Notre-Dame-des-Landes, Larzac, Plogoff : même combat ?

Mercredi, quelques patrons de la région Ouest, région fictive qui n'a aucune existence historique et politique, se sont réunis à Rennes pour défendre le projet de l'aéroport de NDDL. Un projet controversé porté depuis 50 ans maintenant par quelques industriels et politiques de la région nantaise. L'heure de la décision est imminente au bout d'un demi-siècle de suspense...

Le lobby patronal, assez hétéroclite dans ses origines économiques et géographiques, qui s'est réuni en milieu de semaine à Rennes, entend bien réactiver sa pression en faveur de la création du nouvel aéroport à une vingtaine de km de Nantes. Et cela donc à quelques jours de la remise du rapport de la commission ad hoc (le 13 décembre) et surtout de la décision présidentielle de dire oui ou non à la construction qui est annoncée pour  la fin de l'année. Le temps presse en effet. 

NDDL n'est pas un projet de nature à favoriser un développement harmonieux et productif en matière économique, sociale et en création d' emplois pour la Bretagne. Contrairement à ce que proclament ces patrons qui défendent leurs intérêts d'entrepreneurs et n'expriment donc ainsi que le seul point de vue d'une catégorie sociale, bruyante, influente certes,  mais minoritaire.
Outre les dégâts sur une zone agricole pas tout à fait déserte et dont une partie est d'ailleurs écologiquement protégée, la réalisation d'un nouvel aéroport aux portes de Nantes accroîtrait la fracture territoriale économique et sociale pour la pointe de Bretagne. A commencer par Rennes, à 50 km de là,  qui dispose d'un aéroport qui ne demande qu'à continuer à se développer.
NDDL est surtout un projet d'initiative nantaise lancé il y a 50 ans par quelques industriels de la région nantaise et par la CCI locale.
Avec pour but officiel de désenclaver Nantes Atlantique Bouguenais de l'agglomération nantaise.

Mais surtout en réalité pour permettre de libérer des terrains pour le développement immobilier et urbain de la périphérie nantaise.
On imagine donc fort bien quels appétits animent les partisans nantais de NDDL et quelques mastodontes des travaux publics, qui voient là la perspective d'un jack-pot pour leurs affaires.
Ce n'est pas un referendum biaisé, à caractère géographiquement circonscrit, qui a pu changer la perception du problème dans la totalité de la Bretagne, région nantaise comprise.

Le Monde du 26 juin 2016 rapporte que : " Les résultats sont divisés selon les communes et montrent une fracture régionale : les villes les plus proches du futur aéroport semblent s’opposer majoritairement au projet de transfert.
Dans le bourg de Notre-Dame-des-Landes (2 138 habitants), et avec un taux de participation élevé, le maire a annoncé 73,6 % des votes pour le non. La commune de Treillières (plus de 8 000 habitants), proche du futur aéroport, a voté non à 57,5 %. A Héric, encore, les résultats définitifs donnent 54 % de votes pour le non, ou à Fay-de-Bretagne, 60,27 %, avec 72 % de participation. "

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/06/26/notre-dame-des-landes-premiers-resultats-pour-le-referendum. 

On peut ajouter que le reste de la population bretonne, jamais consultée, serait appelée à financer la réalisation de NDDL par ses impôts. Une réalisation dont le résultat serait éminemment préjudiciable aux intérêts économiques des Bretons, à commencer par les investissements des aéroports qui se développent dans la région, comme ceux de Brest et Rennes. 

Quant à la présence de " zadistes ", ( c'est qui çà ?) , on ne convaincra personne que les pouvoirs locaux ne les ont pas vu arriver. 

Cette affaire ne manquera pas de rafraîchir quelques souvenirs. Il y a donc eu le Larzac dans les années 1970-1980, et il y a eu le projet de centrale nucléaire à Plogoff dans le Finistère, à la fin des années 1970. Projet de centrale abandonné par François Mitterrand au lendemain de son élection à la présidence du pays. Dans les deux cas, les terrains avaient été achetés, les enquêtes menées...

On sait ce qu'il est finalement advenu de ces deux projets qui avaient mobilisé une hostilité massive de la population, bien au-delà des territoires concernés. Il y a sans doute lieu de s'en souvenir au sommet de l'Etat.  

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.