Le nouveau genre autobiographique

On a connu les must de Cartier, puis il a été indispensable d’acheter une montre Rolex avant 50 ans, sous peine de révéler au monde que l’on avait raté sa vie. De nos jours, pour afficher sa classe, il faut posséder une …Autobiography !

On a connu les must de Cartier, puis il a été indispensable d’acheter une montre Rolex avant 50 ans sous peine de révéler au monde que l’on avait raté sa vie. De nos jours, pour afficher sa classe, il faut posséder une …Autobiography ! Il ne s’agit bien sûr pas de rédiger son autobiographie ni de louer les services d’une plume anonyme, simplement d’acheter chez un concessionnaire Range Rover un « SUV », autrement dit un monte-trottoirs, de la finition « Autobiography » : vous prendrez « de la hauteur » (comme le recommandait la publicité), un excès de longueur et de largeur, mais surtout de la puissance ostentatoire. Il faut bien sûr que votre compte en banque le permette : prévoir au minimum 11 années de SMIC, voire 15.

Cette grosse voiture polluante et voyante, cette « auto-biographie », vous représentera dans la rue et sur les parkings. Vous proclamerez ainsi votre vie réussie, vous aurez bon genre. Vous vous ferez peut-être quelques illusions sur votre goût raffiné et sur votre culture …presque littéraire.

Les psychologues et les sondeurs qui travaillent pour le compte des marques automobiles connaissent bien les faiblesses de l’âme humaine friquée.

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