michel kerninon
Abonné·e de Mediapart

106 Billets

1 Éditions

Billet de blog 3 sept. 2014

TRIERWEILER : UN PEU DE BRAVITUDE ET FERMER LE BAN !

michel kerninon
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il y a de l'obscénité dans le récit de la relation de ce couple par Trierweiler.  Mais la véritable atteinte au fonctionnement démocratique se situe dans la connivence entre la plupart des journaux (des journalistes ? ) et le pouvoir politique avec lequel ils entretiennent des rapports incestueux. Ils sont redevables, -et leurs journaux d'exister-,  à l'argent public que distribue le pouvoir par les nombreuses subventions à la presse. Et l'argent a le pouvoir de corrompre insidieusement par la révérence les consciences les moins farouches.

Et on n'oubliera pas dans le tableau de la proximité incestueuse pouvoir-argent-presse, des éditorialistes issus de familles de patrons de presse qui pour protéger leurs privilèges et leur rente de situation,  jouent tour à tour l'innocence, la menace, la morale ou pratiquent un dogmatisme à cent sous,  s'il le faut, pour  défendre leur bout de gras. C'est le cas notamment dans la presse régionale et la bretonne n'y fait pas exception. L'un des bons exemples du genre, façon de parler,  est donc le polybonimenteur Coudurier Hubert,  homme orchestre au Télégramme et croisiériste assidu. Et l'autre est l'indéboulonnable et chenu Hutin François-Régis que sa fille Jeanne-Emmanuelle supplée habituellement maintenant le dimanche à Ouest-France.

Ce sont des exemples caricaturaux d'un mélange rien moins que facétieux associant idéologie, la défense du capital et sans complexe la prédication dogmatique. En faveur, le plus souvent désormais et avec l'insistance de l'inconscient,  de la paroisse néo-libérale pour le premier, avec option giratoire pour qui aurait suivi son parcours médiatique de fils de famille qui a dû s'imposer. Et, pour le second, plus expérimenté intellectuellement et largement moins caricatural, puisqu'il  plaide la bonne foi en faveur d'un humanisme catholique, ce qui peut attirer davantage la sympathie du lectorat régional, voire même la considération de certains esprits bienveillants.

D'autres faiseurs d'opinions paraissent au plan national tout aussi indéboulonnables que les régionaux.

Ils sévissent dans les medias nationaux avec longévité et savent cumuler amples revenus, titres et fonctions. Ils ont été dirigeants de chaînes ou responsables dans des titres importants. Et bien qu'ayant depuis belle lurette atteint l'âge de la retraite -voir l'insubmersible Elkabach, ou Christine Clerc, -autrefois  au Figaro et billettiste de longue date au Télégramme,  sournoisement qualifiée La petite soeur des riches-etc, et un certain nombre d'autres cumulards-, ils sont omniprésents, et depuis des décennies, dans des medias importants où ils donnent l'exemple et la tonalité. Ils  appliquent depuis toujours la ligne éditoriale fixée par leurs maîtres et  très généreux employeurs. Ils bouffent le travail de jeunes journalistes que leurs patrons traitent souvent comme des mendiants, mais ils s'en battent nettement le coquillard.

Les inconvenants et insatiables du système politico-médiatique ont depuis longtemps déjà perdu de vue l'éthique qui devrait caractériser la mission d'informer. Pas grand' chose de commun cette élite auto-satisfaite et méprisante avec les quelques dizaines de milliers de journalistes besogneux de France. Ceux-là, qui tous les jours, et pour la plupart sans compter les heures, sans attendre de reconnaissance autre qu'un salaire décent,  font leur travail, parfois dans la précarité sociale et souvent dans l'anonymat. Ce sont de loin les plus nombreux. Sans eux, pas d'information. Mais leur père n'était pas patron de presse avant eux, ne s'appelait ni Baylet, ni Coudurier, ni Hutin etc.  Leur conjoint n'a généralement pas de haute fonction officielle.

Ainsi aux yeux des sans grade de la France, le sort et la plainte de Trierweiler, qui a plongé jusqu'à l'os dans le mélange des genres, constituent l'exemple même du flagrant délit de la connivence presse-pouvoirs. Ce ne sont que de misérables pleurnicheries. La voracité d'ascension sociale contrariée d'une femme de pouvoir ne chagrinera que ses amis. Et la femme délaissée se consolera en touchant ses droits substantiels pour sa misérable confession intime.

Qu'elle garde aussi son emploi protégé à temps partiel choisi chez Lagardère. Mais que la femme Valérie Trierweiler ait la bravitude suffisante, un sens de l'honneur, et même l'humour si elle en a,  de verser intégralement ses droits d'auteur aux associations caritatives auprès desquelles la vacuité de son destin semblait lui avoir apporté une consolation provisoire. Et ensuite :  fermer le ban !

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus
Journal — Financement de la vie politique

À la Une de Mediapart

Journal
La faim, seule certitude dans le chaos afghan
Alors que le pays vit un effondrement économique total, les talibans hésitent entre davantage de répression et une très relative modération. Sur la scène internationale, ils n’ont marqué aucun point. À l’intérieur, la famine menace toutes les provinces.
par Jean-Pierre Perrin
Journal
Au nom de l’union, Taubira ajoute sa candidature à gauche
L’ancienne ministre de la justice est désormais officiellement candidate à la présidentielle. À Lyon, elle a dévoilé plusieurs propositions programmatiques, et annoncé s’inscrire dans le processus de la Primaire populaire, dont elle espère sortir gagnante à la fin du mois.
par Fabien Escalona et Mathilde Goanec
Journal — France
Élèves handicapés : les vilénies de Zemmour, le tollé, et après ?
Les adversaires d’Éric Zemmour font part de leur indignation après ses propos sur « l’obsession de l'inclusion » scolaire, qui serait « une mauvaise manière faite aux autres enfants ». Une « obsession » qui manque pourtant cruellement de moyens. Et jusque-là, de propositions à la hauteur.
par Caroline Boudet
Journal — Enseignement supérieur
Universités : le renforcement « systémique » promis par Macron cache mal un projet de privatisation
Le quasi-candidat Macron a souhaité jeudi une réforme « systémique » des universités. Derrière la promesse de les rendre « plus fortes » et de casser la concurrence avec les « grandes écoles », il a posé, en creux, les jalons d’un projet de privatisation.
par Martin Clavey

La sélection du Club

Billet de blog
La Primaire Populaire confirme l'échec : un autre Hamon est possible
Ce collectif, qui avait pour ambition originelle d'organiser une grande primaire de l'ensemble de la gauche, se retrouve après plusieurs déconvenues à muter vers une nouvelle formule s'apparentant désormais à un simple vote de consultation présentant une sélection discutable des candidats de "gauche" (dont certains qui refusent) et ce afin de simplement obtenir l'investiture de l'organisme.
par Eliot Thibault
Billet de blog
En état de mort cérébrale, que reste-t-il à attendre du Parti Socialiste ?
Incapable de produire la moindre idée, le PS ne peut que se reposer sur ses gloires passées et les petites manoeuvres de ses dirigeants pour conserver leur poste. Le parti ne suscite à gauche que mépris, ou pire, indifférence, et sa défaite annoncée pourrait être une nouvelle étape vers sa disparition. Mais serait-ce si grave ?
par Gauche Pinard
Billet de blog
La petite musique de l'union pour l'union m’agace
Je n'ai pas signé la tribune de « l'Appel des Jeunes pour l'union de la Gauche en 2022 »¹ parue dans Le Monde le 8 janvier, et je veux expliquer pourquoi dans ce billet. Cette tribune ne propose pas de méthode, ne prend pas en compte les enjeux stratégiques de chaque candidature et fait semblant de ne pas voir des choses pourtant fondamentales. Par consensualisme ? Par naïveté ?
par Etienne COGNET
Billet de blog
Il faut considérer avec pragmatisme la candidature de Jean-Luc Mélenchon
Accepter que la candidature de Jean-Luc Mélenchon soit la mieux placée pour amener la gauche au second tour permettrait d'accélérer les funérailles du vieux monde. Les électeurs et les militants des partis de gauche peuvent aujourd'hui faire un choix pragmatique, que leurs représentants n'ont pas su (ou pas pu) faire, en vue de mieux se projeter collectivement dans l'avenir.
par Electeurdegauche