L'APARTHEID COMMENCE A L'ECOLE

Capital intellectuel, capital social et économique (et ils vont souvent de pair) sont incontestablement des atouts majeurs pour favoriser la poursuite d'études un peu poussées. Et donc une adaptabilité à l'environnement et au monde dans sa diversité. Il n'en reste pas moins que l'Ecole,-et on devrait dire les écoles, car elles sont souvent maintenant fonction des origines sociales des jeunes-, se devrait de rester une chance pour tous, sur tout le territoire de la République. Ce qui évidemment est loin d'être le cas.

S'il existe un déterminisme social, peu conforme à la devise de la République mais sociologiquement établi, ce n'est certainement pas en dénigrant l'enseignement, en réduisant ses moyens, en montrant du doigt les enseignants, en les privant de formation initiale, comme l'a fait Sarkozy, en stigmatisant les origines des uns ou des autres, qu'on rétablira l'égalité des chances pour tous. Et dans ce cas, la continuité territoriale de l'enseignement, facteur déterminant du maintien du tissu social républicain, qui est toujours à renouveler, n'existe plus  dans le pays.

Négliger d'apporter à l'enseignement la primauté des moyens de l'Etat, c'est le plus sûr moyen de favoriser la violence et de maintenir l'apartheid social. C'est l'assurance absolue de continuer à favoriser les plus nantis par des structures d'enseignement à plusieurs vitesses selon l'origine des familles. La fracture sociale commence par la discrimination scolaire.

Et le rétablissement de l'égalité des chances, commence par l'école ouverte à tous, sans aucune condition de condition. Disposant de moyens suffisants et adaptés, si besoin, pour chacun. Sinon, le résultat, c'est évidemment l'apartheid dans des territoires de relégation sociale. 

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