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Billet de blog 27 oct. 2022

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Poutine fait-il la bombe ?

Il est de bon ton de tenir Poutine pour un fou, illogique, bluffeur, ne sachant pas où il va. De la sorte, il n’est pas nécessaire de parler de l’impérialisme russe multiséculaire et de comprendre les enjeux autour de l’armement atomique. 

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bien des journaux et des revues consacrent des « dossiers » à Poutine, à la Russie, à l’armée russe, à l’armée ukrainienne. Une bonne partie s’en tient à l’anecdote ou à des « décryptages » consistant en formules toutes faites ou en des opinions infondées. C’est ce qu’illustre l’Obs du 13-19 octobre 2022, qui consacre 14 pages à « Poutine la bombe humaine ».

Déjà un tel titre, conçu pour accrocher le lecteur, est un bon indicateur de la suite : il ne veut strictement rien dire.

L’édito de Cécile Prieur (directrice de la rédaction) se réduit à une incantation où elle répète sur tous les tons que Poutine est fou. Par exemple : « empruntera-t-il la diagonale du fou dans l’immense partie d’échec… ». Le fou, aux échecs, se déplace seulement en diagonale. Ce n’est pas parce qu’il est fou, puisque cette pièce est appelée éléphant, évêque ou chasseur en d'autres langues. Donc une expression vide de sens pour dire que Poutine agit comme un fou.

« L’atome, qu’on espérait remisé au rayon des vieilleries de l’histoire grâce aux traités successifs de dénucléarisation, revient donc en force dans nos représentations collectives et réactive nos peurs ancestrales de fin du monde. » Une erreur à chaque partie de cette phrase ! Il n’existe aucun traité de dénucléarisation, et le seul traité, signé en 1968, concerne la non-prolifération des armes nucléaires. Il stipule que « tous les États s'engagent à progresser vers un traité de désarmement général et complet sous contrôle international strict et efficace ». Ce progrès est bien lent car un tel traité n’est toujours pas en vue. Le seul nouveau traité depuis 1968 est bilatéral :  il concerne les missiles à moyenne et courte portée des États-Unis et de l’URSS (8 décembre 1987). Les deux s’en sont retirés depuis 2019. Les traités START (réduction des armes stratégiques), toujours entre EU et Russie mis à jour en 2021, plafonnent à 1 550 les ogives nucléaires (cette limite était de 6 000 en 1991). Il faut être singulièrement négligeant ou ignorant pour parler de « vieilleries de l’histoire » à propos de « l’atome ».

Si c’était le cas, pourquoi a-t-on si peur que l’Iran se dote d’armes nucléaires ? Pourquoi les autres pays sont-ils dissuadés d’en construire ? Entre 1991 et 2001 l’Ukraine, alors 3e puissance nucléaire mondiale, s’est débarrassée de ses 1 700 ogives nucléaires et a détruit tous ses silos à missiles, contre la garantie de ses frontières (promise par les États-Unis et le Royaume-Uni) et de la coopération économique avec la Russie. En envahissant la Crimée en 2014, les Russes ont bafoué cet accord. Personne, alors, n’a parlé de la folie de Poutine.

Quant à réactiver « nos peurs ancestrales de fin du monde », là aussi quelle ignorance. L’ouvrage de Jean Delumeau, La peur en Occident (Fayard, 1978) a mis fin à la légende des peurs de l’An mil, en montrant que la peur de l’imminente fin du monde s’est développée sur la base de la lutte entre Dieu et Satan, entre les XIVe et XVIe siècle. Les « peurs ancestrales » de fin du monde relèvent d’une pseudo-anthropologie pour laquelle les primitifs ou les sauvages – en tout cas nos ancêtres plongés dans l’irrationnel - éprouvaient des peurs que nous avons depuis longtemps chassées de notre horizon. Et voilà qu’elles reviennent, à cause de Poutine. Que dire des Suisses, qui disposent d’abris antiatomiques régulièrement contrôlés par la protection civile ? Et des Finlandais, qui peuvent abriter 70% de la population ? Sont-ils en proie à une « peur ancestrale » ?

La réalité est que tout le monde a peur d’une attaque nucléaire, depuis 1945, mais que cette peur est plus ou moins diffuse, plus ou moins documentée (très mal lorsqu’on croit ou fait croire qu’une centrale nucléaire peut « exploser » comme une bombe), donne lieu à plus ou moins de précautions, et nourrit non pas des « représentations collectives » (qui formeraient un bloc) mais des attitudes et conduites fort variées, selon le pays où on habite, selon l’armement atomique dont on dispose, selon la place que prend l’armée dans la direction d’un pays, et surtout selon ce qu’on se représente comme étant la « fin du monde ». Du monde humain ? Du monde civilisé ? Du monde vivant ? (et même quelles parties ?) De la planète ?

C’est sur des idées aussi vagues ou aussi fausses qu’est bâtie la rhétorique de Cécile Prieur : « le monde irrationnel d’un dictateur », « une escalade finalement mortelle pour le Kremlin », « la diagonale du fou », « un homme dont l’hubris a démontré qu’il pouvait défier toute logique » ; pour conclure par : « il ne faut rien lâcher face à l’impérialisme russe : pour faire admettre à Poutine le fait qu’il ne pourra plus bluffer très longtemps ».

Si je m’intéresse autant au verbiage de la directrice de la rédaction de l’Obs, c’est parce qu’elle est tout à fait « tendance ». Il est de bon ton de tenir Poutine pour un fou, illogique, bluffeur, ne sachant pas où il va.

De la sorte, il n’est pas nécessaire de parler de l’impérialisme russe multiséculaire, de comprendre les enjeux autour de l’armement atomique, de chercher à savoir ce qu’est la Crimée pour les Russes, et, finalement, de ce qu’est l’Ukraine pour les Russes occidentaux (disons les Moscovites pour aller vite).

Cet édito donne le ton. Car l’article de Pierre Haski – intitulé « Poutine. La bombe humaine » (comme en première page), est aussi indigent. Poutine est à ce point déconnecté de la réalité « qu’il a cru pouvoir changer à lui seul l’ordre international ». Ce calculateur cynique est en échec total : ses plans de bataille se succèdent, ses généraux sont limogés. Néanmoins la guerre sera longue. Et il va continuer son escalade, les tirs du 10 octobre n’étant qu’un avant-goût. Cela parce qu’il « poursuit sa fuite en avant », et agite la menace nucléaire. Bien que Poutine soit déconnecté, Pierre Haski nous « rappelle » qu’il est « malgré tout, le lointain héritier d’une « grammaire » stratégique soviétique, l’art de la dissuasion ». Est-ce pour cela que Pierre Haski estime que lui seul va décider de la prochaine phase de la guerre, et qu’il y joue son pouvoir. Au fait, c’est quoi une « bombe humaine » ? Quelqu’un qui se fait exploser avec une ceinture d’explosifs ?

L’article suivant : « et s’il appuyait sur le bouton ? » serait cocasse si le sujet était plus léger. L’invité de la revue, Joseph Cirincione, est un spécialiste de la prolifération nucléaire. Il a imaginé quatre scénarios, au cas où Poutine atteindrait une « rupture avec la réalité » de niveau trumpesque, croyant qu’il peut façonner le monde par sa seule volonté. Une rupture que prouverait son discours d’annexion. J’ai beau avoir lu un grand nombre de déclarations de Poutine, pas une n’indique une telle volonté. Reconstituer la « Grand Russie », sans doute ; vouloir être digne de Catherine II et de Staline, sûrement. Chercher à rester le principal dirigeant de la Russie encore longtemps, il le montre constamment.

Le 1er scénario serait le lancement d’un missile dans la mer Noire ou une zone inhabitée : pas de dommages importants, mais un « choc planétaire » : « le monde s’arrêterait net ».

Le 2e scénario : une cible militaire atteinte par une arme de « faible puissance » ; ça n’affecterait personne au-delà de centaines de kilomètres. Il n’y aurait même pas de nuage nucléaire.

Le 3e scénario : une bombe de 50 kilotonnes sur l’Ukraine. « On ne sentirait rien à Paris ou Bruxelles. » Certains pensent qu’il faudrait une réponse nucléaire, « pulvérisant » ceux qui auraient lancé la bombe. Mais alors, dit-il, comment éviter une contre-frappe ?

Le 4e scénario est l’attaque d’un autre pays, par exemple une base aérienne polonaise. Et Poutine prétendrait que c’est en réponse à l’agression de l’OTAN contre la Russie.

En résumé, on ne sait pas jusqu’où Poutine est prêt à aller : il peut lancer des centaines d’engins nucléaires. Conclusion : pour éviter une guerre atomique il faut se débarrasser des armes nucléaires.

Avec cet entretien, ce n’est plus de l’indigence, c’est de la bouffonnerie. Le choix des 4 scénarios, leur description et leur commentaire est ridicule. C’est d’ailleurs ce qu’a dit, sans prendre de gants, un des hauts gradés qu’invitent fréquemment des chaînes telles que BFMTV, LCI ou France-Info.

La question est : comment une revue aux telles prétentions de qualité peut-elle publier de telles idioties, du niveau d’un jeu vidéo pour enfant de 6 ou 7 ans ?

L’article suivant, « Au Kremlin, l’union sapée » nous propose une réflexion approfondie : Poutine est fragilisé, son pouvoir vacille. Mais « Il demeure le seul maître à bord. Tant que le bateau reste à flot. » Ça alors !

Pour finir, « L’incroyable courage de s’opposer » présente une liste de personnes emprisonnées pour avoir critiqué l’invasion de l’Ukraine. Donne-t-il une idée de l’organisation des opposants ? De leur impact sur la population ? Non.

Nous voici donc avec un « dossier » sur la Russie où nous n’apprenons strictement rien, où la recherche de formules-choc a visiblement primé la réflexion sur les contenus, et où, en particulier, la parole relative à l‘emploi des armes nucléaires est donnée à un « expert » fort limité.

Ce qui est déplaisant dans l’Obs (comme dans d’autres revues, mais c’est celle-ci que j’ai lu) est de faire passer du travail bâclé pour un travail d’investigation et de réflexion disons géopolitique. Tout cela pour pouvoir afficher « Poutine La bombe humaine ».

Pourtant un certain nombre de questions méritent un peu de réflexion. Par exemple :

1° D’où Poutine tient-il sa certitude que l’invasion de l’Ukraine est légitime ?

Du simple fait, le répète-t-il sans cesse depuis son accession à la présidence, que l’Ukraine n’est rien d’autre que la « petite Russie », à côté de la « Russie blanche » (Biélorussie). Cette affirmation est la reprise, entre autres, des thèses de Nikolaï Danilewski (La Russie et l’Europe, 1871) :

« Pour tout Slave — Russe, Tchèque, Serbe, Croate, Slovène, Slovaque, Bulgare (je voudrais ajouter aussi Polonais !) — après Dieu et la sainte Église, l’idée du slavisme devrait être la plus élevée, plus élevée que la liberté, la science, l’instruction, plus élevée qu’aucun bien de ce monde, parce qu’un Slave ne peut obtenir tout cela sans la réalisation de l’idée du slavisme, sans l’existence d’un slavisme indépendant au point de vue intellectuel, national et politique ; au contraire, tous ces biens ne peuvent être obtenus que comme résultat de cette indépendance ».

La Russie n’a pas à conquérir la Biélorussie et l’Ukraine, « parce qu’on ne peut conquérir ce dont on est propriétaire, ce qui a toujours été tel et ce que tout le peuple russe a toujours considéré comme sien ». Pour lui le type slave dispose de caractéristiques psychiques qui le distinguent de l’Europe « germano-romane ».

 « Le signe caractéristique de la civilisation individualiste de l’Europe occidentale, c’est la violence (Gewaltsaumnkeiz) ; celle-ci se manifeste par le fait de vouloir imposer l’Église occidentale comme universelle […] Il n’y a rien de semblable dans le slavisme qui, par ses dispositions, par ses sentiments, par les travaux de sa pensée, par ses institutions, etc., est anti-individualiste, porté à la communauté et pacifique dans ses tendances ». Par suite : « La maladie de la Russie c’est la tendance à se faire européenne. Cette maladie empêche l’accomplissement de la grande mission du peuple russe ; elle peut, à la fin, malgré l’apparente puissance de l’État russe, épuiser la source de son génie, priver la vie historique russe de sa force vitale intérieure et rendre inutile son existence… »

Pour Danilewski et ses semblables, l’Ukraine s’est reconnue vassale du Tsar en 1654 par le traité de Pereyaslav, les Cosaques zaporogues se protégeant ainsi des Polonais. Ce traité est considéré par les Ukrainiens prorusses comme l’union des peuples slaves russes, ukrainiens et biélorusses. Pour les patriotes et nationalistes ukrainiens, il marque le début du joug russe sur l’Ukraine. Alors que la constitution de 1710 marquait fortement l’indépendance de l’Ukraine vis-à-vis de la Russie.

2° En quoi l’annexion, via un référendum à la soviétique, de quatre oblasts est-elle importante à ses yeux ?

Sur cette question j’aime autant laisser la parole à Françoise Thom, agrégée de russe et historienne, avec son article « La matrice autocratique en Russie : une fatale attraction », publiée dans Desk Russie, du 14 octobre 2022.

Le 25 septembre 2022, Igor Guirkine, officier du FSB, ancien « ministre de la Défense » de la « république populaire du Donetsk », en 2014 la cheville ouvrière de l’annexion de la Crimée et l’artisan du projet de « Novorossiïa », présente ainsi sur son blog la décision d’organiser des référendums dans les régions de Lougansk, Donetsk, Zaporojie et Kherson sur l’incorporation de ces territoires dans la fédération de Russie. « Cet acte nous fait franchir le Rubicon. Après cela il nous sera impossible de revenir en arrière. » Guirkine constate avec soulagement qu’enfin la Russie a proclamé une idéologie claire. Du coup, se félicite-t-il, elle a perdu la marge de manœuvre qu’elle avait tant qu’elle restait dans le vague quant à ses objectifs. « Le 27 septembre ces territoires seront incorporés dans la Grande Russie. Et le Kremlin sera le dos au mur. […] La Russie sera forcée de défendre ces territoires quoi qu’il en coûte car les perdre serait subir une défaite qu’il sera impossible de camoufler » Et de suggérer la suite : après le 27 septembre la Russie doit présenter un ultimatum à Kiev : ou bien Kiev évacue son armée de ces territoires ou bien la Russie lui déclare la guerre sous le prétexte que les troupes ukrainiennes occupent des terres russes. Quoi qu’il en soit, la mobilisation est maintenant irréversible : « Nous entrons maintenant dans une nouvelle réalité : ou bien l’Ukraine capitule, ce qu’elle ne fera pas, ou bien la Russie entrera en guerre contre elle pour libérer de nouveaux territoires. Aucun accord diplomatique n’est possible. »

3° Pourquoi parle-t-il si peu de la Crimée ?

Parce qu’il a tout dit le 18 mars 2014, sur la place Rouge, devant 100 000 personnes : « la Crimée est comme un bateau qui, après un voyage long et pénible, est enfin rentré dans son port d’origine. » Un port relié à la terre russe par un pont de 18 km de long. Pont endommagé par l’explosion d’un camion piégé le 8 octobre 2022. Explosion suffisamment faible pour que la circulation soit rétablie au bout de quelques heures. Qualifiée, dans les jours qui ont suivi, de revers majeur pour l’armée russe, cette attaque n’a manifestement pas eu l’impact souhaité. Elle a pourtant servi de prétexte pour envoyer, le 10 octobre, une centaine de missiles et de drones sur une vingtaine de villes dont Kiev, Lviv, Kharkiv, Odessa. Bilan : 11 morts, 89 blessés (selon la présidence).

Retour au XIVe siècle. Les Tatars s’installent en Crimée. Vassaux de l’empire Ottoman, ils deviennent musulmans turcophones. Le khanat de Crimée est annexé par la Russie en 1783, sous l’autorité de Catherine II. Pour russifier la Crimée, en 1785, Catherine démobilise les soldats qui acceptent de s’y installer ; ils peuvent faire venir leur femme.

La guerre de Crimée oppose, de 1853 à 1856, l’empire Ottoman - aidé des Anglais et des Français - à la Russie. Elle est perdue par la Russie, sans grandes conséquences.

En 1917, plusieurs peuples en revendiquent l’autonomie. Les Tatars établissent une « République populaire de Crimée ».

À la fin de l’été 1917, la Rada discute avec le gouvernement russe de l’inclusion de la Crimée dans l’Ukraine. Après 4 ans de confusion pendant la guerre civile, la Crimée devient, en 1922, « République socialiste soviétique autonome de Crimée », membre de l’URSS, comme l’Ukraine et d’autres. En 1946, elle devient une province de Russie, repeuplée de Russes : tous les noms de lieux sont russifiés.

Le 20 janvier 1991, la Crimée se déclare « république autonome » au sein de l’Ukraine. Au référendum sur l’indépendance de l’Ukraine, tenu en décembre 1991, le oui ne recueille que 56 % de votes en Crimée et 59 % à Sébastopol, de loin les plus bas scores du pays : 92,26% en moyenne, avec des maxima dans l’ex-Galicie : 99,2% à Ternopil (région), 98,9% à Ivano-Frankivsk, 98,1% à Lviv. Le parlement de Crimée tente, l’année suivante, de déclarer l’indépendance de la Crimée. Il est contraint par le gouvernement de l’Ukraine d’amender sa déclaration : « la République de Crimée est une partie de l’État de l’Ukraine et détermine ses relations avec l’Ukraine sur la base de traités et accords ». Ce qui n’empêche pas, durant les 20 ans qui suivent, que la majorité des habitants de Crimée se tournent vers la Russie. Lorsque le président de l’Ukraine est destitué, le 22 février 2014, des groupes d’autodéfense russophones occupent des lieux publics, et un gouvernement autoproclamé s’installe, avec la promesse d’une intervention russe. Le 11 mars, le parlement de Crimée vote la sécession, puis le rattachement à la Russie (non reconnu par l’Ukraine, et non agréé par l’ONU). Pendant ce temps 30 000 soldats russes sont déployés en Crimée. Le 16 mars, un référendum propose soit le rattachement à la Russie, soit le retour au statut de 1992. Le rattachement l’emporte avec 95 % des voix, dans un territoire peuplé à 58 % par des Russes (24 % d’Ukrainiens et 12 % de Tatars). Des sondages par un institut indépendant (GfK) indiquent, en 2015, que seulement 2% de la population récuse le rattachement à la Russie. La part des russophones a augmenté de 58 % en 2001 à 65 % en 2014. 84 % des habitants déclarent le russe comme langue natale. L’enseignement primaire est à 96 % en russe.

Nous avons longtemps, dit Poutine, laissé l’Ukraine agir à sa guise en Crimée, dit Poutine, pour être « bon voisin ». Mais ceux qui ont exécuté un coup d’Etat en Ukraine sont les « héritiers idéologiques de Bandera, le complice d’Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale. » Rien d’étonnant, alors, que la Crimée soit très prorusse.

J’aurais pu poser bien d’autres questions, mais ces trois-là nous font entrer dans la complexité de l’histoire, récente et plus ancienne. Parler de "bombe humaine » et de « diagonale du fou » ne permet pas de traiter ces questions ou même les occulte.

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