MACRON : ATTENTION, CET HOMME NE "DÉCONNE PAS", IL EST DANGEREUX !

Le GRAND DÉBAT pourrait être l’ultime tentative pour préserver "l'existant" en déclinant une trentaine de questions autour desquelles le village gaulois pourra s’écharper jusqu’à l’ arbitrage rendu nécessaire par la menace du « chaos », de la « chienlit », des « extrêmes » et la lassitude de « l’opinion publique ». Les grands médias y contribueront.

Le problème n’est ni les gilets jaunes ou bonnets rouges, costumes gris ou chaussettes noires...ni le GRAND DÉBAT, le problème est la logique du capitalisme qui ne peut que mener au suicide collectif malgré sa capacité extraordinaire à recycler dans son système et sa propre logique ses « déchets » matériels ou humains , ce qu’on nomme curieusement ses extériorités négatives et leur recyclage « l’intériorisation des externalités négatives » : marché du carbone, Cat Bonds… et le traitement social des inégalités sociales, économiques et culturelles, du chômage et de la pauvreté.

 

Le GRAND DÉBAT pourrait être l’ultime tentative pour préserver cette logique en déclinant une trentaine de questions autour desquelles le village gaulois pourra s’écharper jusqu’à l’ arbitrage rendu nécessaire par la menace du « chaos », de la « chienlit », des « extrêmes » et la lassitude de « l’opinion publique » sans laquelle on perd désormais toutes les guerres.

Les grands médias appartenant pour la plupart à l’élite oligarchique y contribueront largement avec toujours la même lâcheté et servilité volontaires.

L’arbitrage pourra être bienveillant et redistribuer suffisamment un peu de richesse pour apaiser la violence afin que chacun rentre chez soi.

 

C’est la question politique que l’ organisation du grand débat veut esquiver.

Il est alors préférable de débattre de la limitation de la vitesse à 80 km/h et pourquoi pas, désormais, de l’ISF.

On voit bien que régulièrement Macron concède quelques revendications pour éviter la montée en température de la contestation, comme on refroidit un réacteur nucléaire non pour assurer son bon fonctionnement mais pour éviter son emballement et une réaction en chaîne.

Parfois même il va au-delà de ces revendication pour les policiers.

Il a grand besoin d’eux !

Effectivement une explosion est à craindre.

Il n’y a pas l’ombre de la moindre sincérité lorsqu’on l’entend parler du peuple et de sa compréhension de la colère des GJ.

Chez tous ses prédécesseurs même le mensonge avait des accents de sincérité, certainement parce qu’il était totalement assumé, tout comme était assumée son adresse.

Chez Macron il y a une inquiétante étrangeté dans son discours comme si la question de la vérité ne se posait même plus, comme si peu importait ni le fond, ni l’adresse, mais seule la forme, la « communication ».

 

Extrait de son discours du 10 décembre 2018 .

 

« Mais au début de tout cela, je n’oublie pas qu’il y a une colère, une indignation et cette indignation, beaucoup d’entre nous, beaucoup de Français peuvent la partager... mais cette colère est plus profonde, je la ressens comme juste à bien des égards. Elle peut être notre chance.

C’est celle du couple de salariés qui ne finit pas le mois et se lève chaque jour tôt et revient tard pour aller travailler loin.

C’est celle de la mère de famille célibataire, veuve ou divorcée, qui ne vit même plus, qui n’a pas les moyens de faire garder les enfants et d’améliorer ses fins de mois et n’a plus d’espoir. Je les ai vues, ces femmes de courage pour la première fois disant cette détresse sur tant de ronds-points ! 

C’est celle des retraités modestes qui ont contribué toute leur vie et souvent aident à la fois parents et enfants et ne s’en sortent pas.

C’est celle des plus fragiles, des personnes en situation de handicap dont la place dans la société n’est pas encore assez reconnue. Leur détresse ne date pas d’hier mais nous avions fini lâchement par nous y habituer et au fond, tout se passait comme s’ils étaient oubliés, effacés. »

Macron est alors l’éloquent porte parole des Gilets Jaunes qui comprend et ressent.

Lorsqu’il dit qu’il a compris, qu’il ressent la colère légitime des GJ, il ne ment pas, il ne dit pas non plus la vérité, il communique...et il n’y est pour rien dans ces colères qu’il comprend et ressent:

« Ce sont quarante années de malaise qui ressurgissent : malaise des travailleurs qui ne s’y retrouvent plus ; malaise des territoires, villages comme quartiers où on voit les services publics se réduire et le cadre de vie disparaître ; malaise démocratique où se développe le sentiment de ne pas être entendu ; malaise face aux changements de notre société, à une laïcité bousculée et devant des modes de vie qui créent des barrières, de la distance.

Cela vient de très loin mais c’est là maintenant. »

Il n’y est pour rien, mais plus encore il voit dans cette colère une chance pour la république !

« Elle peut être notre chance ». 

Cette chance il nous faut la saisir avec lui !

DÉBATTONS !

Le Kit méthodologique, les kits territoriaux, la charte… un immense foutoir hétéroclite d’ustensiles pour raboter la pensée.

Rien sur les questions macro économiques, rien sur les modèles économiques

Rien sur la dette et le service de la dette

Rien sur la monnaie et le fonctionnement de l’euro

Rien sur le fonctionnement de l’UE…

 

Cet homme est inquiétant, il est président de la République française !

Le seul moment de vérité que je lui connais c’est lorsqu’il s’est découvert, « hors de lui », véritablement possédé, pendant le meeting le 10 décembre 2016.

https://www.dailymotion.com/video/x54z2ez

Cette violence qui l’a submergé, nous la retrouvons légitimée dans celle des forces du « maintien de l’ordre ».

Rarement , les violences policières n’avaient fait autant de victimes graves.

S’installe un état policier que préparait, comme beaucoup le craignait, l’état d’urgence : de l’état d’urgence à la loi du 31 octobre 2017 renforçant la sécurité.

Warren Buffet avait la lucidité et l’honnêteté de convenir que la lutte de classe existait bien, et que c’était sa classe qui l’avait gagnée.

Pour Macron la lutte des classe n’existe pas.

Il est de droite et de gauche, ni de droite ni de gauche, sans idéologie…

C’est à dire qu’il n’y a chez lui aucune pensée dialectique tout comme il n’y a chez lui aucun doute, aucune remise en question, aucune altérité dans la pensée.

TINA comme disait Margaret Thatcher. Il n’y a pas d’alternative à la pensée de Macron, sinon, celle de Macron !

 

Cet homme ne déconne pas, il est dangereux !

 

Les français sont des veaux, comme le disait le général, mais des veaux qui s’intéressent de plus en plus à l’élevage.

 

https://blogs.mediapart.fr/michel-cazeneuve/blog/211218/les-francais-sont-des-veaux-qui-s-interessent-de-plus-en-plus-l-elevage

Alors est ce que le GRAND DÉBAT parviendra à éviter ces questions politiques qui ne sont pas le fondement même du capitalisme et de sa dérive financières mais ses attributs manifestes ?

-L’évasion et l’optimisation fiscale, l’euro, la dette, l’UE et son fonctionnement, la financiarisation de l’économie, le chômage et la pauvreté...mais alors dans une analyse macro économique qui interroge le politique, son fondement c’est à dire un choix de société.

Il semble que la culture politique des gilets jaunes mais aussi de tous les français ait considérablement évoluée, probablement grâce aux chaînes internet et aux réseaux sociaux.

Il semble que les grands médias soient enfin perçus comme des Appareils Idéologiques d’État comme disait Althusser.

Il faut donc aller chercher l’information ailleurs.

Sur les ronds points ces questions étaient débattues, en petit débat.

LE GRAND DÉBAT est organisé pour éviter ces questions.

Qu’en sera t’il , qu’en sortira t’il ? Qu’adviendra t’il ?

 

Attention, cet homme ne déconne pas, il est dangereux !

 

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