la campagne, c'est «parce que le Grand Paris ne concerne pas que l'Ile-de-France. Mais également les deux Normandies. C'est un projet d'intérêt national». Et si Valérie Pécresse n'a que très peu parlé du Grand Paris, c'est bien parce que ce n'était pas l'enjeu: les électeurs l'ont compris.

De toute façon, assure Christian Blanc, son projet de double boucle reprend à 70% le projet Arc Express. La philosophie du projet, la vitesse, la desserte, la localisation des gares et leur nombre diffèrent? Peu importe. De toute façon, «un tracé qui ne fait pas une boucle perd 40 à 50% de son efficacité selon la RATP.»

Alors, oui, Jean-Paul Huchon peut bien faire son projet d'Arc Express avec ses propres financements: «Mais à deux kilomètres de la première rocade, il faudra l'expliquer aux électeurs ...», glisse-t-il, ironique. Comme s'il arrivait que des électeurs tiennent compte des projets de transport au moment de voter ...

«Unissons nos efforts», «Ne faisons pas place à la polémique», «Ne réfléchissons pas en termes de compétition», martèle le secrétaire d'Etat. Les six milliards que la Région voulait investir dans Arc Express, qu'elle les investisse plutôt dans la rénovation des RER! «Ca, c'est très très très urgent. Et ça c'est très très dans les compétences de la région».

 

Et qu'on ne vienne pas, comme le rapporteur UMP du projet à l'Assemblée nationale, Yves Albarello, estimer que la nouvelle mouture du projet de loi constitue «une déclaration de guerre contre» Jean-Paul Huchon. Parce que Christian Blanc, la guerre, il connaît, et «pour avoir été en Nouvelle-Calédonie, il y a des choses qu'on ne dit pas.»

Au passage, Jean Nouvel, très critique à l'égard du projet, s'est également fait tailler un costume pour l'été: «Je n'irai pas lui donner de conseils en matière d'architecture, alors concernant le développement économique....» Tiens, ça lui apprendra à Nouvel à donner son avis quand le président de la République le lui demande.

Sûr de son fait, Christian Blanc «prend le pari» que la commission mixte-paritaire (7 députés, 7 sénateurs) qui se réunira le 20 mai et qui doit surmonter les désaccords, trouvera les voies pour y parvenir. Voir.

Mais même si c'était le cas, que dira le Conseil constitutionnel que la gauche a prévu de saisir? Pourra-t-il ignorer les articles 37 et 38 de la loi Raffarin du 13 août 2004, toujours en vigueur, qui font de la région Ile-de-France la seule autorité compétente pour définir et mettre en oeuvre la politique des transports en commun en région parisienne?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.