LA GRECE ET L'ALLEMAGNE : LA DETTE POUR MEMOIRE

Quelques rappels historiques :

1) Un moratoire sur les réparations des dommages de guerre causés par l'Allemagne est proposé en 1931 par le président US Hoover avant que l'année suivante toutes les dettes de guerre de l'Allemagne ne soient annulées. Mais c'est trop tard, la jeune République de Weimar ne s'en remettra pas et connait une dégradation économique et sociale telle qu'elle favorise la montée du nazisme.

2) Après la Deuxième guerre mondiale et le désastre que le nazisme a provoqué en Europe, intervient en 1953 l'accord de Londres signé par les 20 pays (dont la Grèce) envers lesquels l'Allemagne a des dettes de guerre. D'un montant de 30 milliards de marks, la dette de l'Allemagne est alors sagement réduite de près de 50 %, soit ramenée 14,4 milliards. Dont l'Allemagne ne paiera d'ailleurs que très partiellement le reliquat au moment de la réunification allemande en 1990.

Conclusion : il est toujours dramatique et dangereux d'humilier un pays, quels qu'aient été ses errements prétendument collectifs et même quelle que soit sa culpabilité apparente. Car si les fautes sont rarement le fait du petit peuple, le peuple est toujours la victime du système et il paie pour les fautes de ses dirigeants. La Grèce ne fait pas figure d'exception dans ce constat. Et l'humiliation peut conduire un peuple à d'insaisissables révoltes, l'Europe doit s'en souvenir plus que jamais. Le pire n'est jamais loin.

Lire dans Alterternatives Economiques (no 344 mars 2015) : 

- La dette où comment s'en débarrasser, de Jacques Adda. 

- Comment réduire les dettes publiques, de Sandra Moatti. 

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