LA CONTINUITÉ PÉDAGOGIQUE

"Aucun élève ne sera laisser sur le bord du Chemin". La "continuité pédagogique" à la maison accentue évidemment les inégalités devant les apprentissages et aggrave pour certains le rapport à l'école et les relations dans les familles.

LA CO NTINUITE PÉDAGOGIQUE : L ÉCOLE A LA MAISON, un « oxymore » dangereux !

 

Il y a déjà longtemps, dans les années 80, j’étais instituteur spécialisé au Centre Guilhem à Venerque dans la Haute Garonne. C’était un IMPRO et dans ma classe il y avait une quinzaine d’ados qui ne souffraient pas encore de TDAH mais qui avaient quelques problèmes d’attention et étaient un peu agités . La plupart étaient très fâchés avec l’école et pour certains l’école leur avait bien rendu.

J’avais négocié avec la directrice du CNED d’alors l’inscription de mes élèves aux cours d’enseignement à distance. Chacun avait un programme individualisé et une progression spécifique en fonction de leur niveau qui avait été évalué par le CNED. Ils avaient leurs correcteurs du CNED à qui ils envoyaient par la poste leurs devoirs et de qui ils recevaient leurs corrections et évaluations qu’on figurait sur un graphe.

Mon travail était d’expliquer les leçons et d’aider aux devoirs...mais je ne « notais » pas, le travail d ‘évaluation revenait aux enseignants correcteur du CNED.

Cette organisation avait de nombreux avantage que je ne décrirai pas ici.

Le principal était d’avoir à distance l’organisation, le contenu et l’évaluation et en proximité l’aide, la «  relation pédagogique ».

C’était un de ces rares moments studieux ou régnait un silence besogneux dans la classe.

Les jumeaux ( peut être se reconnaitront’ils ) se débattaient avec une leçon de mathématique : Conversion des mesures de longueurs.

La tension montait !

Nous avions au préalable travaillé ensemble sur cette leçon et construit les fameux tableaux de conversion, mais pour ces exercices d’application, ils étaient désormais seuls devant leur destin : la tension montait.

Pour l’un, bientôt, l’agitation se colorait d’un pourpre vif qui lui montait régulièrement au visage quand quelque chose ne lui allait pas... puis plus du tout .

Soudain le drame éclata : les dossiers, cahiers, crayons traversèrent la classe !

«  mètre , décamètre, centimètre, hectomètre...connard de mètre !!! »

L’agitation qui bien sur avait été contagieuse cessa soudain, un temps suspendu à la sidération du groupe :

«  Connard de maître !!!! »

Un temps suspendu à ma réaction, avant un éclat de rire bruyamment partagé.

 

On appelle ça « LA RELATION PÉDAGOGIQUE » ou plus doctement « LE TRANSFERT

PÉDAGOGIQUE ».

 

Plus simplement c’est l’ ÉCOLE et cela n’est à l’évidence pas possible à la MAISON !

 

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