À ceux qui comme moi sont nés à la politique vers la fin des années soixante, l'ambiance actuelle de fragmentation communautariste du corps social et politique donne vraiment la nostalgie de l'époque des combats unitaires pour de justes causes.
Je regardais hier soir un documentaire d'Arte sur la politique ségrégationniste dans le Mississipi au cours duquel était présentées les activités clandestines d'espionnage et d'intimidation organisées par le gouvernement de cet État sudiste et sa police raciste, à travers l'étrangement nommée "Sovereignty Commission", incluant l'assassinat de nombreux militants des droits civiques par le Klu Lkux Klan.
Parmi les victimes évoquées dans le film figuraient deux jeunes militants New-Yorkais de la NAACP, Schwerner et Goodman, dont les disparitions ont permis de réveiller (bien tardivement...) l'action du FBI.
Schwerner et Goodman étaient d'origine juive.
J'imagine qu'eux-mêmes, dans l'atmosphère d'intense politisation de cette époque-là, ne considéraient pas forcément leur ascendance ethnico-religieuse comme un élément essentiel de leur identité personnelle et de leur engagement politique, mais face au crétinisme lepeno-dieudonnesque ambiant, il me semble utile de rappeler l'existence de martyrs "juifs" de la juste cause des noirs américains.