LOBOTOMIE et ISLAMOGAUCHISME.

La loi sur le séparatisme, qui au final va probablement changer de nom sans changer d’objectif, me fait penser au traitement des maladies psychiatriques par la lobotomie, séparation chirurgicalement du cerveau pour isoler et laisser dépérir une partie jugée responsable de graves dysfonctionnements de l’appareil psychique....

LOBOTOMIE et ISLAMOGAUCHISME.

La loi sur le séparatisme, qui au final va probablement changer de nom sans changer d’objectif, me fait penser à Jack Nicholson et au traitement des maladies psychiatriques qui faisaient flores dans les années de l’après -guerre, surtout aux Etats Unis. Je veux parler de la lobotomie qui avait pour objectif de séparer chirurgicalement le cerveau pour isoler et laisser dépérir une partie jugée responsable de graves dysfonctionnements de l’appareil psychique. Pas une petite partie  dissidente que nous pourrions aujourd’hui neutraliser par des traitements chimiothérapique, radiothérapique ou faiblement invasifs, mais  une grosse partie, à l’américaine, généralement toute la partie frontale du cerveau. Cette opération avait pour but de faire disparaitre les manifestations les plus  anti-sociales et dangereuses de certaine folies…

…en transformant sans espoir de retour le patient en zombie.

    La lobotomie était aussi une arme sous forme de menace, celle  de la « petite mort » que  redoutaient les plus fous et même les simulateurs comme Randle Patrick McMurphy le héros. C’est l’histoire de cette menace, puis son exécution que nous raconte Milos Forman dans son formidable film « vol au-dessus d’un nid de coucous (1975).

LOBOTOMIE SOCIALE

    Un demi-siècle plus tard, le traitement psychiatrique de la lobotomie a disparu dans notre pays pour y recevoir une application nouvelle. Il s’agit d’extirper une tumeur, nommée  djihadisme qui rend folle notre société. Une tumeur longtemps redoutée et aujourd’hui bien visible comme une métastase venu d’Orient. Une maladie qui ne se cache pas et dont les porteurs sont bien mieux identifiés que ceux du COVID 19.

Or le traitement qui se met en place s’inspire de la lobotomie chirurgicale. Il consiste à se séparer par stigmatisation d’ une population de  5 millions de musulmans en raison de leur origine et de leur religion. Victimes eux aussi de la crise économique qui plonge le plus grand nombre dans la précarité, ils sont  les uns et les autres également menacés à chaque inspiration par un virus qui ne fait pas de différence. Le traitement de choc que nous impose le Gouvernement ne peut que tuer le malade. Nous pouvons légitimement nous demander si cela n’est pas un objectif à la veille du grand chambardement planétaire.

     Car il serait quand même plus simple et mieux accordé à nos valeurs républicaines  de détruire spécifiquement cette tumeur insupportable par des  moyens ciblés et de renoncer aux amalgames qui conduiront à la destruction de l’unité nationale. C’est exactement ce que la psychiatrie a fait en refusant de détruire un individu sous prétexte de le guérir.

En revanche, les gouvernants qui ont toujours un train de retard pensent que la lobotomie sociale  permettra un retour au calme comme dans le pavillon de l’ Hospice de McMurphy … Ils y croient,  au risque -calculé ou pas-  de faire de nous tous des zombies décérébrés.

 DEFENSE IMMUNITAIRE

    N’est-il pas urgent de concevoir autrement le traitement de cette maladie ? Ne pourrions-nous pas  utiliser, comme la médecine le fait couramment pour le traitement des tumeurs, l’arme de défense immunitaire à la place du traitement par lobotomie du corps social et prévenir en amont  le mépris et la haine  d’une autre culture jugée à priori infréquentable. Il suffirait pour cela de montrer  aux musulmans que nous les considérons bien comme des concitoyens et, même plus, comme des frères et des sœurs à part entière. Nous pourrions ainsi mettre un terme à un soupçon légitime d’hypocrisie qui fait le lit d’un intégrisme de revanche comme une alternative à des racines perdues. Il est certain que s’ils pouvaient avoir cette conviction, une grande partie de notre problème de  coexistence serait réglée. Encore faudrait-il pour cela que nous leur apportions des preuves tangibles de notre désir de vivre tous ensemble, paisiblement, dans le respect des valeurs républicaines, des différences culturelles et des modes de vie qui  s’estomperont par métissage. Je suis certain que cette réaction immunitaire serait le meilleur adjuvant d’une indispensable thérapie offensive ciblée, associant toutes les ressources de la lutte anti-terroriste sur le terrain et de la Justice dans les prétoires.

Nous sommes au lendemain du drame épouvantable de Nice et c’est avec beaucoup d’émotion que je pense à nos ami-e-s inconnu-e-s  endeuillés par la perte de leurs proches. Je n’ai rencontré personne qui ne soit pas révulsé par la façon dont on leur a ôté la vie sous le prétexte d’une guerre qui ne fait que satisfaire la perversion religieuse des assaillants. On peut parler sans cesse des circonstances, des causes et des conséquences de cet attentat. Rien ne pourra cependant apporter un soulagement à la douleur des parents et des amis, sauf le sentiment de ne pas être enfermé, seul, dans sa souffrance. C’est  là que le mot communion  prend tout son sens étymologique.

ISLAMO-GAUCHISME

     Une fois encore cette attaque  devient le prétexte à des discours d’opportunité politique  et d ’indignation collective orientées contre tous ceux de nos concitoyens qui refusent  de se laisser entrainer dans un séparatisme aussi morbide que l’islamisme lui-même.

    Le Gouvernement, dans sa soif d’originalité sémantique après un mauvais usage du mot séparatisme a décidé de jouer aujourd’hui le couplet de la dénonciation de l’islamo-gauchisme. Cette chimère de carnaval chinois n’a pour seul objet que de désigner à la vindicte populaire ceux qui refusent une lutte frontale et partisane contre un ennemi intérieur identifié par la seule appartenance à une religion, une culture…(et une race ?). Ainsi faudrait-il désigner d'hypothétiques  porte-bidons  du terrorisme ambiant pour leur malveillance, leur lâcheté ou leur pacifisme et se donner l’illusion qu’ils se  constituent en parti politique.

Sans doute le parti des collabos ?...

   Des collabos qui, pendant les années d’après-guerre se sont constamment engagés contre l’Etat colonial, ont soutenu les opposants aux dictatures, dénoncé les abus de pouvoirs, la peine de mort, les massacres africains, les prédations multiples du capitalisme, la dénonciation des inégalités et des injustices…Des collabo qui ne rêvent que de la réintégration effective de la fraternité dans les valeurs républicaines…des collabos qui portent assistance aux migrants clandestins, qui font vivre la solidarité avec les plus pauvres et les plus faibles…Des collabos qui en ont pris plein la gueule avec la mondialisation, la déréglementation généralisée et la destruction en cours de ce qui fait l’unité de notre espèce.

    Des collabos, bien sûr ! Mais collabos des Droits de l’homme et de la Protection des ressources communs du vivant. Ne pourrait-on pas en parler sérieusement plutôt que de se jeter des anathèmes à la figure et de subir la lobotomie institutionnelle ?

Non, cela n’est  pas possible, parce que  la dénonciation des « islamo gauchistes » n’a rien d’idéologique, ce n’est que l’exploitation d’une situation politiquement clivante pour ouvrir opportunément  la campagne présidentielle de 2022. Il n’y a rien à discuter car c’est une instrumentalisation qui flatte tous les conservatismes avec, il faut bien le dire  la complicité intéressée des Etats islamistes totalitaires  comme la Turquie qui ont tout à gagner de nos divisions.

     Depuis quelques semaines je me sens naturellement visé par cette vindicte … c’est troublant parce que je ne suis ni gauchiste ni islamiste, juste militant de la cause kurde dans le sillage de Danielle Mitterrand. Cependant, je serai toujours de ceux qui dénoncent  l’association de ces deux termes qui fait également  insulte à la Gauche et à l’ Islam.

Un peu comme le brun qui fait simultanément insulte au vert et au rouge…

     J’ ai des amis, ici et là qui refusent ce mélange mais qui sont tous d’accord sur un point : l’urgence, aujourd’hui, n’est pas de profiter d’une émotion collective pour appeler à l’union. C’est la ritournelle du jour qui se répète comme l’ultime traitement de la crise sanitaire; mais c’est aussi le slogan des apprentis dictateurs qui ne sont pas encore parvenus à la dernière étape de leur parcours : « tous unis derrière moi ! , unissez-vous pour obéir… etc ».

    Alors que l’urgence, c’est de résister :

   - A tous ceux qui ont intérêt à désunir notre humanité par un recours insupportable au mensonge, à la domination économique, au chantage, au mépris, à la stigmatisation de faibles, des pauvres et des laissés pour compte ;

  -A tous ceux qui veulent continuer à leur seul profit l’exploitation prédatrice de nos ressources naturelles.

  -A tous ceux qui n’imaginent pas un seul instant qu’il est plus important de poser des limites au progrès plutôt que de poursuivre une fuite en avant qui nous précipite vers le chaos.

Méfions-nous de ceux qui fabriquent des mots pour désigner un nouvel ami ou un nouvel ennemi. Dans les deux cas le mot a un arrière sens, comme on a des arrières pensées…

 MJ

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