FANTAISIE ESTIVALE

...en attendant nous risquons fort d’être doublement victime de notre sous sol, ce qui doit nous inciter à stopper toute exploitation d’énergie fossile et, accessoirement, l’élevage des ruminants…

 

Allons bon !!, voilà que le méthane entre en jeu avec ses 9% d’augmentation dans l’atmosphère… On savait depuis quelques années que le réchauffement du permafrost libérerait un jour des quantités importantes de méthane ; on savait que le méthane était un redoutable gaz à effet de serre, 20 fois plus que le CO2, on savait donc que  l’augmentation de la production de CO2 aurait pour conséquence d’augmenter celle du méthane. Et inversement…. Mais certains, toujours les mêmes adeptes du déni, vous diront que l’homme n’a aucune responsabilité dans les émissions de méthane. Bien au contraire puisque c’est « son énergie fossile » qui produit le CO2 qui  produit l’effet de serre qui produit le réchauffement et libère le méthane ….

Dans l’immédiat, sauf invention extraordinaire, seule l’inversion de la température de la planète peut contribuer à réduire les émissions « naturelles »  de méthane. Pendant longtemps on nous en parlait pour incriminer essentiellement les flatulences des herbivores, c’était curieux, voire distrayant, de penser que l’avenir de la planète dépendait de la qualité digestive des ruminants. Avec le permafrost, fini de rire, car nous avons affaire aux flatulences de la planète elle-même qui, en Sibérie, n’a pas fini de digérer les accumulations organiques millénaires d’une biomasse bien conservé par le froid. Comme dans les confitures on y trouve  de « vrais morceaux » : mammouths, chevaux et sangliers hibernatus. Dans quelques centaines de milliers d’années tout cela sera transformé en gisements pétrolifères…. En attendant nous risquons fort d’être doublement victime de notre sous sol, ce qui doit nous inciter à stopper toute exploitation d’énergie fossile et, accessoirement,  l’élevage des ruminants…

Mais il y a peut être une autre façon d’obtenir une réduction des gaz à effet de serre pour sauver nos pâturages d'un sort injuste. Le confinement dont on déplore à juste titre  les effets sur l’économie et l’emploi, nous a révélé que nous étions aptes à changer de mode de vie et même, pour certains, lui trouver un intérêt nouveau. Ciel bleu et silencieux, l’air pur et les chants d’oiseaux, plus de transports transpirant, plus de déjeuner sur le pouce, plus embouteillages, l’imagination au pouvoir, le recours aux solidarités dans la proximité, la cuisine en famille, de façons d'exprimer ses sentiments, le  souci de soi et des autres, tant de rêves et de projets…

Mais surtout une réduction inattendue du taux de dioxine de carbone dans l’atmosphère.

Le confinement a aussi été pour les plus fragiles, exposés matériellement et psychologiquement, une contrainte insupportable en raison de son  effet d’amplificateur des difficultés quotidiennes de la vie. Ces dernières sont les vraies causes du mal être auxquelles il faut ajouter notre impréparation . Ce n’est pas un mode de vie ordinaire, et notre culture ne l’a pas intégré comme tel dans la diversité de ses expressions. Beaucoup de nos concitoyens ont eu un problème de mode d’emploi et leur perplexité s’est vite transformée en hostilité. Cependant il faut en tirer toutes les conséquences car nous  n’en avons pas fini avec les crises collectives.

Le confinement  s’est révélé être la seule arme efficace pour lutter contre une pandémie. Ne devrait-il pas nous inspirer pour lutter contre une pandémie non médicale mais combien plus dangereuse que le Corona virus : le réchauffement climatique…? Dire cela au lendemain du 14 juillet manque sans doute de panache mais pourquoi ne pas imaginer un confinement climatique mondial, d’une année au moins, à renouveler tous les  5 ou  10 ans. Cet événement de salut public universel permettrait à la société humaine de reprendre régulièrement son souffle, d’imaginer des régulations et des  limites  à son développement, de  mobiliser tous les humains sur des valeurs communes et surtout de faire le ménage, de sortir la poussière de dessous les tapis et de se donner le temps nécessaire pour consulter, prévoir, prévenir et organiser la planète sans avoir recours à la violence… En écrivant cela je me souviens de ce chef amazonien qui demandait à Danielle Mitterrand parlant de notre civilisation: « mais vous voulez aller plus vite jusqu’où ? ». Pour lui, prendre son temps et s’arrêter en chemin, ce n’est pas renoncer, mais reprendre son souffle pour repartir à pas comptés…

J’en ai parlé à mon âne Poulit qui trouve cette proposition très pertinente…

Utopie quand tu nous tiens ! MJ

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