FERRAND : RETARD A L'ALLUMAGE DANS L'INFORMATION

On peut s'étonner que la presse régionale comme la Justice aient pris un aussi long temps de réflexion, ou le temps de la prudence, pour enfin plonger au coeur de l'affaire de l'acquisition immobilière Ferrand à Brest, tandis qu'un certain nombre d'informations ne demandaient qu'à être vérifiées et développées pour être portées à la connaissance des citoyens. Désormais, la Justice est saisie.

On s'est bien éloigné de l'esprit mutualiste dans cette combine immobilière. Le conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne était-il informé du lien entre Ferrand et Sabine Doucen, sa conjointe ? 

Cette dernière a visiblement  constitué sa SCI  dans l'urgence. Probablement pour pouvoir présenter à la mutuelle des locaux adéquats à la recherche du moment dont elle ne pouvait être au courant que par son conjoint alors directeur des Mutuelles de Bretagne.  

Mais des locaux qui ne lui appartenaient pas encore au moment du vote d'acquisition du conseil d'administration des mutuelles alors présidé par Michel Buriens. Locaux dont les travaux de rénovation et mise en état ont été payés par les Mutuelles de Bretagne, soit 184 000 euros.  

On le voit aujourd'hui : un sacré jackpot donc pour la Sci  familiale (Saca) créée à  1000 actions à un euro pour un bien acheté à crédit plus de 400 000 euros. Et qui perçoit depuis des Mutuelles un loyer annuel de 42 000 euros. 

On ne peut pas dire que la famille Ferrand-Doucen n'a pas un sens poussé des affaires immobilières et des intérêts personnels. Au nom d'une cause sociale d'intérêt général.  

Un certain nombre d'informations étaient connues depuis la mi-mai environ. Certaines autres concernant diverses opérations qui semblent marquées par la complaisance de clan surgissent depuis. 

On peut s'étonner qu'il ait fallu plus de 10 jours aux organes de presse, enfin presque tous sauf Le canard, Le Parisien, Médiapart et Le Monde, pour se réveiller sur le sujet qui fâche la morale.

Le billet ci-dessus publié le 24 mai donnait brièvement un avant-goût sur le coeur du sujet mais les deux quotidiens bretons ont tardé à traiter l'affaire Ferrand-acquisition immobilière.

Il faut dire que la justice n'a pas été plus prompte à s'y intéresser.

Les hommes de pouvoir bénéficient-ils d'un préjugé favorable de la part des pouvoirs en place ?

Vivement la loi de moralisation de la vie publique et la libération de conscience de TOUS  les journalistes. Sans exception. 

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