Lettre au Préfet Christophe Mirmand

Devant un collège de Saint-Malo, où enseignants, parents et élèves chantaient pour le maintien de leur collège, deux élèves ont été blessés par des policiers, l’un en classe de troisième, l’autre de sixième.

Monsieur le Préfet de Région,

Devant un collège de Saint-Malo, où enseignants, parents et élèves chantaient pour le maintien de leur collège, des policiers sont intervenus hier. Un responsable syndical, appuyant les déclarations d’enseignants et de parents d’élèves, a indiqué : « L’un des enfants hospitalisés souffre d’une fracture de la jambe et un autre d’une fracture au poignet. Et une troisième élève a un genou abîmé »

Il s’agirait de deux élèves de troisième et d’un élève de sixième.

C’est certainement faux, puisque vous-même avez déclaré : « Il y a eu un usage [de la force] strictement proportionné aux circonstances », ainsi que « il n’y a eu ni blessés graves ni violences ».

Je suis entièrement d’accord avec vous, Monsieur le Préfet de Région. Par cette déclaration, vous honorez la République, et vous la servez au mieux. Vous contribuez certainement à l’apaisement d’une rumeur inqualifiable qui court le pays au sujet d’un usage disproportionné de la violence lors de certaines interventions – dont l’objectif n’est que de ramener le calme.

Je suis entièrement d’accord avec vous, Monsieur le Préfet de Région, avec votre sens des responsabilités, votre humanité, ainsi que votre intuition et votre courage politiques.

C’est pourquoi je vous salue respectueusement.

Michel Broué. 

P.S. « L’ordre, cette tranquillité violente », avait écrit Victor Hugo. Ne pensez-vous pas, Monsieur le Préfet, que, malgré le prestige de ce grand écrivain, son rapprochement entre « ordre » et « violence » est un scandaleux oxymore  ?

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