Information et liberté ?

Pas d'information de qualité sans des journalistes libres et sereins. Avec de préférence un peu d'esprit critique et/ou de liberté de pensée.

Dans le cadre de la mission civilisatrice du territoire.... probablement. Voici que s'élève depuis quelques semaines une levée de réactions indignées après un éditorial douteux à connotation raciale, publié après d'autres points de vue plus que discutables émis par le " directeur de l'information "du quotidien breton Le Télégramme.

Pas d'information de qualité sans des journalistes libres et sereins. Avec de préférence le soutien à la liberté d'informer d' une Société de journalistes-rédacteurs animée par un peu d'esprit critique et/ou de liberté de pensée. C'est la moindre des choses en démocratie.

Il y a longtemps déjà que les pendules auraient dû être remises à l'heure par la direction et la rédaction pour éviter des dérives préjudiciables à la liberté et mettre un terme à la rigidification orientée de l'information. Comme cela est arrivé plusieurs fois dans l'histoire du Télégramme (Plogoff, l'arrivée de la Gauche en 1981 notamment). Et avec un résultat profitable pour la liberté de l'information comme pour celle du travail des journalistes. . . Car, en attendant ce Monsieur ( HC ), inévitable, pesant, prescripteur sans légitimité démocratique, fait depuis longtemps beaucoup de tort à la rédaction, aux journalistes et probablement au journal lui-même. Par sa façon souvent indécente et expéditive d'aller à la soupe du moment. Toujours à la louche.

Dommage pour un quotidien méritant et pour son personnel compétent et pour l'essentiel soucieux de vigilance. D'autant que le contenu et la présentation du Télégramme connaissent actuellement une amélioration. Elle est notamment due à une meilleure ouverture quant aux différences de perception et d'analyse de l'actualité dans une société en crise. On ne peut que s'en féliciter. Car cette évolution positive succède à un sérieux et consternant passage à vide, gros coup de mou rédactionnel qui semblait se nourrir de dogmatisme.

Il s'était manifesté particulièrement au cours des six mois précédant le confinement. Il se caractérisait par un esprit de fermeture, par le rétrécissement du champ d'approche des informations, par des préjugés à connotation discutable sur certains sujets. Pour ne pas insister outre mesure sur des approches biaisées, orientées, partisanes, dans un certain nombre de domaines sensibles... comme l'agro-alimentaire, le main-stream libéral économique et le poids bancaire dominant, complice, intouchable aux yeux de certains...

Tout cela inclinait vers une mauvaise pente intellectuelle et une éventuelle désaffection grandissante d'un lectorat divers mais géographiquement pourtant assez captif... La pandémie a peut-être contribué à (re) mettre un peu de modestie dans la décision et les certitudes de certains. Donc de remettre les pendules à une heure plus juste. Pourvu que cela doooouuuure... la remise à l'heure sur le tapis glissant du temps.

Mais, Achtung ! Villiers et Zeimour montent la garde et recrutent à l'évidence notamment du côté de l'indigénisme ségrégatif. C'est cela sûrement une mission civilisatrice vantée par certains à droite voire l'extrême et que rallie l'éditorialiste en chef et co-propriétaire d'un journal qui avait réussi jusqu'ici à sauver une forme de mesure et de rigueur, en général.

Tristesse, grande tristesse. Pour ce journal méritant à quelques égards et indiscutablement indispensable en Bretagne. Et encouragement pour le travail de la plupart de ses salariés... embarqués malgré eux dans ce néfaste courant discriminatoire. Pas plus que de nombreux lecteurs ils n'ont  apprécié la couleur désastreuse prise le 13 juin dernier sous la signature d'Hubert Coudurier, le directeur de l'information du Télégramme. Il serait évidemment salutaire qu'une telle position à connotation si douteuse soit fermement récusée par la direction et la rédaction du journal.

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