SECURITE GLOBALE ou…TOTALITAIRE ?

Mise en place, au sein même d’une loi liberticide, d'une disposition de protection des forces de l’ordre incapable de maitriser leur violence ! Aurons-nous bientôt un super ministre de la sécurité globale … ou totale ?une globalisation totalitaire, l'Alpha et l'Omega de la démocratie !

 

SECURITE GLOBALE ou…TOTALITAIRE ?

    Tous les arguments exprimés en 2020 entre deux confinements sanitaires par les opposants humanistes, de gauche et de droite,  contre le séparatisme proposé par le Président comme un moyen de retour à la paix civile, ont fini, provisoirement, à le convaincre de ne pas utiliser ce mot inapproprié. Un mot dont la seule place est à côté du mot apartheid.(voir mon https://blogs.mediapart.fr/michel-joli/blog/230220/le-separatisme-expliqué à-poulit). Et cela d’autant plus qu’en, en septembre certains de nos parlementaires les plus perspicaces ont fait valoir que seule l’indivisibilité constitutionnelle de la République peut faire l’objet d’une loi et non des mesures d’ordre public tendant elles-mêmes à stigmatiser une partie de la population.

    C’est ainsi que l’hypocrisie s’est mêlée à l’affaire en novembre dernier avec une nouvelle expression propre à satisfaire l’intolérance méfiante de la population française à égard du risque d’évolution de l’interculturalité vers une opposition frontale « à l’américaine » où vers une détestable perte d’identité dans un métissage interethnique incontrôlable.

   Qu’importe, gardons la chose et oublions son nom ! Et voici le nouvel avatar qui nous arrive cet automne avec le beaujolais nouveau : La sécurité globale !

    C’est encore mieux que le séparatisme ! Au lieu de stigmatiser un « ennemi de l’intérieur » indéfinissable il faut le dissimuler en le fusionnant avec tous nos autres ennemis, pêle-mêle :   le virus Corona, les migrants, les terroristes, les excès de vitesse, le verre de trop, la violence ubiquitaire publique et privée, les harcèlements de tous genres, l’effondrement écologique, les violences faites aux femmes,   les catastrophes naturelles et technologiques,  LGBT, les phobies et les allergies sociales, la drogue, les gangsters de banlieues, les pesticides, les autos polluantes, le tabac, les fake news et les complots… la peur et la haine.

     Ainsi nous propose-t-on un projet législatif de sécurité globale, comme une philosophie de vie,  qui promet à chacun une assurance « tous risques » garantie par un nouveau concept d’emploi des forces de l’ordre. Ce serait bien étonnant si, dans cette confusion des risques et des moyens de les affronter on ne trouvait pas l’arsenal nécessaire pour tenir à distance les musulmans et autres intrus sans avoir à dénommer une impertinente intention xénophobe contraire à la tradition humaniste de la France.

   Une tradition bien entretenue par un sentiment tenace de culpabilité auquel elle sert de cache misère. En effet, notre pays a beaucoup fait en matière de négligence pour l’accueil et l’intégration des migrants depuis les années 50, où s’entassaient dans le bidonville de Nanterre les ouvriers algériens venus assembler les quatre-chevaux des 30 glorieuses. Il a fait beaucoup en matière de mépris pour « ces- gens-là », incapables de se loger décemment, incapables de supporter la vie loin de leur famille, de prendre des congés à la mer ou à la montagne… Il a fait beaucoup, avec un grand succès, pour que les musulmans qui se libéraient en Algérie soient humiliés en France et ne puissent trouver réconfort et solidarité que dans l’entre-soi. Au lieu de donner aux musulmans de France des conditions de vie décentes, de la fierté et des espoirs pour leurs enfants, nous leur demandons aujourd’hui de payer une dette déjà payée cent fois en s’associant à notre lutte contre le terrorisme islamique. Tout cela pour nous faire oublier qu’un jour nous avons rêvé d’un compromis civilisationnel et d’un communautarisme républicain, seule voie de coexistence pacifique et d’enrichissement respectif de cultures différentes, seule voie pour éviter la multiplication des camps de rétention, les jugements expéditifs, les reconduites aux frontières et l’abandon de toute dignité.

Aurons-nous bientôt un super ministre de la sécurité globale … ou totale ? L’Alpha et l’Omega de la sécurité ! Pourquoi le Conseil National de la Résistance n’y a-t-il pas pensé en 1947 ? sans doute en raison de sa grande connaissance des ravages du totalitarisme de l’Etat français de Ph. Pétain qui, dans le domaine du séparatisme avait atteint le sommet de l’ignoble.

  Ne sommes-nous point sur cette voie avec l’installation progressive d’un régime suprématiste blanc et l’ouverture de la chasse aux sorcières « islamo-gauchistes ». Tout a commencé par la lutte contre le terrorisme islamiste avec les moyens légaux dont dispose la police contre le crime organisé, visant les auteurs et leurs complices : à cela nous n’avons rien à dire et nous avons souvent applaudit nos gendarmes et policiers. Mais  le champ des incriminations extra-judiciaires s’élargira aux parents et amis, pour lesquels on inventera un délit d’intention et, de proche en proche, à tous les musulmans, puis aux migrants parce qu’ils parlent mal le français, qu’ils ne s’habillent pas comme nous, qu’ils dorment dans la rue et n’ont que la religion pour seul recours, enfin à toute la population, selon le bon vouloir des policiers qui trouveront sans mal un motif « séparatiste » et le moyen d’identifier les suspects, quitte à utiliser la violence…

Ce processus n’est-il pas déjà en route alors que le Parlement s’apprête à mettre en place, au sein même d’une loi liberticide, une disposition de protection des forces de l’ordre incapable de maitriser leur violence et d’organiser leurs interventions dans le respect des droits humains et des préceptes démocratiques. Michel Zecler ne serait – il pas la première victime du retour de la bête immonde?   MJ

 

 

 

 

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