Bonapartisme, légitimisme, orléanisme

Dans le dernier Parti Pris de M Huertas, derrière l'image trop facile de Sarkozy en Napoléon-le-Petit, je perçois une grossière erreur d'interprétation de la situation politique actuelle (erreur malheureusement très répandue du fait de la paresse intellectuelle des commentateurs et d'une bonne partie de leur public, y compris sur Médiapart.)

Le parti bonapartiste d'aujourd'hui, conjoignant culte du Chef, nationalisme teinté de "social" et discours populiste trans-classiste, c'est le Front National.

L'UMP, avec son armée de notables rancis et son ancrage réactionnaire représenté par Wauquiez, Mariton, Ciotti... et Sarkozy soi-même, est devenu le nouveau parti légitimiste, et la victoire de Sarkozy à la présidentielle du parti n'est rien d'autre que cela: la victoire du plus légitime puisqu'ancien président de fraîche date. Ceux qui croient à l'intox des seulement 57% de participation et en déduisent comme M Huertas des commentaires oiseux sur le thème de la démobilisation des adhérents se trompent: de nombreux adhérents de l'UMP, énervés par la pantalonnade du tandem Copé-Fillon puis écoeurés par l'affaire Bygmalion, ont rendu leur carte et cessé de cotiser mais figurent encore dans les fichiers de l'UMP (par exemple, ma vieille mère, gaulliste "historique" de 92 ans qui a l'excuse d'avoir commencé d'être gaulliste à une époque où c'était vraiment dangereux).

Ceux-là ne reviendront pas à l'UMP, ils iront éventuellement au Front National ou resteront sur leur Aventin.

Le parti orléaniste d'aujourd'hui, avec son autre armée de notables "modernisateurs" et son culte technocratique des restructurations institutionnelles, du développement économique et du libre-échange comme principal sinon seul levier de l'évolution sociale, c'est évidemment le Parti "Socialiste".

Il y a donc bien toujours trois droites en France, il suffit simplement de bien les repérer.

 

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