New York va faire payer un loyer aux SDF

New York ne sait plus comment se débarrasser de ses SDF. Comme l'a révélé la semaine dernière le Daily News, la ville s'apprête à faire payer un loyer à tous les sans-abri qui ont un travail et qui dorment dans des centres d'hébergement. Et pas un loyer symbolique: Jusqu'à 44% de leurs revenus!

New York ne sait plus comment se débarrasser de ses SDF. Comme l'a révélé la semaine dernière le Daily News, la ville s'apprête à faire payer un loyer à tous les sans-abri qui ont un travail et qui dorment dans des centres d'hébergement. Et pas un loyer symbolique: Jusqu'à 44% de leurs revenus!
Cet été, le maire, Michael Bloomberg, avait déjà fait fort en proposant un billet d'aller simple à tous les sans-abri de la ville. Libre à eux d'aller mendier où ils le voulaient, pourvu qu'ils ne reviennent pas (lire l'article de Mediapart sur le sujet). Face au succès très relatif de cette initiative, le maire, qui continue de penser que payer 36.000 dollars par an et par famille, c'est vraiment trop, a donc opté pour le loyer. Un choix à dormir debout dans la rue.
Qui peut penser qu'il y a un intérêt à faire payer un loyer à une famille pauvre, qui, déjà, ne gagne pas suffisamment pour louer un appartement? Qui peut penser, au vu de l'état des centres d'hébergement, qu'une famille préfère rester dormir là plutôt que de se payer un appartement? Qui peut être assez fou pour ne pas voir que cette mesure risque de décourager tout SDF de chercher un emploi, sachant que d'un coup, la quasi-moitié de son revenu passera dans son loyer?

La réponse est Michael Bloomberg, qui du haut de sa fortune évaluée à 17,5 milliards d'euros, semble avoir perdu tout contact avec la réalité et les fondamentaux de sa famille politique, supposée encourager les sans-emploi à reprendre une activité.

Le maire attend de cette mesure 2 à 3 millions de dollars sachant qu'environ 15% des SDF sont concernés par cette mesure. Mais la mairie insiste: c'est une question de principe, pas de revenus. Après avoir songé puis abandonné ce projet par le passé, elle semble cette fois ne pas vouloir céder aux menaces de poursuites judiciaires des associations de soutien aux sans-abri. Qu'on se le dise: tout le monde doit participer à l'effort de réduction des déficits. Surtout les sans-abri.

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