Dans un récent papier sur la montée des tensions entre Milei et le FMI, l'éditorialiste de La Nacion Carlos Pagni publiait cet intéressant diagramme:
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On y observe la montée du précariat en Argentine, avec une accélération depuis l'épidémie de Covid. Le statut de "monotributista" peut se traduire par "auto-entrepreneur" et sous cette appellation se cachent la plupart du temps l'ubérisation et la généralisatinn des contrats précaires de courte durée dans des emplois de service peu qualifiés.
Le fait que ces précaires bénéficient de moins de protection sociale que les salariés traditionnels, d'une part, et qu'ils nourrissent le rêve illusoire "d'être leur propre patron", d'autre part, provoquent un double ressentiment envers les mieux lotis et envers ceux que l'on peut situer en dessous de soi-même dans la hiérarchie sociale (et en premier lieu les travailleurs étrangers: les Boliviens, Péruviens et Paraguayens en Argentine, les Maghrébins et les Africains noirs en France).
Ce sont ces travailleurs du précariat qui ont fait le succès de Milei l'an passé, et qui risquent de faire celui de Bardella et Le Pen la semaine prochaine.