Coronavirus: trois raisons d'espérer contrôler la pandémie

Même si l'OMS répugne encore à employer le terme, il s'agit bien d'une pandémie, mais qui reste pour l'instant gérable.

On peut espérer que l'épidémie reste contrôlable en Europe dans son extension et sa gravité à partir de 3 observations récentes:

1°) les morts qui se sont produites en Italie du Nord sont tous des sujets âgés et affaiblis par diverses pathologies (d'après le journal Corriere Della Sera la patiente la plus jeune avait 68 ans et était immunodéprimée par un traitement anti-cancéreux; de plus, elle avait récemment souffert d'une crise cardiaque) ; autrement dit, le taux de léthalité dans la population générale ne peut se déduire du taux de décès de l'ordre de 4% observé en Italie, d'autant plus que l'existence d'une grande proportion de cas peu graves, voire complètement asymptomatiques se confirme, et l'existence de sujets contaminants mais asymptomatiques montre au passage l'inanité des mesures de fermeture des frontières réclamées par les habituels vociférateurs d'extrême-droite (le démagovirus propagé actuellement par Salvini, Ciotti, Le Pen ou Dupont-Aignan me semble nettement plus dangereux que le coronavirus...)

2°) il semble que les premiers essais cliniques de l'antipaludique chloroquine soient encourageants pour le traitement des patients, et c'est un des facteurs qui pourraient expliquer la non-diffusion du virus en Afrique. En effet, il est probable que les Chinois qui vont travailler en Afrique consomment des antipaludiques: lorsque je faisais des missions de courte durée dans des pays où le paludisme est endémique comme la Tanzanie, je prenais du Lariam (méfloquine) à titre préventif (il serait sans doute intéressant de tester aussi le Lariam contre le coronavirus, mais je n'ai encore rien lu à ce sujet) ; les autres facteurs qui pourraient expliquer la faible diffusion en Afrique sont la jeunesse de la population-contact et la différence de climat, les zones non impaludées ayant pour la plupart des climats très secs, peu propices à la survie du virus en milieu extérieur.

3°) les mesures de restriction ponctuelles de la circulation et de quarantaine semblent commencer à porter leurs fruits en Chine et ailleurs, mais comme je l'écrivais il y a quelques jours il est encore trop tôt pour être optimiste.

Sauf en cas de toujours possible mutation du virus vers une forme plus virulente, il semble qu'il faille se préparer à gérer une pandémie dont l'intensité restera contrôlable par les systèmes hospitaliers des pays les plus avancés.

En tout cas, l'émergence de ce coronavirus aura mis en lumière l'extrême fragilité de l'hyper-mondialisation économique.

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