À l’article « Fanatisme » de son Dictionnaire philosophique (1764), Voltaire déclare :
« Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage ; c’est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l’esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu’ils doivent entendre.
Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? »
Dans sa réflexion sur le fanatisme religieux, Voltaire considère que les « lois » ne peuvent rien contre la « folie des hommes ». Si l’on essaie d’appliquer son idée à la situation actuelle en France, peut-être faudrait-il urgemment réfléchir à autre chose que des lois d’exception, votées dans la précipitation : réduire les libertés de tous, dont celle d’exprimer des opinions dans la rue ou dans le cadre d’une association, est-ce bien susceptible de maîtriser quelques « frénétiques » ?
Mais nos gouvernants ne vont pas puiser dans la pensée du xviiie siècle la sagesse pour conduire leur politique.